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Just’une chronique : Si vis pacem, para bellum.

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Des romains.

Stratégie scolaire – À la veille des finaux, la Poly se prépare à la bataille. Quelques conseils à lire sous acétaminophène sont prodigués dans les lignes qui suivent.

À cette époque, j’étais encore un niaiseux, nous étions en 2012. Français ignorant les bonheurs et les malheurs de la Sainte-Poutine, croyant benoîtement qu’il fût un «e», un jour, dans le sacre «tabarnakéen» que nous osons proférer jusque dans nos locaux de la Poly. En génie je n’étais point, en prépa je demeurais, vivais, travaillais, pleurais, riais, mangeais et j’étais pris d’une terreur soudaine. Oui, les concours d’entrée dans les écoles approchaient. Ils étaient là, prêts à engloutir de leurs voraces mains, les ambitions d’ingénieurs que nous osions proférer, nous autres, encore gamins. C’était à la même période de l’année. Peut-être que faire un parallèle avec les finaux qui s’en viennent peut être intéressant.

La peur gagne.

En effet, comment appréhender une période difficile, lourde de conséquences et plombée par une étude acharnée, de manière sereine? La réponse est évidemment subjective. Un jour, je me dis que je devais observer mes pairs pour comparer ma stratégie par rapport aux leurs. Suis-je bien avancé dans mon étude? C’est la question sous-jacente pour tout bon élève consciencieux, qui est souvent assorti d’un modeste «non, je suis en perdition», provenant bien souvent de ceux qui réussissent le mieux. Que faire alors, soupirai-je, penser que personne ne réussira ou penser que tout le monde va me surclasser? Je ne savais pas et cette réponse n’est aucunement triviale.

Alors, je décidai de prendre du recul. Un ami m’avait acheté pour ma fête, un mois plus tôt, un livre. Je n’avais pas eu le temps de le lire au vu de ma charge de travail en cette sombre époque. D’un pas hagard, miné par la caféine et le manque de sommeil, je me dirigeai vers ce grand cuir rouge. J’ouvris alors le livre, voyant une dédicace d’encouragement, qui m’était gentiment destinée. C’était «L’art de la guerre» de Sūn Zǐ, philosophe chinois du Ve siècle avant Jésus-Christ. Tiens, des décisions lourdes avant un combat incertain contre une copie m’attendent, pourquoi ne pas écouter les palabres de ce sage ancien?

Lire, c’est bon pour la santé.

Je lisais alors un paragraphe parlant du fait de toujours choisir une porte de sortie à son ennemi dans un combat. Fatigué, je me dis qu’il fallait trouver une façon d’appliquer ce conseil à la situation actuelle. C’est un peu délirant, je l’avoue mais trop de café et de révisions peut conduire à une hyperactivité cérébrale. Supposons que je sois un élève qui compose une copie en vue de réussir une épreuve. Supposons, également, que l’ennemi soit le sujet et mes soldats mes connaissances.

Le but de cette bataille est donc de cerner le sujet et de montrer au général ennemi, l’examinateur, que nous avons maîtrisé ses questions. Si l’on ne montre pas clairement une réponse à l’examinateur, i.e. un raisonnement, alors ce dernier cerné par des formules et des connaissances désorganisées n’aura qu’un seul choix. Acculé par vos troupes, il sortira son sabre pour se sortir de cet écheveau incompréhensible et… vous donnera un beau zéro. Pourquoi? Car votre stratégie n’a pas d’allure et que vous ne vous êtes pas projeté dans son esprit. Vu de chez vous tout fonctionnait, dans votre esprit mais dans le sien il n’a vu que la faille et le fourbi. Il ne vous a pas épargné : vous êtes vaincu. Un point pour maître Sūn. Mazette.

Le jour suivant, seul jour de repos de la semaine, une collègue me rendit visite. Cette dernière me dit son intention de réviser jusqu’au dernier jour avant les épreuves. Pis encore, elle me déclara vouloir se coucher à deux heures du matin la veille de la première épreuve. Ceci afin de faire tous les exercices possibles. Je rigolai. Elle me considéra alors comme un grand goujat d’un regard furieux. Mais je me ressaisis vite et lui lus un passage de «l’art de la guerre». Il était question de repos des troupes.

Repos, soldat.

L’idée est la suivante: peu importe le niveau d’entraînement ou de professionnalisme de l’armée, si les soldats sont en milieu hostile et sont fatigués, leurs erreurs de jugement vont mener l’armée à sa perte. Bravache, mon amie me répondit qu’elle avait sa méthode et moi la mienne et qu’elle réussirait mieux ainsi. Je l’implorai alors de se reposer deux jours avant comme moi, elle refusa. Mal lui en a pris : sa fatigue a eu raison de son esprit combatif. Heureusement, elle écouta maître Sūn pour les autres épreuves qu’elle réussit. Dormir c’est tricher, en somme, mais légalement.

Autre écueil dans l’appréhension des problèmes : la vision locale du débutant. À la guerre comme aux études, le novice se concentrera sur un détail du combat qu’il livre. Il se focalisera sur l’immédiateté de la bataille : la question qu’il compose. Bien souvent, en faisant ça, il se prive d’une vision plus large pouvant lui donner des informations cruciales sur la stratégie à adopter. Un général parlerait de placement des différentes unités de son armée; un élève parlerait des formules à utiliser et du temps à dispatcher. Un bon général ira sur un rocher surplombant le champ de bataille et ne foncera pas dans la mêlée sur une plaine (n’est-ce pas Montcalm?). Un bon étudiant lira tout son sujet et analysera ce que sa Némésis jurée, l’examinateur, attend de lui.

«De l’audace!» – Danton.

Une fois les objectifs identifiés et le cheminement de l’épreuve compris, on peut faire une chose exquise. Quoi? Bien évidemment, appeler René à la rescousse. Non, je ne parle point de l’évêque mais du scientifique, Descartes. Séparer le problème global en autant de sous-problèmes que nécessaire en suivant les informations que l’on nous donne et les connaissances apprises. Une fois ceci fait, une attaque coordonnée de votre méthode et de vos formules, le tout avec le renfort puissant de votre interprétation et de votre allié l’Esprit Critique vous donnera à coup sûr une victoire éclatante.

À la différence du général ennemi, le correcteur sera content de voir que vous avez compris. Malgré votre démarche encore quelque peu hésitante qu’il mettra sur le compte de votre noviciat en ces lieux naguère inconnus et lugubres pour vous. Certes l’art de l’apprentissage n’est pas guerrier, à l’instar de Socrate, vos professeurs, s’improvisant experts es-maïeutique essaieront assurément de faire naître l’esprit de leurs matières respectives en vous. Sans doute, appréciez-vous de voir quelqu’un animé par la passion de sa matière tenter de vous donner son virus? Nonobstant, la même personne peut vous paraître en marge de l’humanité lorsque vous devez lui prouver votre compréhension. Ayez l’esprit aiguisé et prenez du recul sur toute votre session. Ce que vous faites est aucunement évident et il est bien difficile d’estimer votre degré de compréhension sans basculer dans la psychorigidité la plus primaire. La transmission du savoir est noble; l’évaluation est cruelle.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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