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Y fait chaud dans l’igloo – Igloofest 2018

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  • Les 18, 19 et 20 janvier derniers se tenait la première fin de semaine d’Igloofest 2018 au quai Jacques-Cartier. En tête d’affiche, KAYTRANADA, Petit Biscuit et Bonobo promettaient d’en faire voir de toutes les couleurs aux festivaliers bravant le froid.

    Quel froid?

    Un temps rêvé pour démarrer l’édition 2018 du bon pied. Même sur les quais venteux du Vieux Port, l’ambiance était chaleureuse et le site assez bien monté pour éviter aux amateurs d’électro de subir les bourrasques glaciales du St-Laurent. En tant que tel, il faut aussi remercier une température assez clémente ayant permis à tous d’arborer leur plus bel attirail fluo sans se les geler!

     

    Made in Montreal

    Jeudi soir, c’était une soirée toute francophone qui ouvrait le festival; Voyage Funktastic, Kiddy Smile et KAYTRANADA ont mis le feu à la grande scène Sapporo, supportés par des VJs tous aussi « en français s’il vous plaît »! On retient des performances remarquables des deux premiers protagonistes qui ont rendu le dance floor tout feu tout flamme, devant un public pas tout à fait réchauffé encore (dans tous les sens du terme). C’est dans les derniers moments du set du Français Kiddy Smile que la place s’est réellement remplie et que le ton a monté en flèche pour accueillir un produit bien de chez nous, le DJ montréalais KAYTRANADA. Dès les premières notes, c’en était fait de la neige au sol, le froid était relayé aux oubliettes alors que s’installait une ambiance à la fois funk et soul sur le quai. Une performance très honnête de l’artiste local, malgré une interaction avec le public un peu limitée. Supporté par ses propres visuels projetés sur des colonnes de containers industriels, on ne pouvait pas choisir de meilleur disc-jockey pour mettre le ton.

     

    Planer au son du prodige

    Ça commence par une soirée bien arrosée au Pub, ça se termine dans une foule qui pourrait faire effondrer le quai Jacques Cartier. Vendredi, c’est entre autres au son de l’américain Medasin et du français Petit Biscuit que la fête se poursuivait. Sur des visuels de l’artiste québécoise Myriam Boucher, Medasin a mis le ton à une soirée inoubliable. La foule bounçait sous son son hip-hop dance aux touches aériennes; une mise en bouche de qualité!

    Mais pour la plupart, le clou de la soirée était à venir : à 23h00, celui qu’on surnomme déjà « prodige » du haut de ses 18 ans entrait sur scène. Dans son style très moderne, Petit Biscuit nous a offert un set loin du DJ aux platines, alliant sampling et tambours pour faire vibrer la foule sur ses succès récents tirés de son album Presence. Une ambiance chaleureuse et douce s’installait, de quoi faire oublier tout le temps d’un instant à plus de 10000 festivaliers! Seul bémol, ça manquait un peu de volume; pas que j’apprécie me faire défoncer les tympans, mais à certains moments, on s’entendait littéralement parler. Une ronde d’applaudissements aussi pour Frankie Teardrop qui en a mis plein les oreilles au public de la petite scène Vidéotron en milieu de soirée!

    Le coup de grâce

    Samedi, on débutait la soirée sur la chaleureuse vibe du français Jaymie Silk, pour ensuite se laisser porter par les beats electronica de TOKiMONSTA. Celle-ci nous a livré tout un set, pendant que nos yeux étaient grands ouverts pour l’art aux influences 8-bit de VJ Binocle. À ce moment, la table était mise pour le bouquet final, mais aucun festivalier n’était prêt pour ce que le dernier invité de la soirée, Bonobo, avait en tête pour eux! Sur album, Bonobo nous vend un son doux, à mi-chemin entre chill et danse, avec de bonnes influences electronica. Mais sur la scène d’Igloofest, le set du Britannique a pris des allures de dance floor sans fin alors que la foule se déchaînait, drop après drop. Bref, un peu plus de deux heures plus tard, la fête se terminait avec une foule qui en avait eu plein les oreilles et des espoirs de neige au sol anéantis; une soirée mémorable au festival électro le plus froid du monde!

    Bilan

    Cette année, Igloofest a réussi à attirer un line-up diversifié, de qualité, et en grande partie francophone, ce qui est plutôt impressionnant considérant la prédominance anglophone du bassin mondial d’artistes électro. Malgré une légère désorganisation à l’accueil les premiers soirs, le tir a rapidement été rectifié et l’attente était déjà beaucoup moindre le vendredi et samedi. Le site était beau, et les différents espaces étaient plutôt bien organisés pour rendre l’expérience encore plus complète. Une grosse bière à 10$ n’est peut-être pas l’achat le plus rentable que j’ai fait de ma vie, mais l’expérience est à répéter sans aucun doute l’an prochain!




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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