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Denis Coderre : la terreur totalitaire

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    (c) Chi-Huy Trinh

    Une enquête du journaliste Thomas Gerbet[1] à Radio-Canada, publiée le 23 octobre 2017, dévoile le comportement de Denis Coderre pour assurer un contrôle strict sur l’information et sur ses subalternes.

    Intimidation, réprimandes, pressions

    Denis Coderre a dit à un journaliste qui écrivait des choses qui ne faisaient pas son affaire : « Toi, je vais veiller à l’évolution de ta carrière. » Un autre journaliste s’est fait réprimander par M. Coderre pour la même raison: « J’aime bien [ton média]. Ce serait dommage qu’on arrête de vous donner des entrevues. »

    Début 2015, une journaliste d’un quotidien recevait un appel inattendu à 23 h où un attaché de presse du maire réclamait la modification d’un article publié sur Internet. Après avoir refusé, elle raconte : « Le lendemain, Denis Coderre a répondu à toutes les questions des journalistes, sauf aux miennes. » Comme si cela n’était pas assez honteux pour l’indépendance journalistique, elle reçoit plusieurs semaines plus tard une autre demande pour cette fois-ci changer le titre d’un article. Puis le lendemain, à l’hôtel de ville, Denis Coderre se dirige vers elle et dit : « Une chance que tu as changé ton titre. »

    En juin 2016, un relationniste de la Ville de Montréal appelle Radio-Canada pour demander à changer de journaliste pour un en qui il a « plus confiance » pour un reportage. Ce serait une demande qui vient d’en haut. Et qui est au haut de l’administration de la Ville de Montréal? Coderre, la terreur!

    Un chroniqueur a témoigné : «Après un texte que le maire n’a pas aimé, je n’ai plus eu de retour lorsque j’envoyais des demandes d’entrevues ou des questions. On m’a même refusé l’entrée d’une rencontre de presse. Pour moi, c’est de l’intimidation. »

    Si quelqu’un dit que le maire Coderre est un des politiciens québécois les plus accessibles et disponibles pour les médias et qu’il a mis en place « une administration ouverte et transparente », je lui réponds qu’il est tellement transparent que personne n’arrive à savoir combien a coûté la formule-E qui s’est passé l’été dernier dans la ville, pour savoir si c’est un fiasco ou un succès. Vu la situation, je trouve très clair que c’est un fiasco que Coderre aimerait cacher pour les élections de ce 8 novembre. Mais l’information sort (enfin) avant cette date! Et c’est bien un fiasco, en terme d’investissement de fonds publics!

    L’art de museler

    Ceux qui ont osé parler aux médias sans autorisation du maire se font chicaner. Conséquemment, ils craignent parfois de parler aux médias pour cette raison. C’est une punition positive.

    Fonctionnaires, élus, employés politiques… Ils ont peur de subir des conséquences sur le plan professionnel, car Denis Coderre suscite la crainte et, car il aurait le bras long.

    « Il y a une culture de répression qui se met en place, croit André Émond, président du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de la Ville de Montréal, qui représente 450 employés. Les gens s’exposent à des sanctions disciplinaires très sévères. » Il existe un exemple dans lequel un employé reçoit un blâme pour avoir critiqué un projet de la Ville dans les médias, en plus de le faire sans autorisation. Comme si ce n’était pas assez, si on ose critiquer un projet, même en interne, sans divulguer quoi que ce soit aux médias, ni au public, l’employé est blâmé pour oser la dissension contre Sa Majesté Coderre.

    Un peu comme au baseball, si tu reçois trois strikes, tu es mis hors du jeu, c’est-à-dire congédié.

    Les employés de la Ville ont reçu une lettre leur sommant de « ne pas communiquer ou permettre que soit communiqué à quiconque quelque information ou document ». Sinon, l’employé fautif s’expose, ainsi que son employeur, « à des recours judiciaires ».

    « Une simple demande d’entrevue avec une bibliothécaire devient un va-et-vient de courriels et d’appels avec les communications », déplore une journaliste d’un hebdo de quartier. Il faut que tout soit validé par le cabinet politique.

    Un ancien haut fonctionnaire de Montréal témoigne : « Avant, on avait une séparation des pouvoirs entre l’administration et le politique. Avec Denis Coderre, il n’y a plus d’administration, que du politique. »

    Il faut comprendre que des philosophes de la Renaissance ont progressivement établi les fondements du fonctionnement social démocratique, notamment le concept de séparation des pouvoirs, afin de préserver l’intégrité des institutions démocratiques dans la société. Le principe de base part de la catégorisation de trois sortes de pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. En occurrence, on parle d’ici de la séparation des pouvoirs entre le politique, le journalisme et la police.

    En se donnant pour règle que chacune de ces sortes de pouvoir ne communique jamais entre elles, on tente ainsi de s’assurer de l’indépendance, de l’impartialité et de la protection contre des pressions politiques. On tente ainsi d’éviter les collusions, les conflits d’intérêts et l’oppression d’origine politique. Conséquemment, Denis Coderre opprime.

    Il s’agit d’une nouvelle réalité depuis l’arrivée de Denis Coderre à la mairie.

    Sur ce, allez voter, bande de fainéants.

    [1] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1058740/denis-coderre-communications-journalistes-fonctionnaires-elus




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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