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Pas le choix d’être vulgaire!

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©Paméla Lajeunesse

20 janvier, 15h02: la salle, plongée dans le noir et silencieuse quelques minutes auparavant, se fait soudainement assaillir de lumières colorées et de forte musique. Apparaît alors une boule d’énergie qui gambade sur la scène; Mariana Mazza vient de faire une entrée sublime sur le ring de l’Olympia.

 

Qui pense Mariana pense franchise et énergie à tout casser. Eh bien c’est tout à fait ce qu’inspire son One Woman Show Femme ta gueule. Pour ceux d’entre vous qui ne sauraient pas qui est ce phénomène qu’est Mariana Mazza, récapitulons. La jeune humoriste a fait plusieurs apparitions à la télévision ainsi qu’à plusieurs festivals avant d’être sacrée Révélation du Gala Juste pour rire 2014. Elle connaît alors un succès très rapide grâce à son sketch Le sable, numéro dénonçant l’utilisation péjorative par certains hommes de l’expression «avoir du sable dans le vagin». Elle y dénonce haut et fort le fait qu’une femme ne peut pas se fâcher sans que son tempérament soit justifié par le fameux syndrome prémenstruel (SPM) ou un inconfort vaginal. Ce numéro, pour ceux qui le connaissent, est bien représentatif de son type d’humour ainsi que de sa tendance à ne pas se gêner pour dire ce qu’elle pense.

 

Femme ta gueule

Mazza parle fort et franchement sans s’arrêter, mais elle le fait bien et de manière juste. Elle n’hésite pas à dire à voix haute ce que beaucoup pensent tout bas. Son spectacle est en soi un message féministe, message qu’elle fait passer en vous laissant à peine le temps d’inspirer entre deux fous rires. Elle n’hésite pas à aborder des sujets tels la masturbation, son dégoût pour les fellations, les coupes menstruelles; elle parle même avec fierté de ses nombreux partenaires sexuels, qu’elle «envagine» comme elle dit. Sans aucune gêne, même avec la bedaine à l’air, elle commente, donne son avis, critique, elle est intarissable.

Elle passe d’un sujet à l’autre, mais avec une fluidité sans équivoque, à un point qu’au bout de 90 minutes, on se demande comment elle a réussi à aborder autant de sujets et raconter autant d’anecdotes en si peu de temps.

Ce flot de paroles continu n’est ralenti qu’à quelques reprises, à la fois pour laisser souffler l’humoriste, mais également pour la laisser partager avec nous les messages les plus marquants qu’elle a reçu sur Facebook. Des maladroits qui essaient de flirter, des haineux qui insultent et même une femme qui a fait de Mariana son moyen de libération, car oui, malgré son taux de testostérone apparement plus élevé que celui d’un motard, la Mazza a un grand coeur. Il suffit de penser au moment où elle a réalisé qu’une jeune fille de 12 ans était dans la salle, assistant à ce spectacle clairement étiqueté 16 ans et plus. L’humoriste s’est alors transformée en grande soeur, donnant des conseils à la jeune pré-adolescente et attendrissant nos coeurs par le fait même.

 

L’ambiance est sans précédent: l’auditoire est apostrophé sans arrêt, faisant de lui un acteur du spectacle. Tous et chacun se sentent complices, réunis par ces échanges inédits qui nous prouvent que Mariana Mazza est plus qu’un texte. Elle est spontanée et s’adapte à son public, nous racontant même quelques anecdotes s’étant déroulées quelques jours auparavant en tournée alors qu’un membre du public se serait embarrassé ou qu’elle même se serait trouvée dans une situation épineuse. C’est son naturel et son autodérision qui mettent à l’aise et de toute façon, comme elle le dit si bien, Mariana Mazza n’est pas vulgaire… c’est juste qu’on ne lui laisse pas d’autre choix.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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