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Les Fourberies de Scapin : un renouveau scénique qui conserve toute la saveur de l’original

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    Les Fourberies de Scapin (TNM)

    Grand coup de théâtre au TNM (Théâtre du Nouveau Monde) actuellement! La mise en scène de Carl Béchard propulse la célèbre comédie de Molière sur le devant de la scène avec un Scapin, interprété par André Robitaille, dans toute sa forme.

    Bien que présentant une pièce excessivement connue du public, Carl Béchard a su tirer partie des sujets intemporels que cette écriture en prose soulève. L’amour, les injustices sociales, les duperies, les relations père-fils et les quiproquos, tout est là pour créer une matière féconde à son imagination. Entre interludes de danse et instruments qui se produisent directement sur scène, les idées de Carl Béchard ont de quoi surprendre. Mêlant le contemporain à l’ancien, il a su conquérir son public malgré le risque de l’entreprise. Pour cela, il utilise une bonne dose d’humour et exploite l’autodérision des comédiens qui se donnent en spectacle.

    André Robitaille est à mourir de rire dans le rôle de ce valet espiègle qui ne trouve son plaisir que dans les jeux de dupes tout en dévoilant une certaine sensibilité et générosité à l’égard de ceux qui l’entourent. Jouant de son ton moqueur, il parait tant fidèle qu’opportuniste, dévoilant les relations de domination entre maîtres et employés de maison de l’époque. À travers ses cabrioles, on redécouvre les critiques que Molière adresse à une société baignant dans les injustices sociales.

    Benoît Brière et Patrice Coquereau sont absolument exquis dans les rôles de Géronte et d’Argante. Ces deux pères, qui gèrent leur famille et surtout leurs fils comme des éléments pouvant faire fructifier leurs affaires, deviennent dès le début de l’histoire les cibles privilégiées de Scapin qui met en évidence leurs plus vils défauts. On voit suffoquer un Géronte terrassé par sa cupidité, qui gesticule et se démène comme un diable pour passer à travers des épreuves que notre Scapin lui a patiemment concoctées. Argante, quant à lui, poursuit son fils en vain afin de le faire revenir sur ses engagements maritaux et le faire obéir à sa volonté. On retrouve là un père contrarié, aveugle aux désirs de son fils mais pas si indifférent pour autant. Octave, ce fils vers lequel se dirige les foudres d’Argante, amuse par son caractère froussard. Sébastien René joue ici parfaitement de son air timoré et de mimiques angoissées d’adolescent pris sur le fait.

    Simon Beaulé-Bulman, qui nous interprète Léandre, fils de Géronte, est en revanche légèrement moins convaincant. Plus sobre dans son jeu de scène, son attitude calme contraste avec les personnalités exubérantes des personnages en présence et les jeux caricaturaux des autres comédiens. Marie-Eve Beaulieu, dans le rôle de Hyacinthe, fraiche épouse d’Octave, porte avec son jeu une tonalité vulgaire et provocante, alors que son personnage, une jeune femme de bonne famille propose des répliques qui la font davantage apparaitre comme une bonne pâte, déterminée mais discrète. Finalement, Catherine Sénart relève le niveau des rôles féminins par une interprétation de Zerbinette, fiancée de Léandre, haute en couleur. À la hauteur du langage populaire et décapant de son personnage, elle joue de son rire et de ses exubérances pour nous faire fondre.

    La pièce s’annonce être un succès phénoménal!

     

     

     




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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