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Sutra : une œuvre d’art en temps réel

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    © Danse Danse

     

    Présentée pour la première à Montréal par Danse Danse en 2009, cette œuvre de Sidi Larbi Cherkaoui a aujourd’hui conquis plus de 33 pays et 66 villes à travers le monde. Revenant en force cette année dans la programmation de Danse Danse, elle n’a pas perdu de son panache et propose une immersion spectaculaire dans la compréhension du mouvement chez les moines du Temple Shaolin.

     

     

    © Danse Danse

     

    Plus qu’une chorégraphie, ses interprètes nous présentent un art de vivre, cherchant sans cesse la conjugaison parfaite entre le corps et l’esprit. Remodelant l’espace scénique pour nous présenter un enchainement de tableaux, les 19 moines manipulent des boites en bois de deux mètres qui servent tantôt de cadre à leurs prouesses physiques, tantôt de support à l’imagination de Cherkaoui qui prend vit sous nos yeux.

     

     

    © Danse Danse

    La participation du danseur Ali Thabet porte le trait de génie de Sidi Larbi Cherkaoui. En effet, son rapport aux moines nous raconte une histoire pleine de pureté, de tendresse et de surprises. Leur communication corporelle est fameuse. Elle réussit à instaurer une atmosphère aux circonvolutions légères et riches de fraicheur qui mettent en forme et combinent des instants pleins d’humour et de spiritualité. Le jeu entre le tout jeune moine, le danseur et les moines plus expérimentés est tout bonnement génial. La chorégraphie aux allures théâtrale nous permet d’apprécier les prouesses techniques et délicates des moines, à travers une histoire pleine de charme, dont la subtilité est remarquable.

     

     

    © Danse Danse

    C’est un dessin éphémère de l’éternel que nous offre là Sidi Larbi Cherkaoui. Digne de l’expérience qui en fut la source d’inspiration. L’enfant chéri de la scène européenne est effectivement parti effectuer un séjour au Temple Shaolin, principal temple national bouddhiste, situé près de la ville de Dengfeng dans la province chinoise du Henan. Les moines y pratiquent un mélange de kung fu et de tai-chi tout en suivant une doctrine bouddhiste extrêmement stricte. Ce voyage d’une grande richesse humaine et spirituelle l’a convaincu de mêler ces pratiques d’arts martiaux à sa savante connaissance de la danse. C’est ainsi que Sutra a pris forme. Son titre trouve son origine dans le mot pali « sutta ». Sa traduction en sanskrit signifie également « fil ». Il est utilisé pour désigner l’ensemble des sermons du Bouddha, mais également les règles et aphorismes de l’hindouisme, qui viennent établir des lignes directrices d’une bonne conduite de vie hindoue.

     

     

    © Danse Danse

    Il est intéressant de constater que cette recherche d’harmonie et de paix intérieure, propre aux pratiques des moines du Temple Shaolin, sous-tend également le choix du titre de l’œuvre et transparaît dans l’ambiance et l’atmosphère que dégage chacun de ses tableaux. Cette pièce est une réelle prouesse technique, que ce soit au niveau de l’agencement de la chorégraphie que de la performance de ses interprètes. Petit bijou dans son écrin de sérénité, il donne envie de partir à la rencontre de cet univers et des contrées qui ont vu grandir ces moines. Les envies de voyage fleurissent et la rencontre est belle.

     

     

     




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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