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Just’une chronique : sacrée Barcelone

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    Un dragon chinois dans une rue de Barcelone...

    Tourisme : Loin des tumultes politiques de la crise catalane, laissez-vous donc conduire au cœur d’une des plus anciennes cités du vieux continent…

    Descendant la célébrissime Rambla, avenue centrale de Barcelone, je remarquais une bizarrerie architecturale sur une façade. En effet, au coin d’une maison se trouvait un dragon d’inspiration chinoise, alors que la construction était typiquement espagnole. Non sans m’interroger sur les effets de la Molson locale, l’Estrella Damm, sur mon organisme délicat d’étudiant ayant subi ses finaux, je trouvais la chose cocasse mais plaisante.

    Un dragon chinois dans une rue de Barcelone…

    Des bonnes raisons pour voir la folle architecture

    Et évidemment, sachez que des édifices croches il y en a pléthore dans cette cité. Comme le montrent les illustrations dans cet article, beaucoup pensent que les cépages du Tarragona, gorgés du soleil espagnol, ont des effets néfastes sur leur vision. Mais c’est sans connaître le plus illustre des Catalans, Antoni Gaudí, architecte plus que talentueux et dont Barcelone est extrêmement fière. Ainsi, cet homme, né en 1852, est principalement connu pour le plus illustre de ses projets, la Sagrada Família.

    La Sagrada Familia, encore en construction.

    Pour résumer l’édifice en quelques mots, il s’agit d’une basilique d’inspiration moderniste, avec une architecture plus que révolutionnaire pour l’époque, le chantier ayant commencé en 1882. Cette dernière ne sera finie, selon les projections, qu’en… 2022 ! En effet, Gaudí est mort en 1926, renversé par un tramway dans la ville qu’il affectionnait tant, et nul n’avait son prestige et son génie pour continuer les plans. Certes, il savait que son chantier allait durer, il aimait bien répéter que «son client (Dieu) n’était pas pressé» mais sa disparition a mis un frein au chantier.

    De surcroît, en 1936, l’Espagne fut victime d’une guerre civile qui allait ravager son territoire pendant près de trois ans. Deux camps s’affrontèrent, d’une part les «rebelles» menés par le général et futur dictateur Francisco Franco (1892-1975), conservateurs cléricaux et d’obédience nationaliste ; d’autre part le camp loyal à la fragile seconde république espagnole, composé de forces plutôt de gauche et hostiles au clergé. Hélas pour le projet, Barcelone allait devenir rapidement la capitale provisoire de la République, Madrid étant assiégée, et ainsi subir des destructions dues à l’avancée du camp nationaliste. L’atelier de Gaudí, avec ses précieux plans fut ravagé ainsi qu’une partie de la cathédrale.

    Sacrée bâtisse !

    Il fallut donc que l’ouverture au tourisme de l’Espagne dans les années 1970 fasse son œuvre : en effet, chaque personne visitant le chantier contribue à son financement. D’ailleurs, que peut-on y voir aujourd’hui ? Extérieurement, on peut déjà contempler des tours on ne peut plus singulières, elles se dressent de manière monolithiques devant vous, loin d’une cathédrale gothique classique, paraissant étonnamment aérienne nonobstant les quantités fulgurantes de ciment qu’elles eurent englouties. En s’approchant, on remarque que le génie, non content d’avoir dessiné une enveloppe sortie d’un roman de Jules Verne, l’a en plus abondamment décoré de couleurs et de fresques représentant des tableaux sacrés.

    L’intérieur de la Sagrada Familia

    Même au bout d’un quart d’heure, on découvre des détails encore inédits à nos yeux. En rentrant dans la nef de la basilique, on se retrouve absorbé par la luminosité du lieu, tamisée et colorée par d’innombrables vitraux des plus fins orfèvres catalans. Loin, là encore, des lugubres cathédrales européennes, propices à l’intrigue dans les romans d’un certain monsieur Brown. L’édifice aérien, consacré en 2010, comporte un intérieur massif, mais aérien, un décor épuré mais foisonnant. Il s’agit en somme d’un bel oxymore architectural qui ne laisse indifférent que la cohorte de sculptures en son sein.

    Quelques bonnes résolutions…

    Alors si un jour l’envie vous vient de visiter la capitale catalane, passez-donc voir cet édifice majestueux ainsi que ses autres frères et sœurs : le Palau Güell, la Casa Batlló, la Casa Milà, la Casa Vicens et j’en passe… Ainsi, le soir, vous pourrez vous remémorez ce que vous avez vu, en rationalisant le tout à l’aide d’un verre de sangria dans un des nombreux bars à tapas de la ville. Enfin, d’un air songeur vous vous interrogerez dans le froid torride espagnol : «aurais-je rêvé» ? Telle est la question.

    La casa Batllo de Gaudi




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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