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Roméo et Juliette : coup de foudre à l’opéra

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© Opéra de Montréal

 

Présentée par l’Opéra de Montréal en cette fin du mois de mai, cette œuvre de Charles Gounod inspirée des écrits de Shakespeare fait toujours autant sensation. Avec son livret en cinq actes mis en page par Jules Barbier et Michel Carré, la pièce a été présentée pour la première fois au public à Paris en 1867, marquant le plus grand mais aussi le dernier succès de Gounod. Séduisant à l’époque les foules de l’Exposition universelle de Paris, ce chef d’œuvre n’a pas cessé depuis de capitaliser sur son succès.

 

 

© Yves Renaud

 

 

Aujourd’hui mis en scène par Tom Diamond, il est accompagné par l’Orchestre Métropolitain qui pour l’occasion se voit dirigé par le chef d’orchestre italien Giuliano Carella. L’ensemble de ces soixante-quatre musiciens collabore avec un chœur composé de quarante-six choristes, dirigés d’une main de maître par Claude Webster, qui fut également présent dans l’opéra JFK présenté pour la première fois au public cette année à l’Opéra de Montréal.

 

 

© Yves Renaud

 

Pour cette nouvelle mise en scène, l’opéra s’est doté d’interprètes de talent. On retrouve Marie-Ève Munger dans le rôle de Juliette. Sublime voix de soprano, qui malgré une déconvenue à la première qui l’annonçait en petite forme fut époustouflante. Ses envolées lyriques solitaires comme ses duos avec Roméo, interprété par Ismael Jordi, furent sublimes. Nous n’osons alors imaginer le niveau de sa performance si elle avait été au mieux de sa forme! Ismael Jordi, ténor espagnol, s’est également approprié d’une main de maître les partitions de Gounod, très modernes pour l’époque et loin d’être évidentes à porter à leur paroxysme. L’alchimie entre Marie-Ève Munger et Ismael Jordi est inattendue et prenante. Tant au niveau de leurs tonalités que dans leur jeu théâtral, ils semblent avoir été formés ensemble. Leur collaboration naturelle exalte leurs performances et confère à l’œuvre tout son caractère tragique, d’une gravité subtile qui prend le spectateur à la gorge. Incarnation d’une romance comme nous n’en voyons plus, le ténor Sébastian Haboczki (Tybalt), le baryton Hugo Laporte (Mercutio), la basse Alain Coulombe (Frère Laurent), la mezzo-soprano Katie Miller (Stephano), le baryton-basse Alexandre Sylvestre (Le comte Capulet) et la mezzo-soprano Alexandra Beley (Gertrude), se joignent à eux pour faire de cet hymne à l’amour intemporel, un chef d’œuvre toujours puissant à notre époque. Chacun tenant son rôle et le dépassant pour en faire ressortir tout ce qu’il y a de meilleur, la succession des tableaux offre une harmonie totale entre ses interprètes.

 

© Yves Renaud

 

 

Vous l’aurez compris, Roméo et Juliette clôt brillamment la saison 2017-2018 de l’Opéra de Montréal et nous fait languir d’impatience dans l’attente de la prochaine saison. Toute l’équipe a su ici fortement marquer les esprits et mettent la barre également très haute pour l’année prochaine, tout en se faisant annonciateur de sa qualité.

 

 

 

 

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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