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Cut Copy au Théâtre Corona : Ctrl X + Ctrl C, c’est pas zéro

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    Cut Copy en concert au Théâtre Corona. Photo © Paul Margheritta

    Les membres de Cut Copy, originaires de Melbourne, ont-ils eu envie de fuir vers des contrées plus fraîches à l’approche de l’été austral? En tout cas, en ce mois de novembre, ils étaient de passage à Montréal, au Théâtre Corona, pour un spectacle qui s’est déroulé sans fausse note.

    Ils sont venus de loin, mais, heureusement, le public a répondu présent. « Ils », ce sont les quatre Australiens de Cut Copy, qui étaient de passage à Montréal, au Théâtre Corona, le 22 novembre dernier. Derrière ce nom tout droit sorti d’un menu d’ordinateur (c’est le magazine Spin qui nous apprend ça, même si on s’en doutait un peu, en fait), se cache un groupe de musique électronique actif depuis le début des années 2000 et qu’on a par exemple pu entendre dans les bandes originales des jeux vidéo FIFA 09, FIFA 18 (pour les amateurs de soccer) et GTA V (pour les amateurs de… faire des choses pas toujours légales). Plus précisément, Cut Copy s’illustre aussi bien dans des productions essentiellement électroniques que dans des créations à la frontière du rock indépendant, avec des instruments plus traditionnels; on pourra ainsi les classer dans l’électro-pop et l’indietronica.

    Une première partie maîtrisée

    Mais avant que l’hémisphère sud débarque en force sur la scène, c’est le DJ Palmbomen II qui s’est illustré en première partie. Celui-ci a, pendant une demi-heure, livré une performance minutieuse, calibrée, propre. Sa musique, que l’on pourrait qualifier de house relativement expérimentale et atmosphérique, s’est exprimée en un ensemble cohérent, bien ficelé; elle a retenu notre attention avant l’arrivée des artistes principaux, à défaut de faire remuer nos derrières ou de nous faire chanter à tue-tête.

    Le Néerlandais, au cours de cette prestation instrumentale ininterrompue, a pu explorer diverses ambiances, passant habilement de l’une à l’autre. Nous avons démarré par quelques notes simples, lunaires, solennelles, posées comme par hasard par un Palmbomen arc-bouté sur sa table, concentré, travaillant avec la précision d’un scientifique. Des rythmes plutôt africanisants, rappelant étrangement Cut Copy sur le morceau Standing in the Middle of the Field, ont pu être entendus plus tard, avant de monter en intensité avec des sonorités plus chaotiques et par moments presque industrielles.

    Lights & Music

    Après une brève pause technique, les quatre membres de Cut Copy se sont installés, avec, en pointe, Dan Whitford, le leader, au micro et au clavier. C’est là que le spectacle a réellement commencé, et nous avons pu découvrir, au-delà des jeux de lumière somme toute classiques, quelques utilisations intéressantes des six écrans rectangulaires disposés au fond de la scène. Au choix, nous avons pu y apercevoir des défilés de symboles informatiques (dont, assez inexplicablement, la pomme de la compagnie Apple), des coins de ciel bleu ponctués de nuages, ou tout simplement des couleurs unies, éclatantes, participant à l’ambiance générale du concert.

    La performance a bien sûr été l’occasion pour Cut Copy de jouer quelques morceaux de leur récent album Haiku from Zero, tels que Airborne, Black Rainbows et le reconnaissable Standing in the Middle of the Field. Cependant, à ma grande satisfaction, le concert reposait abondamment sur les valeurs sûres du groupe (probablement éprouvées à d’autres occasions), essentiellement issues de leurs meilleurs albums, In Ghost Colours et Zonoscope. Sans grande surprise, les très bons Hearts on Fire, Out There on the Ice ou encore Need You Now ont bien résonné avec le public du Théâtre Corona.

    Une soirée qui bascule

    L’ensemble de la prestation peut être divisé en deux parties. Une intervention de Dan Whitford, mentionnant en anglais qu’on était arrivés « à ce moment-là de la soirée », a fait basculer le concert, le faisant entrer dans des sonorités beaucoup plus dansantes, chargées en basses, alors que nous avions plutôt commencé par des tonalités modérément électroniques, plus proches du rock indépendant. Le Théâtre Corona s’est alors progressivement changé en piste de danse, jusqu’au pic de la soirée, incarné par le morceau très justement nommé Lights & Music.

    Pendant toute la durée du concert, en tout cas, le groupe a fait preuve d’une belle énergie. Le chanteur Dan Whitford a, comme attendu, délivré les meilleurs morceaux de sa voix glaciale, tantôt distante et fantomatique, tantôt explosive et étonnamment haute. Les autres membres, bien présents à la guitare, à la basse, à la batterie, au synthétiseur, ne sont évidemment pas en reste. Il n’y a plus qu’à leur retourner le « merci Montréal! » prononcé en français (s’il vous plaît!) par le chanteur, et à leur souhaiter bonne route.




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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