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Un Hockey Sweater, au coeur des valeurs québécoises… ou canadiennes?

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  • The Hockey Sweater, a musical arrive au Centre Segal en cette début Novembre. Le classique canadien « Le Chandail de Hockey » est dirigé par Lisa Rubin et Donna Feore, cette dernière aussi dramaturge avec Emil Sher. le compositeur et directeur musical est Jonathan Monro.

    Vous connaissez sans doute l’histoire iconique de l’auteur Roch Carrier, « Le Chandail de Hockey », enfin, si vous êtes Québécois. C’est l’histoire d’un petit gars qui joue dans l’équipe de hockey du village, de sa famille, et de l’obsession qui le consume et qui consumait tout le Québec à l’époque – Maurice Richard.

    C’est l’époque de La Grande Noirceur, où le Québec se replie dans ses valeurs catholiques traditionnelles au moment même où le capitalisme à saveur Américaine-Anglaise (goût de beigne et de charbon) frappe aux portes de la nation. Il s’y infiltre même jusque dans les moindres recoins de la province, grâce à ses catalogues Eaton’s – un catalogue de vente par correspondance.

    C’est la combinaison de ces deux phénomènes qui est la cause du drame de cette histoire – mais si l’on ne reconnaît plus l’époque, on reconnaît parfaitement les caractéristiques Québécoises avec lesquelles on aime tant se définir.

    On voit le coeur de la vie familiale par la petite famille Carrier, où la chicane maman-fils dégénère en partie à cause de l’absence du père – parti en ville construire des gratte-ciels. En partie car la maman de famille est déchirée par son rôle de mère combiné au nouveau rôle qu’elle doit remplir dans la vie de son fils – celui de son père absent. Ce personnage franc, fougueux et empathique est la caractérisation parfaite de la mère Québécoise : la cheffe de famille qui ne se laisse pas faire, armée d’un amour qui tempère toute tempête.

    Mme Carrier est exceptionnellement interprétée par l’actrice Claire Lautier, une chanteuse et une actrice doublement accomplie. Le duo jeune-Roch et Mme Carrier ont porté la pièce jusqu’à l’excellence. Mais le succès ne peut leur être entièrement accordé, ils sont supportés par des acteurs adultes d’expérience – tous de bons chanteurs, et la pièce est rehaussée par la joie et la fraîcheur des jeunes acteurs indéniablement talentueux en chant et en danse. Par contre, vu leur âge, il est naturel que leur jeu d’acteur ne soit pas très développé, mais cette grossièreté ne fait qu’ajouter à l’authenticité de cette pièce simple, chaleureuse et oui : quétaine.

    C’est donc particulier qu’une pièce si Québécoise – interprétée en anglais – soit tant aimée par le Canada anglais. Cette histoire a été adaptée en une histoire courte, un livre, elle a gagnée des nombreux prix de littérature et a même été envoyée en espace. Le hockey c’est une obsession qui se veut rassembleuse – peu importe ton équipe –  mais paradoxalement le Québec a beaucoup vu cette histoire comme un point de repère souverainiste.

    L’équipe du village de Sainte-Justine comporte que des numéros 9 du Canadien. 9, comme le poids du bébé de Maurice Richard, 9 comme Maurice « Rocket » Richard. Richard a longuement été une idole québécoise, et un symbole du succès et de la résilience de la belle province au sein d’une institution largement dominée par l’Envahisseur, d’où son utilisation par le mouvement souverainiste.

    Entre le Canada anglais et le Québec, on est peut-être très différents, mais : l’exécution de la pièce ; l’authenticité des acteurs anglais dans leur rôle québécois ; mes rires de joie et mes exclamations involontaires sont tous signes que plus que quiconque, on se comprend.

     

    Vous aussi pouvez replonger dans votre enfance – et l’enfance de vos grand-parents – The Hockey Sweater sera joué au Centre Segal :

    Le 13 novembre 2017 à 13 h

    Le 14 novembre 2017 à 11 h

    Le 15 novembre  2017 à 13 h

    Le 15 novembre  2017 à 20 h

    Le 16 novembre  2017 à 19 h

    Le 18 novembre  2017 à 19 h

    Le 19 novembre  2017 à 11 h

    Le 19 novembre  2017 à 16 h




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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