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Entrevue avec Alain Ducharme

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  • Le Polyscope a décidé d’aller interviewer Alain Ducharme, ancien membre du Polyscope, désormais enseignant de physique au Collège de Bois-de-Boulogne.

    Quel a été votre cheminement académique?

    Un cheminement très, très classique. On va taire ici le primaire dans une école tout à fait oubliable. Ensuite, au secondaire, je suis allé au Mont Saint-Louis et j’ai ensuite fait mes sciences pures au Collège de Bois-de-Boulogne. Je suis ensuite entré en génie physique à Polytechnique, puis en génie électrique et informatique à la maîtrise.

     

    Pourquoi le génie physique?

    Quand je suis entré à Polytechnique, c’était l’époque où il y avait un tronc commun. J’étais inscrit initialement en génie électrique, c’était comme un bon choix passe-partout avant de me décider. Après ma première année, j’étais encore intéressé par le génie électrique, mais il avait encore un peu la réputation, à l’époque, d’être le génie réparateur de réfrigérateurs. Donc ça me tentait moins. Par contre, je voulais fouiller un petit peu plus au niveau fondamental des choses. Ça s’est avéré être un excessivement bon choix, parce que lorsque j’ai commencé à enseigner à la maîtrise, je me suis rendu compte que j’aimais vraiment ça et le fait d’avoir fait mon baccalauréat en génie physique me permettait de devenir enseignant en physique au collégial.

     

    N’avez-vous pas eu besoin de faire d’études supplémentaires pour aller enseigner?

    Non, je vais mettre ça ici dans le confessionnal: je n’ai suivi aucun cours de pédagogie de ma vie. J’ai une tendance à penser que quelque part l’enseignement est beaucoup une question de capacités personnelles. Oui, tu peux apprendre à être un meilleur enseignant et évidemment tu peux t’améliorer et te développer comme enseignant; c’est ce que j’essaie de faire constamment. Cela dit, je pense qu’il y a une base qui est nécessaire au départ. Je pense qu’on a un certain tempérament, certaines attitudes. Il y a certains enseignants qui peuvent être d’excellents enseignants en étant introvertis, mais c’est sur qu’il y a une frontière de plus à traverser, c’est un petit peu plus difficile dans ce temps-là. Le fait de ne pas avoir suivi de cours de pédagogie a fait en sorte que j’ai dû commencer de manière tout à fait instinctive. Cependant, j’ai pu affiner ma technique avec les années.

     

    Avez-vous fait des études à l’étranger?

    Je n’ai pas fait d’études à l’étranger. Quand je finissais mon baccalauréat, je voulais savoir quelle direction prendre et j’ai demandé conseil à un des mes professeurs, Michael Bushman, puisque je savais que lui avait étudié au MIT et j’avais un autre professeur qui nous parlait du MIT comme la huitième merveille du monde. Il m’a dit que lui, il avait grandi en Saskatchewan. Partir étudier à l’étranger, c’était son billet pour partir de là. Il m’a dit que s’il avait grandi à Montréal, il ne serait sûrement pas parti. J’ai donc décidé de rester faire ma maîtrise à Polytechnique.

     

    À quel point étiez-vous impliqué, dans le Polyscope?

    Tu pourrais me demander si j’avais une vie à l’extérieur du Polyscope à l’époque! J’étais vraiment très impliqué. Ça été des années de ma vie qui furent formidables. Je suis entré au Polyscope à peu près dès ma première semaine, car notre chef-intégrateur était dans le journal et il nous a fait entrer. Ma deuxième année, je m’occupais déjà du spécial 30e anniversaire, qui a vraiment occupé mon année au complet, vu que c’était un numéro spécial d’une centaine de pages. La troisième année, j’étais rédacteur en chef, poste qui n’existait d’ailleurs pas avant. J’ai poussé pour mettre en place un poste de rédacteur en chef puisqu’il y avait seulement le directeur qui s’occupait de tout. J’ai profité d’un concours de circonstances: le directeur élu avait quitté Polytechnique pendant l’été et on avait donc un petit vide de pouvoir, duquel j’avais profité pour pousser l’idée que ça prenait un directeur pour s’occuper du comité et d’un rédacteur en chef pour s’occuper du journal; que c’était trop de faire les deux en même temps. Surtout qu’à l’époque nous étions un journal hebdomadaire, ce qui était assez fou.

