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Wilson chante Montand : l’aspect scénique prend le pas sur le lyrique

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    TNM affiche officielle

    Après un album et une tournée en France, Lambert Wilson posait ses valises pour quelques jours au Théâtre du Nouveau Monde à Montréal avec son spectacle Wilson chante Montand, mis en scène par Christian Schiaretti.

    Pour cet hommage à Yves Montand, la salle est déjà acquise à l’interprète de la soirée avant même le début de la représentation. Plus qu’un simple concert voyant un artiste interpréter divers morceaux, cette pièce de théâtre musical est centrée sur le jeu du comédien qui évolue au fil d’une trame mélodique regroupant des poèmes mis en musique, des chansons du célèbre français d’origine italienne et d’autres artistes, retraçant la vie d’Yves Montand.

    On ne retrouve donc pas sur scène Lambert Wilson acteur du film Matrix mais bien Lambert Wilson comédien de théâtre, occupant l’espace en alternant dynamisme et mélancolie au gré des personnages et des textes qu’il interprète. Tourbillonnant d’abord sur Mon manège à moi, puis mêlant pas de danse et rage de boxeur new yorkais, Wilson montre son talent scénique, prenant même au piège certains spectateurs en amenant une transition musicale qui passe par la feinte d’un oubli momentané de paroles. Un jeu remarquable certes, mais manquant quelques peu de nuances, comme pour l’interprétation de La bicyclette que l’on aurait préféré moins caricaturale.

    Entrecoupées de narrations amenant des références à la vie d’Yves Montand, une trentaine de chansons se succèdent, offrant un savant mélange de titres à la popularité plus ou moins étendue. Ces enchainements narratifs, parfois un peu décousus, plongent le spectateur au cœur de la vie de Montand : ses débuts à l’Alcazar de Marseille, la ferveur communiste et l’influence de son père, son arrivée à Paris, son aventure américaine au début des années soixante.

    Et la musique dans tout cela ? L’interprétation musicale…c’est peut-être là où le bât blesse. Le lyrisme et la poésie des textes sont là mais la performance vocale nous laisse perplexe par son manque de rondeur et de puissance. Dès l’amorce de la représentation, c’est assez monotone et ça traine en longueur, le comédien semblant avoir davantage échauffé ses jambes que ses cordes vocales. Wilson est là, sur scène, mais sa voix est restée dans les loges. L’interprétation s’améliore nettement à partir du milieu du spectacle, mais là encore le jeu du comédien surpasse la performance du chanteur.

    Aux côtés de titres connus tels que La bicyclette ou Les feuilles mortes, on en apprécie certains qui le sont moins comme Les bijoux, ce poème de Baudelaire originellement chanté par Léo Ferré vers la fin des années soixante et qu’Yves Montand reprendra une quinzaine d’années plus tard. Au-delà de Wilson et Montand, on retiendra l’accompagnement musical avec la performance au piano et les arrangements musicaux de Bruno Fontaine, qui réussit à envelopper ce spectacle d’une atmosphère chaleureuse et poétique.

    Cette pièce de théâtre musical est certes un hommage à Montand le chanteur, mais réussit également à rendre un hommage à Montand l’acteur. À travers Montand, c’est toute cette génération de chanteurs poètes qui reprennent vie sur la scène de ce beau théâtre.

     

     




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