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Québec Rock City (FEQ 2018)

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  • Ce n’est pas un secret, la ville de Québec est inscrite sur la mappe musicale mondiale comme une destination de choix pour les groupes et artistes recherchant les foules les plus endiablées. Le Festival d’été de Québec, avec sa grande scène sur les Plaines d’Abraham, accueillait encore cette année une panoplie de performances toutes plus attendues les unes que les autres. Résumé de moments légendaires.

    Neil Young nous vend du rêve

    La deuxième journée du festival réservait déjà toute une affiche, avec en tête le rockeur canadien Neil Young.

    Mais comme tout bon show se laisse désirer, c’est d’abord Lukas Nelson et son groupe Promise of the Real qui ouvrait les festivités. Nelson comme dans Willie Nelson, autre figure de proue de la scène country-rock américaine; de grosses bottines à chausser pour un fils. Bonne nouvelle : les bottines furent chaussées, le style du fils s’inspirant de celui du père avec de jolies touches bluegrass et des percussions aux limites du reggae. Le groupe représentant à merveille toutes les subtilités du rock sudiste américain, il ne faisait plus de doute que leur chemin n’avait pas croisé celui de Neil Young pour rien.

    Josh Kiszka de Greta Van Fleet, FEQ 2018, crédit: Laurent Montreuil

    La table était mise pour la deuxième première partie : plus sobre, dans une ambiance très paisible, Kurt Vile and The Violators ressemblaient au calme avant la tempête. Une foule un peu moins endiablée a toutefois accueilli le groupe, ne rendant définitivement pas justice à un des compositeurs les plus en vues de la scène indie rock actuelle. Une performance toutefois très agréable, mélodique et juste juste avant l’entrée en scène de la légende.

    Et parlant de légende! Neil Young fait son entrée sur scène, acclamé mais silencieux, retouche un peu l’accordage de sa six-cordes et entame une historique première visite dans la capitale. Étirant ses chansons à n’en plus finir et alignant les succès, Young survolte alors les Plaines en jouant les première notes de Rockin’ In The Free World. Accompagné durant tout ce temps par Lukas Nelson et sa bande, la terre a dû trembler jusqu’à Lévis quand la foule entière s’est mise à entonner les paroles du classique refrain.

    Le tempo a alors ralenti, et en dédicace « à tous ces enfants dans des cages un peu partout », clin d’œil à moitié subtil à un certain président américain, Neil Young a ramené tout le monde sur terre avec I Am The Child. Enchainant par la suite Down By The River, Angry World et une bonne partie de son répertoire populaire, le torontois est finalement revenu pour un rappel, harmonica en bouche pour un classique Harvest Moon, berceuse venant boucler la boucle pour des fans québécois qui patientait depuis trop longtemps. Une performance chargée en émotions, juste et digne d’une légende vivante.

    Foo Fighters v. Mère Nature

    Comment ne pas se rappeler du mythique show raté des Foo Fighters à Québec, sur ces mêmes Plaines, en 2015. Un Dave Grohl, jambe plâtrée, posé sur un trône de rock mangeant la pluie plein les yeux en s’efforçant de mener à bout un spectacle avec lequel Mère Nature n’était de toute évidence pas d’accord.

    Neil Young au FEQ 2018, crédit: Laurent Montreuil

    Retour en 2018; les premières parties du 9 juillet avait le privilège d’effectuer leur prestation devant une foule ayant rempli les Plaines en quelques minutes. Pas question de se laisser avoir par les éléments ce soir. C’est d’abord Frank Turner & The Sleeping Souls qui ont réchauffé le public, alliant folk et punk dans un style festif, bondissant d’un bout à l’autre de la scène avant de se lancer dans la foule en criant « I wanna go far! ». C’est après avoir interprété une chanson complète en français, pacte lui permettant de parler en anglais pour le restant du spectacle que le chanteur a gagné le cœur des fans de Québec (un français par ailleurs surprenant par sa justesse!) Mais la pluie se faisait sentir.

    La scène a alors été cédée à Greta Van Fleet, groupe formé des frères Josh, Jake et Sam Kiszka, ainsi que du batteur Danny Wagner, aux influences clairement marquées pour un certain groupe de hard rock britannique. Parce que quand on entend les premières notes, on se demande si Led Zeppelin n’est pas en train de faire un retour sur scène avec un nouvel album. Mais non, et on leur pardonne leur penchant plus qu’évident, tellement la performance est convaincante et leur talent est indéniable. La voix criarde de Josh donne des flashbacks de Robert Plant et les solos de Jake semblent calqués sur les manières d’un certain Jimmy Page, sincèrement, I’m not even mad that’s amazing! Mais la pluie était maintenant de la partie.

    Dave Grohl au FEQ 2018, crédit: Laurent Montreuil

    Dans la tente de médias où j’étais, les photographes protégeaient leur équipement, se préparaient au pire, tellement les nuages qui surplombaient la ville annonçaient l’apocalypse. De mon côté, près à toute éventualité, je m’arme d’un sac de bouteille d’eau pour mettre mon appareil à l’abris. Les vents se lèvent. L’orage frappe. La tente est secouée par les vents et l’eau se met à s’infiltrer. La foule est détrempée, tout le monde a en tête les mêmes mots : « non, c’est impossible, pas encore! » Et puis le vent tombe, la tempête est passée. Une frousse comme pas deux. Un sourire satisfait sur le visage de tout le monde. Dave Grohl entre sur scène, sur ses deux jambes cette fois, et sincèrement, je crois avoir oublié ce qui s’est passé à partir de ce moment. Pour ce que mes oreilles se rappellent, le groupe a enchainé les succès (force est d’admettre qu’ils n’en manquent pas), et Mère Nature a dû avoir peur cette fois, parce que le ciel s’est soudainement éclairci. Un show intense, amusant, des musiciens hors pair offrant au public québécois deux heures trente de rock mur à mur. Une reprise plus qu’au niveau après trois ans d’attente, et une foule s’époumonant sur chaque chanson, connaissant chaque parole.

    C’est le sourire de Dave Grohl après Everlong, se rendant bien compte qu’il n’aurait pas besoin de chanter ce soir-là, qui m’en a convaincu, Québec est vraiment la ville du rock.

     

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