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Dance Me, par les Ballets Jazz de Montréal

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    © Marc Montplaisir. Interprètes Brandi Baker, Yosmell Calderón.

    Du 5 au 9 décembre, la troupe des Ballets Jazz de Montréal nous a proposé un hommage chorégraphié à Léonard Cohen au Théâtre Maisonneuve de la place des arts. Ces représentations constituent la Première Mondiale de l’œuvre qui est présentée par Danse Danse et dont le périple se poursuivra à l’occasion d’une tournée internationale qui courra tout au long de ces quatre prochaines années.

    Depuis l’annonce du décès du célèbre montréalais, les hommages fleurissent au sein de notre ville. Mais, loin de se noyer dans une certaine forme de banalité tendance, cet hommage se démarque nettement de ceux que j’ai pu voir dernièrement. Présentant une série de tableaux qui défilent au rythme des chansons de cet auteur-compositeur de génie, les danseurs des BJM nous proposent des chorégraphies passant à travers des thèmes abordés par le poète, tels que l’amour, la spiritualité, la société, la quête de liberté ou encore les paradis artificiels.

    Sous la direction artistique de Louis Robitaille, les danseurs des BJM donnent vie au talent de trois chorégraphes internationaux : Andonis Foniadakis, Annabelle Lopez Ochoa et Ihsan Rustem. Tirant parti du potentiel de cette troupe de danse qui mêle ballet et danse contemporaine dans une dynamique athlétique impressionnante, ces trois artistes marquent de leurs empreintes hétéroclites l’univers musical de Léonard Cohen. Leurs différentes signatures sont mises en valeur par le metteur en scène Éric Jean qui réussit à faire se succéder des tableaux extrêmement variés, tant dans leur présentation que dans l’énergie qu’ils dégagent, sans pour autant perdre le public. Il brode autour d’une ligne directrice colorée par l’atmosphère particulière des chansons de Cohen, empreinte de nostalgie et de tendresse. Les tableaux sont généralement très épurés, de façon à laisser toute la place aux danseurs et à focaliser l’attention des spectateurs sur la ligne de leurs mouvements. Cependant sur certaines scènes, l’utilisation d’accessoires ou de projections permettent également d’augmenter la palette des émotions proposées, allant même jusqu’à réussir certaines pirouettes humoristiques.

    La figure de Léonard Cohen est toujours présente et apparait de façon récurrente tout au long de l’enchevêtrement des scènes. Marchant silencieusement à travers l’espace scénique comme s’il en était le gardien, arborant son iconique chapeau noir et son éternel coupe-vent, sa figure fantomatique passe, s’arrête puis nous quitte le temps d’un instant.

    La performance artistique proposée par les quatorze artistes interprètes des BJM est à couper le souffle. Quelque soit le tableau, seuls, en couple ou en groupe, les danseurs nous épatent par leur maîtrise du geste précis, leur puissance et leur harmonie. Qu’ils soient synchronisés ou que leur cohérence de groupe soit désarticulée, ils s’exécutent à la virgule près. La manière dont leurs mouvements s’approprient l’espace et ses recoins reflète une collaboration magistrale entre les différents acteurs impliqués dans l’élaboration de ce petit bijou de créativité. Ce qu’ils nous ont donné à voir promet un succès retentissant qui sera largement mérité, et on est impatient d’avoir des nouvelles de leur tournée à partir de 2018!




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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