Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Ciel de la Syrie : à la rencontre d’une culture musicale

Aperçu article Ciel de la Syrie : à la rencontre d’une culture musicale
Cliquer pour agrandir
 (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
patrickgrahampercussion.com

Le groupe Constantinople s’est une nouvelle fois réuni le 14 octobre pour ouvrir, d’un premier concert, leur série 2017-2018.

Constantinople est un ensemble de quatre musiciens talentueux pratiquant et mettant en valeur des instruments peu communs. Leur directeur artistique et co-fondateur du groupe (1998), Kiya Tabassian, joue pour sa part du sétar, luth pré-islamique à quatre cordes. Didem Başar, quant à elle, nous présente le kanun à cordes métalliques, appartenant à la famille des cithares sur table et originaire de l’Empire byzantin. Le troisième membre de l’équipe, Pierre-Yves Martel, s’exerce à la viola da gamba, instrument à archet de six cordes qui naquit en Espagne (XVe siècle). Enfin, Patrick Graham se présente aux percussions, mais là encore, rien de très classique ; on y retrouve notamment de la percussion japonaise et des tambourins méditerranéens, qu’il réussit à marier avec une étonnante harmonie.

La série qu’ils présentent cette année se bâtit autour du symbole du ciel, témoin intemporel de l’évolution des civilisations et de leurs musiques traditionnelles. Chacun des quatre concerts constituant la série se penche donc sur la représentation d’un ciel témoignant de l’histoire d’une région du monde particulière et se fait en partenariat avec un artiste familier de la culture musicale dépeinte. Pour le premier de la série, Ciel de la Syrie, c’est le musicien Kinan Azmeh, d’origine syrienne qui associe sa clarinette aux airs de Constantinople. Ayant fait ses classes au sein de prestigieuses écoles internationales comme la Juilliard School de New York, il a aussi évolué comme soliste au côté de nombreux orchestres symphoniques et philarmoniques. Ami de longue date de Kiya Tabassian, c’est unis dans cette passion de la musique authentique qu’ils nous ont présenté leurs créations respectives.

Le premier morceau présenté par Kinan Azmeh fut particulièrement touchant. Évoquant les souvenirs de son village natal, l’atmosphère qui y régnait, les activités quotidiennes, les enfants qui jouaient, les saveurs et couleurs orientales, il a su nous transporter en quelques notes dans cette ambiance familiale et chaleureuse, bercée d’un environnement naturel et simple. Constantinople est basé sur le concept de voyage, tant par la musique elle-même que par les visites des différentes cultures musicales. Cette volonté est en harmonie complète avec la force créatrice de monsieur Azmeh et nous a été transmise pleinement ce soir-là. Sa seconde composition racontait son expérience des fêtes de Noël à New York. Loin de chez lui mais entouré d’une famille qui l’avait accueilli pour l’occasion, on a pu ressentir, par ses notes toujours teintées d’Orient, des festivités empreintes de chaleur, de partage et d’amour. Les particularités des instruments utilisés par le groupe réussissent à donner du corps à ces sentiments, à les transcender et leur donner une teinte unique, presque visible. Avec la présentation de sa dernière création, qui nous fait vivre un mariage sous le ciel de Syrie, on se laisse porter au rythme de la clarinette, du kanun, du sétar, de la viola da gamba et de toutes ces percussions aux sonorités multiples, dans un monde étranger qui nous apparait familier, avec ses couleurs vives, ses rires et ses danses.

Les musiciens de Constantinople qui permettent ces merveilleux échanges et nous font découvrir à chaque concert leurs propres compositions, s’allieront, pour leur second volet Ciel de l’Inde, à la musicienne Shashank Subramanyam. Le 17 février prochain, nous aurons alors l’occasion de nous évader grâce aux douces sonorités de la flûte indienne.

 

Si leurs concerts vous intéressent, n’hésitez pas à aller découvrir leur saison :
http://constantinople.ca/saison-2017-2018/saison-2017-2018-montreal/

Ou :

http://sixmedia.ca/communiques/constantinople-2/?utm_source=Constantinople+2017-09&utm_campaign=Constantinople+2017-2018&utm_medium=email

 

 

Articles similaires

Un concert pas très classique

13 juillet 2009

Mercredi 8 juillet 2009, Maison Théâtre, PaGAGnini dans le cadre du Festival Juste Pour Rire. Si vous vous attendez à voir un concert de musique classique traditionnel, vous n’êtes pas au bon endroit. Dès l’entrée, des colliers de perles blanches en plastique et des chapeaux de smoking noir sont distribués aux femmes et aux hommes. Le public également n’est pas celui d’un concert de l’OSM, beaucoup de jeunes et surtout des enfants en bas...

Simon Boccanegra au Grand Théâtre de Genève

25 septembre 2009

Simon Boccanegra, corsaire doge de la ville de Gènes aux prises avec les luttes intestines du pouvoir et des intrigues amoureuses qui rongent son entourage. Simon Boccanegra, l’opéra de Verdi, est joué au Grand Théâtre de Genève dans une mise en scène de José Luis Gómez d’une rare qualité où modernisme et émotion se côtoient… Cet opéra en trois actes et un prologue est produit conjointement avec le Gran Teatr del Liceu de Barcelone,...

Concert d’ouverture de la SMCQ.

11 octobre 2008

La SMCQ, ou Société de Musique Contemporaine du Québec, débutait sa saison le 8 octobre dernier à la salle Pierre Mercure avec pour ouverture Des canyons aux étoiles du compositeur français Messiaen. Dans le cadre des cent ans de naissance du compositeur, la SMCQ veut rendre hommage à cet artiste complet de l’environnement musical français du XXème siècle. Né en 1908 et mort récemment en 92, Messiaen se qualifia ainsi : ornithologue et rythmicien....




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+