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Just’un voyage : Cévennes up!

Tourisme : Une escapade de quelques jours en terrain connu.

Il fallait bien les évoquer un jour, mes Cévennes natales, et quoi de mieux que de partager par écrit l’escapade que j’y ai menée il y a peu de temps. Premièrement, il faut savoir qu’il s’agit d’une chaîne de montagnes située au sud du Massif Central, en France. Autrement dit, pour les géographes amateurs, il suffit de parcourir deux cents kilomètres direction nord-ouest depuis Marseille pour y tomber en plein dedans.

Sont-ce des Alpes inconnues? Pantoute ! Ce sont des demoiselles bien plus vieilles et donc bien plus érodées, leur point culminant étant le Pic de Finiels, à 1699 mètres d’altitude. Plus hautes que la «montagne» (voire la «colline») chère à nos Carabins adorés, néanmoins plus petites que l’Aconcagua, en résumé, au grand dam de mon chauvinisme. Malgré ce revers de taille, elles sont classifiées comme Parc National, fait rare sur le territoire français, qui n’en compte que sept en métropole. De plus, on notera que l’UNESCO l’a ajouté au patrimoine mondial en 2011 et qu’il est jumelé au parc… du Fjord-du-Saguenay.

L’écomusée du mont Lozère. Le touriste n’y va pas, il s’y rend…

Sous un firmament radieux et sous une météo on ne peut plus constante, on peut y arpenter des sentiers pastoraux. Il faut dire que l’élevage ovin dans cette région y est toujours d’actualité, on peut d’ailleurs tomber par chance, voire par malchance si on conduit son char, sur une transhumance de moutons. Ce procédé fort simple, mais long, consiste à faire changer de pâturage entre deux saisons aux bêtes, empruntant tantôt les sentiers, tantôt les… routes départementales. D’ailleurs, en ce qui concerne le transport, la voiture est indispensable pour se rendre aux lieux de randonnée en un temps acceptable au visiteur. Il faut faire tout de même attention : conduire là-bas implique savoir passer les vitesses en montagne, se croiser sur des routes de deux mètres de large, éviter les brebis/moutons, ne pas écraser les gamins des colonies de vacances et ne pas faire le malin au risque de chuter dans un ravin!

Les gorges du Tarn, un des paysages valant le détour.

Mais, revenons à nos moutons, enfin éloignons-nous en! Comment décrire mieux une randonnée dans ces paysages magnifiques en disant que la quiétude du lieu assourdit les urbains que nous sommes. Personne, dégun, voire pas personne, ne viendra vous déranger, les Cévennes ne sont pas un lieu de passage : on s’y rend, et ce volontairement. Certes la retraite est paisible, mais une myriade de genêts en fleurs, de bruyères, de bleuets sauvages vous tiendra compagnie. Le Soleil viendra t-il, sans doute, trop vous dévorer à un moment donné, ce n’est pas grave, sapins et sacro-saints châtaigniers seront là pour vous y soustraire. Il faut dire que ces derniers sont une religion en Cévennes : leurs précieux fruits, sertis de bogues ou localement pélous, sont déclinés en confitures, biscuits, gâteaux et même farine dans la gastronomie locale.

Tiens, la promenade ne creuse-t-elle pas l’appétit ? Cela tombe bien, les Cévennes regorgent de spécialités : le matin, vous aurez peut-être une envie fugace… de fougasse. Il s’agit d’une brioche locale, à prendre avec un petit peu de jus de pomme rainette grise du Vigan, sous peine de déshydratation. Vous pourrez l’aider à la faire passer avec les confitures de fraises des bois, de myrtilles, de cynorhodon (églantine) ou encore de miel local. Pour les repas plus sérieux, on peut y dévorer les saucisses d’herbe, les caillettes, les saucissons, les terrines en tout genre, les truites ou encore les daubes de sangliers mais sans commettre l’irréparable. Car oui, la faute à ne pas faire est de ne pas goûter aux fromages locaux : Pélardon, Fédou, Bergeronnette, Bleu des Causses (et non Bleu d’Écosse, prononciation tangente sine dubium) et j’en passe.

Le village pittoresque médiéval de La Garde Guérin

L’histoire a également frappé cette Terre montagneuse, les Cévennes furent le lieu de naissance du pape Urbain V, ayant régné au XVe siècle mais aussi le théâtre d’une guerre de religion au VIIIe siècle entre les églises catholique et protestante. L’opposition au Roi-Soleil, Louis XIV y fut telle qu’une armée de près de vingt mille soldats royaux fut déployée contre… dix fois moins d’insurgés. L’expérience de résistance se reproduisit deux siècles plus tard, lors de l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, les Cévennes étant à nouveau devenues un haut lieu de résistance contre le pouvoir central, passé aux mains de l’Axe. Ainsi, une multitude de lieux d’Histoire vous ouvrent les portes en Cévennes, de plus, souvent visitables pour une somme très avantageuse, bon à prendre donc.

Pour conclure, si vous êtes amoureux de beaux paysages, d’Histoire et que vous rêvez de voir une France authentique, vous devez vous y rendre. À l’inverse des lieux phares mais hélas trop communs et trop visités tels que Paris, le Mont Saint-Michel ou encore Versailles, vous y trouverez le calme, le prix et les saveurs d’un terroir riche mais encore intact. Ainsi, à l’instar du romancier Écossais Robert Louis Stevenson (1850-1894), auteur de Voyage avec un âne dans les Cévennes, daignerez-vous vous aussi partir à l’aventure? Veni veire!

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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