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Ciel de l’Inde, second volet de la saison que nous offre Constantinople

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Constantinople - Ciel de l'Inde

 

Pour ce second concert de leur saison 2017-2018 à Montréal, les musiciens de Constantinople nous ont offert le Ciel de l’Inde. Pour l’occasion, ils ont invité sur scène l’artiste Shashank Subramanyam, virtuose de la flûte indienne depuis son plus jeune âge. Utilisant différentes tailles de flûtes au gré des morceaux qu’il nous a joué, ce maître nous a fait voyager au travers de son univers. Nous ouvrant les portes des sonorités de son pays, il en a fait éclater les couleurs, tant en douceur qu’en contrastes.

Il était également accompagné de son ami Parupalli Phalgun qui nous a présenté pour l’occasion des instruments plutôt rares. Nous avons ainsi pu faire connaissance avec les sonorités du mridangam. Instrument de percussion indien, il fait partie de la famille des tambours en tonneau à percussions digitales. De forme oblongue, ses deux faces permettent d’en sortir des sons tant aigus que graves et l’apprentissage fondamental de l’improvisation que requiert cet instrument en fait un outil d’accompagnement idéal pour la danse indienne, notamment la bharata natyam. Monsieur Phalgun nous a également proposé des rythmiques à l’aide d’une khanjira. Ce petit tambour sur cadre, nous venant du Sud de l’Inde, est moins facilement manipulable. Proposant des tonalités aigües, il est nécessaire de jouer subtilement avec l’humidité de l’instrument pour en obtenir des sons graves. Finalement, nous avons eu droit à une pratique du kannakol. Ce chant traditionnel vise à interpréter vocalement les syllabes de percussions dans la musique carnatique, issue de l’Inde du Sud. Parupalli Phalgun nous en a fait une très belle démonstration en accompagnant les autres instruments de sa voix, emplissant l’espace de telle sorte qu’en fermant les yeux, on pouvait toucher de notre imagination les danseuses indiennes qui auraient pu évoluer au son de son chant.

Comme toujours, l’ensemble musical s’est regroupé autour de Kiya Tabassian et de son sétar (luth pré-islamique à quatre cordes). Directeur artistique de Constantinople, qu’il co-fonda en 1998, Kiya nous a interprété pour l’occasion un très beau morceau en hommage à son ami et proche collaborateur Dhruba Ghosh. C’est d’ailleurs un morceau qu’ils ont souvent joué ensemble, Dhurba Ghosh étant notamment un maître dans l’art du sarangi. Cette vièle à archet indienne est constituée d’un caisson de bois rectangulaire et biaisé, qui accueille plus d’une vingtaine de cordes sympathiques, plusieurs cordes rythmiques ainsi que quatre à cinq cordes principales. On retrouve donc autour de l’instrument près de trente-cinq chevilles de bois, ce qui contribue à sa forme originale.

Aux percussions, nous avons eu une prestation extraordinaire de Keyvan Chemirani qui nous a fait une démonstration de tombak, type particulier de tambour iranien. Son accompagnement ainsi que son solo nous ont révélé un doigté rapide et précis qui a su mettre la partition de percussion au premier plan. Enfin, ce fut Pierre-Yves Martel qui compléta le tableau avec sa viole de gambe. Membre régulier du groupe Constantinople, sa viole, instrument à archet de six cordes, accompagne tous leurs concerts, pour le plus grand bonheur de nos sens.

Les prochains concerts du groupe à Montréal se donneront également à la salle Bourgie et auront pour intitulé :

  • « Ciel de l’Estonie » le 7 avril
  • « Ciel de l’Iran » le 9 juin

 

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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