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Napoléon et son palais impérial

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    François-Pascal- Simon Gérard (1770-1837), Portrait de Napoléon en grand habillement, 1805, huile sur toile. Château de Fontainebleau, musée Napoléon I er . Photo © RMN-Grand Palais / Art Resource, NY / Gérard Blot.

     

    L’exposition Napoléon : art et vie de cour au palais impérial, qui a cours jusqu’au 6 mai 2018 au Musée des beaux-arts de Montréal, permet de se replonger dans la vie impériale sous le premier Empire.

    À travers les témoignages reconstitués des Grands officiers, artistes et personnel attachés à la « Maison de l’Empereur », le musée expose une série d’objets et d’œuvres d’art qui se retrouvent pour la première fois en Amérique du Nord. En passant par les six départements composant le palais impérial, le visiteur découvre une scénographie toute particulière, qui au moyen de projections illusionnistes et l’assemblage de multiples éléments redonne vie à l’ambiance régnant dans ce microcosme qui incarnait le noyau du pouvoir. Dans chaque pièce se côtoient ainsi tableaux, sculptures, meubles, pièces d’orfèvrerie et de porcelaine, tapisseries, soieries et autres habits de cour, permettant au spectateur de s’abîmer dans les fastes et l’obsession du détail caractéristiques de la période napoléonienne.

    La visite se fait au fil de six départements, dont la description des fonctions, responsabilités du personnel et organisation est laissée au soin du Grand officier en charge. La première section est ainsi présentée par le Grand aumônier, qui guide le visiteur à travers ses récits des rites religieux pratiqués à la cour, de la cérémonie du sacre de l’empereur en 1804, de son divorce de Joséphine de Beauharnais (1809) puis de son mariage avec l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche (1810). Vient ensuite la section dévoilée par le Grand maréchal du Palais, en charge de l’administration des 47 palais impériaux. On découvre alors les mécanismes de sécurité, d’ameublement et d’approvisionnement mis en place, mais aussi les fournisseurs officiels des demeures de l’empereur. Parmi eux on retrouve des noms maintes fois énoncés pour leur travail prodigieux, tels que la manufacture des Gobelins ou la soierie lyonnaise. Vient ensuite la section du Grand maître de cérémonie, responsable des protocoles, du cérémonial et de l’organisation des audiences. On s’immerge alors dans les mécanismes de composition du spectacle du pouvoir et du maintien de l’étiquette en toute circonstance. Puis, le Grand chambellan nous fait passer dans l’envers du décor, avec sa responsabilité de l’organisation et du respect de la vie privée de l’empereur. Il collabore avec la duchesse de Montebello, dame d’honneur de l’impératrice et chargée des mêmes fonctions, mais exclusivement pour la Maison de l’impératrice. Le Grand écuyer fait alors son entrée, en sa qualité de superviseur des moyens de transport et de l’organisation des voyages et déplacements impériaux. On réalise ici l’importance, le volume et la minutie des cortèges déployés pour accompagner l’empereur dans ses missions. Finalement vient le Grand veneur, qui nous rappelle l’importance du spectacle de la chasse à cour pour l’époque et le manque d’aisance de Napoléon qui s’y initia sans grand enthousiasme.

    Mais, au-delà de la description faite de l’organisation de ces quelques 3 500 employés qui constituaient le palais, ce sont également les liens que Napoléon entretenait avec l’Église catholique romaine, les autres souverains, ses conquêtes, ses deux épouses, son personnel, puis ses mises en exil qui y sont décrites. À travers certains portraits et objets d’art, on dénoue les relations conflictuelles de l’empereur face à Rome, passant de la signature d’un Concordat en 1801, à l’emprisonnement du pape à Fontainebleau en 1808. Étant couronné par le pape qui finira par l’excommunier, Napoléon voit surtout dans sa relation à Rome un calcul d’intérêt et une stratégie de légitimation de son pouvoir. Dans le cadre d’une vision plus intimiste de l’homme tenant le masque d’empereur, ce sont aussi les liens qu’il entretient avec Joséphine puis Marie-Louise qui sont dévoilés au fil de l’exposition. Finalement, après une lutte acharnée pour conserver son trône, on suit l’empereur dans sa dernière demeure sur l‘île Sainte-Hélène, un exil supervisé par le gouverneur anglais de l’île, qui nous sera conté par le médecin qui accompagnera son dernier souffle.

    L’exposition est tentante bien que légèrement frustrante. On touche à tout et beaucoup d’éléments y sont suggérés, ce qui rend impératif de remettre ses connaissances du premier Empire à jour s’il on veut profiter de toute la qualité de l’exposition.

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    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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