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Quand l’orchestre Métropolitain prend l’accent français

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    L'accent français @ Orchestre Métropolitain [22 novembre]

    Le 22 novembre dernier, l’Orchestre Métropolitain, toujours dirigé par son chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin, nous a présenté le concert qu’ils allaient jouer dans les plus grandes salles d’Europe dans les semaines suivantes, pour leur tournée internationale.

    Avec une représentation axée sur les compositeurs français, nous avons eu droit en première partie aux compositions d’Hector Berlioz et de Maurice Ravel. Berlioz ayant toujours été un passionné de littérature, il décida de publier en 1841, six mélodies (pour chant et piano) écrites à partir de poèmes sélectionnés dans le recueil La Comédie et la mort de son ami Théophile Gautier. Villanelle, Le Spectre de la rose, Sur les lagunes (lamento), Absence, Au cimetière (Clair de lune) et L’Île inconnue nous parlent d’amour, de mort et d’absence. Regroupées sous le titre Les Nuits d’été (op. 7), ces réflexions mises en musique ont été interprétées dans leur version pour alto (ou ténor) et orchestre par l’Orchestre Métropolitain et la soliste contralto Marie-Nicole Lemieux. Bien que le français soit particulièrement difficile à articuler et à rendre intelligible dans le chant classique, la contralto réussit merveilleusement bien à nous faire voyager dans les prises de conscience de Théophile Gautier et les interprétations de Berlioz, de sa voix puissante et dont elle maîtrise parfaitement les nuances.

    Après cette mise en bouche savoureuse, c’est au tour du pianiste Alexandre Tharaud de nous émerveiller. Son interprétation du Concerto pour la main gauche en ré majeur de Ravel est tout à fait remarquable. Cette composition, écrite pour le pianiste autrichien Paul Wittgenstein (1887-1961) ayant perdu son bras droit à la guerre, est pleine d’ingéniosité technique, tant et si bien quand l’entendant jouer on oublie qu’Alexandre Tharaud ne pose qu’une main sur le piano.

    Après l’entracte, c’est au tour des compositions de Camille Saint-Saëns et de Claude Debussy d’être mises en lumière. Pour l’occasion, le rideau s’ouvre avec un nouveau soliste de talent, le violoncelliste Jean-Guihen Queyras. Sa formation en musique contemporaine, lui permet de dégager des couleurs extrêmement vives et variées lors de cette interprétation du Concerto pour violoncelle no1 (op. 33) de Saint-Saëns. Exploitant les possibilités techniques du violoncelle, cette composition permet à Jean-Guihen Queyras d’exprimer tout son potentiel, aussi bien dans des moments de virtuosité que dans des instants plus songeurs, allant chercher le registre grave de l’instrument. On est ensorcelés…

    Enfin, pour terminer cette soirée en beauté, l’orchestre revient tout en nuances pour nous présenter La Mer, trois esquisses symphoniques de Claude Debussy. Chef d’œuvre du répertoire orchestral du XXe siècle, cette fresque symphonique en trois mouvements cherche à reproduire les mouvements de la mer, dans ses bons jours comme dans ses mauvais. L’interprétation de l’Orchestre Métropolitain est absolument prodigieuse et je suis enchantée qu’il ait mis cette pièce à leur répertoire pour cette tournée internationale.

    Ces quatre interprétations mettent bien en valeur leur technique et leur perfectionnement qui ne manquera pas de conquérir les salles européennes. Nous avons tout de même hâte de les voir revenir, dès la semaine prochaine, afin de pouvoir profiter de leur prochain concert Contes d’Hiver, qui se donnera à la Maison Symphonique dès le 14 décembre prochain.

     

     




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