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Poly criminalise le temps partiel

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  • [NDLA] L'article 6.2.2 du "Règlement des études du premier cycle" ("Règlements des études du baccalauréat en ingénierie") qui restreint sévèrement les études à temps partiel chez les étudiants au baccalauréat remonte à au moins 2002, d'après les archives publiées sur le site Internet de l'École.

    Pour certains étudiants du baccalauréat à la vie palpitante qui veulent avoir plus de temps pour leurs affaires personnelles, l’idée première est de diminuer leur charge d’études, ce qui pourrait entraîner une somme de crédits de cours en dessous du seuil de 12, c’est-à-dire le seuil de la charge d’études à temps plein. Voilà que, pour les étudiants de Polytechnique Montréal, c’est carrément mission impossible!

    Premièrement, si un étudiant songe à étudier à moins de 12 crédits de cours durant une session régulière (automne et hiver), il lui faut demander la permission (comme un enfant de l’école primaire pas en âge de la raison) au Registrariat. Comme s’il était immoral, non-éthique ou dangereux d’être à temps partiel occasionnellement. Franchement! Pour qui Poly se prend! En temps général, l’étudiant demandeur reçoit figurativement un doigt d’honneur du Registrariat comme réponse, sauf, sous toutes réserves, pour raison médicale ou d’emploi rémunéré.

    Pourquoi un tel article dans le Règlement?

    C’est peut-être un secret perdu, mais le gros bon sens me dit que ce n’est pas pour le bien des étudiants du bacc. qui aimeraient obtenir ce « privilège » polytechnicien d’étudier à temps partiel. Franchement, est-ce qu’empêcher, voire interdire d’étudier à temps partiel, même pour une seule session régulière, c’est agir pour leur propre bien?

    Selon moi, ça profite plutôt à l’École. Évidemment, l’argent, l’argent, toujours l’argent! Plus un étudiant prend de crédits aux cours d’une session, plus l’École facture à l’étudiant les cours auxquels il est inscrit. En imposant un minimum de crédits à tous ses étudiants, l’École est garantie à 99,9 % d’avoir un revenu minimal pour payer grassement quelques gens privilégiés régnant au haut de la pyramide hiérarchique et la recherche, et au plus bas niveau de la pyramide, les choses de moindre importance comme les services directs aux étudiants. Bref, c’est comme une entreprise privée.

    Poly pourrait, comme les écoles privées au Québec, se vanter qu’elle est la meilleure École du fait qu’elle accueille les étudiants les plus investis dans leurs études (jusqu’à en devenir malade). Les étudiants à temps partiel seraient des rejets de la société polytechnicienne et cela montrerait que l’École a instauré une ségrégation intellectuelle et sociale. Ce qui ruinerait complètement l’intention d’accessibilité aux études supérieures… du moins en ingénierie. « [Ctrl][C] + [Ctrl][V] = 0, mais les étudiants à temps partiel, c’est dehors! » Le temps partiel, c’est pour les faibles! Voilà le message qu’envoie cette école d’ingénierie et ça me met en &*?%$%?/$”/! La justice sociale n’existe pas à Poly au 21e siècle.

    Poly : « vaut mieux guérir que prévenir »

    Étudier n’est pas toujours (voir jamais pour certains) une partie de plaisir. C’est un fait que les études peuvent causer le burn-out comme le ferait un travail rémunéré. Les études occupent carrément 100 % du mental des étudiants qu’il ne reste pas beaucoup de place pour écouter les manifestations de son corps qui crie « à l’aide! ». Le cas advenant qu’un étudiant soit capable de reconnaître ces symptômes et qu’il ait la perspicacité de planifier en conséquence des études à temps partiel (ne serait-ce que pour une seule session) de façon responsable pour sa propre santé physique et mentale, l’École Polytechnique ne récompense pas cette qualité ingénieuse d’un futur ingénieur, qualité qui fait pourtant partie, par écrit, de l’une des douze qualités de l’ingénieur selon le BCAPG : Investigation! Au contraire, l’École le punit, le fouette, le gifle, le saigne, le poignarde, le torture (le tout au sens figuré, bien sûr!) jusqu’à ce que le temps partiel ne subsiste plus dans son esprit puisqu’il serait déjà à l’hôpital où l’autorité médicale constate le décès de sa santé physique et mentale. Des athlètes de haut niveau sont mieux traités que des étudiants de Poly! Les autres étudiants universitaires du Québec sont mieux traités que ceux de Poly par leur propre institution d’enseignement! , #$%?&*

    De plus, Dieu sait que c’est à cause de Polytechnique Montréal que la santé physique et mentale de plusieurs étudiants est mise inutilement à rude épreuve. Qui gagne à faire souffrir des étudiants, des jeunes, des gens de demain, l’avenir de la société? Qu’en tire l’École concrètement? Elle est contrôlée par une poignée d’êtres humains qui ont possiblement des envies vicieuses et égocentriques. Car des gens qui sont au contraire sensibles au sort de leurs prochains n’auraient jamais permis l’existence d’un règlement refusant le temps partiel aux étudiants qui le demandent simplement. Enfin, la société en tire quoi, d’abîmer de jeunes cerveaux? Rien! Quand l’avenir de la société est malade, la société elle-même est aussi malade (d’incompétence, de manque de vision d’avenir, d’incapacité de s’affranchir et de s’accomplir, puisqu’elle doit soigner ses blessures du passé, ses maladies d’abord). Peut-être est-ce à cause de ce genre de gens malmenant gratuitement les citoyens du futur qu’on a un Tunnel de la rampe qui n’est pas fini à ce jour…

    Quand un étudiant doit aller voir le médecin pour obtenir le papier qu’il enverra au Registrariat, n’est-ce pas un peu trop tard pour prévenir? Trop tard pour éviter d’endommager sa clientèle, voire abîmer ses produits pour l’industrie qui a besoin de travailleurs.

    Un retard sur l’humanité?

    Comme école de sciences, Poly devrait refléter le gros bon sens scientifique du 21e siècle. Mais non! Bien qu’elle soit à jour dans les sciences appliquées, la poignée d’ingénieurs influents qui la contrôlent semble gravement ignorante des états d’âme des étudiants du 21e siècle et sur les sciences humaines.

    Même si le génie est en première classe à Poly, l’absence de compréhension de ce qui n’est pas en génie est aussi en première classe. Donc, le génie en première classe, mais l’humanité en dernière classe.

    Le souhait est que l’article 6.2.2 du Règlement des études du baccalauréat en ingénierie fiche la paix aux étudiants voulant prendre une session à temps partiel.

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    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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