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Quand Vengerov sublime le jeu de l’OSM

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    L'OSM & Vengerov - affiche officielle

    Le concert de ce 17 octobre à la Maison Symphonique de Montréal s’est ouvert sur une œuvre contemporaine du compositeur montréalais Samy Moussa. A Global Itself Infolding est une pièce composée pour orgue et orchestre, ce qui l’a rendu tout particulièrement appréciable en présence de notre Grand Orgue Pierre-Béique. Créée sur commande de l’OSM en 2014, elle n’est que la quatrième d’une série de commandes qui débuta par Léviathan en 2005 et qui continue encore aujourd’hui, le travail du compositeur et chef d’orchestre étant fortement apprécié par Kent Nagano.

    Cette pièce d’une dizaine de minutes alterne de lentes progressions harmoniques avec des moments culminants hauts en couleurs, tenant son auditoire en haleine. Bien que l’orgue soit mis en valeur, il ne prend pas un rôle de soliste, permettant ainsi aux cuivres et aux percussions d’envelopper ces mesures de grande intensité pour leur donner toute leur puissance. Nous faisant glisser dans une atmosphère mystérieuse, parfois solennelle voire dramatique, l’oeuvre reste cependant accessible à un public plus habitué aux œuvres d’un autre siècle, sans pour autant en sacrifier son originalité. Il faut également reconnaitre que le doigté vif et délicat de l’organiste Jean-Willy Kunz, et sa complète maitrise de cet instrument à 6 489 tuyaux, subliment l’œuvre de Samy Moussa.

    Le second morceau est cette fois emprunté à Bartók, compositeur qui reste relativement récent. Typique de son auteur, ce concerto pour orchestre (Sz. 116) respecte une grande symétrie autour de son troisième mouvement central. Laissant à chaque instrument son moment de gloire, Bartók joue sur les inversions qu’il affectionne tant, ponctuant également son œuvre de ses nombreux intervalles de quartes. Bien que magnifiquement exécutée par notre orchestre symphonique, la pièce nous laisse sur notre faim et nous sommes impatients de découvrir les envolées lyriques du violon de Vengerov.

    Et quelles envolées ! Le concerto pour violon en ré majeur (op. 77) de Brahms met parfaitement en valeur ce musicien d’exception et son Stradivarius Kreutzer de 1727. Brahms laisse, dans cette composition chaleureuse de grande envergure, la cadence à la discrétion du soliste, permettant à Vengerov d’y laisser sa propre empreinte et de la bonifier encore davantage. Le long solo de hautbois qui lance le second mouvement met en exergue les talents de mélodiste uniques de Brahms, qui le fera revenir pour clôturer l’œuvre, accompagné des voluptueux ornements du violon. Cette œuvre, empreinte de sérénité, est traversée par des vagues mélancoliques mais toujours avec une ardeur lancinante qui en fait une toile de fond sur laquelle le violon peut peindre ses élans incisifs, ses volutes et ses chutes.

    Ce mariage entre Brahms et Vengerov est un véritable succès et le public n’en démord pas. Belle surprise alors de notre virtuose qui revient sur scène pour nous interpréter la Méditation de Thaïs, du compositeur Massenet. L’Orchestre Symphonique de Montréal offre une nouvelle fois un accompagnement inoubliable et, ensemble, font de ce rappel un souvenir indélébile.

     

     




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