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Candide, ou l’Optimisme

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Crédit: Yves Renaud

La pièce commence avec un Voltaire, joué par Emmanuel Schwartz, exilé à Paris et incertain s’il devrait publier ou non sa dernière création, Candide. Pour l’aider dans cette prise de décision, il monte sa propre mini troupe de théâtre à qui il va demander d’interpréter son oeuvre. Il prend donc son secrétaire, sa compagne, une de ses précédentes conquêtes ainsi que son conseiller, respectivement joués par Benoît Drouin-Germain, Valérie Blais, Larissa Corriveau et Patrice Coquereau.

On se retrouve donc à assister à une pièce dans une pièce et c’est ce qui contribue à faire de cette première de saison du TNM un vrai chef d’oeuvre.

Les scènes les plus importantes du livre sont jouées, chacune entrecoupée par des commentaires de Voltaire et de sa mini-troupe, nous plongeant dans ce qui pourrait très bien avoir été le processus créatif de Voltaire.

Lorsqu’un bout du récit ne leur plait pas, les acteurs ne se gênent pas de jouer de manière grossière et grotesque devant l’auteur du livre, suscitant par le fait même une cascade de fous rires dans la salle. Le spectateur peut aussi déceler assez fréquemment des sous-entendus visant la haute société française de l’époque ou des répliques pleines de sarcasme, lorsque les acteurs se moquent du fatalisme, idée que «rien n’arrive pour rien», que c’est «Dieu qui en a décidé ainsi». Pensons entre autres à la scène où Candide énumère une tonne de calamités, en passant par les viols, les massacres, les pillages et les suicides pour que son ami et philosophe Pangloss (supposément le meilleur de la France, si ce n’est du monde) le console en lui disant que ce n’est pas grave, que tout est beau, bien et juste, que c’est la volonté divine. D’ailleurs, dans ce même esprit de critique du fatalisme, les remises en question de l’existence de Dieu ou même tout simplement de sa perfection, n’ont cessé de fuser.

Un chef d’oeuvre, écrit par Pierre Yves Lemieux d’après le roman de Voltaire et mis en scène par Alice Ronfard, à ne pas manquer!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.