     

    On m’a dit que même maintenant, vous êtes impliqué dans des activités parascolaires. Je voulais savoir à quel point est-ce que vous arrivez à concilier travail, famille, passe-temps, etc.

    Tu n’as pas dit le mot sommeil dans ta phrase et c’est une bonne chose! J’arrive à le faire. J’ai la prétention d’être quelqu’un qui travaille rapidement et efficacement. Donc je réussis quand même à me libérer du temps et agencer mon horaire en conséquence de ce que j’ai à faire. Effectivement, il y a eu des années où ça a été plus intense que d’autres, mais j’ai toujours eu plusieurs balles dans les airs en même temps. En ce moment j’organise un congrès littéraire et je suis en train de passer là aussi le flambeau à quelqu’un d’autre. Il y a un magazine électronique dont je m’occupe aussi. Donc il y a beaucoup de choses comme ça. J’ai aussi deux enfants de 10 et 13 ans et ils sont donc à l’âge où ils sont un petit peu plus autonomes.

    Donc oui, c’est parfois difficile sauf que je ne me vois pas mener ma vie différemment, je suis juste incapable. Il faut que j’aie autre chose que l’enseignement, il faut que je m’occupe avec autre chose tout le temps. C’est un petit peu trop des fois mais bon on vit avec!

     

    Est-ce ce qui vous motive dans votre travail?

    En fait, c’est ce qui m’a fait choisir l’enseignement. Étant ingénieur de formation, je savais que si j’étais ingénieur aujourd’hui, mon travail allait accaparer une grande partie de mon temps. Ce n’est évidemment pas ma seule motivation. J’aime l’enseignement. J’aime la communication du savoir, j’aime cette relation là. Ma principale source de motivation reste les étudiants.

     

    Est-ce que vous pouvez nous parler de votre passion pour l’écriture?

    J’ai toujours été un fan de science-fiction et de fantastique et j’ai beaucoup développé mon écriture au Polyscope. Je savais en entrant à Poly que mon temps deviendrait limité et pour me forcer à écrire, j’ai parti un feuilleton qui est absolument mauvais, ridicule et rempli de jeux de mots abominables. J’ai tenu ça pendant au moins un an et demi, où j’ai fait au moins un épisode par semaine. C’est l’élaboration de l’édition spéciale du 30ème anniversaire qui m’a vraiment fait arrêter le feuilleton, vu que j’étais débordé. Outre cela, j’ai aussi écrit des éditos en tant que rédacteur en chef, j’ai aussi tenu une chronique d’opinion pendant un bout de temps.

    Le Polyscope était pour moi une plateforme excellente. Il était assez lu pour que ça compte, mais pas assez pour que ça me reste collé à la peau plus tard.

    Donc bref, l’écriture c’est quelque chose que je continue. Je me suis rendu compte dernièrement que les périodes de ma vie où j’allais moins bien, c’est les périodes durant lesquelles je n’avais pas pu écrire. Les deux vont souvent ensemble. J’ai besoin de ça.

    J’ai surtout besoin de mettre un peu de moi dans ce que j’écris. C’est une excellente forme de thérapie. C’est une très bonne façon de réfléchir, de se donner de la perspective sur ce que l’on vit.

     

    Auriez-vous des anecdotes à nous raconter?

    Polytechnique en soi, je sais plus comment c’est. Moi je suis rentré en 1995 et c’était encore un endroit qui était plus grand que nature, où il y avait un vent de folie de manière continuelle. C’était un endroit d’excès, à tous les points de vue. Cela dit, dans les années 90, on s’était calmés par rapport aux générations précédentes. J’ai passé les archives du Polyscope et ce qui s’est fait avant nous était absolument incroyable.

    Dans les années 70, il y avait un carnaval à chaque année durant lequel des équipes se formaient et réalisaient des exploits. Une des équipes avait volé le drapeau du Canada, qui était au sommet de l’édifice de la SunLife, dans le Vieux-Montréal, qui était gardé par la GRC et c’était en janvier 1971, quelques mois après la crise d’octobre!

    Aussi, à l’époque, si tu étais impliqué à Poly, tu avais un surnom. C’était la norme. Ça faisait 20 ans au moins que la méthode des surnoms fonctionnait. On s’associait les uns par rapport aux autres à l’aide des surnoms. Encore aujourd’hui, je peux croiser des gens et je ne connais pas leur prénom, mais je me rappelle encore de leur surnom. C’est comme ça!

     

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    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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