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Stabat MATER présenté par les Grands Ballets de Montréal

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    © Gabriel Talbot/MatTv.ca

    Premier spectacle du nouveau directeur artistique de la compagnie, Ivan Cavallari, Stabat MATER a fait couler beaucoup d’encre avant même sa première. Mis à mal à cause de son affiche promotionnelle jugée trop sanglante pour la sensibilité des riverains, et notamment des citadins bénéficiant des services de la STM, Stabat MATER est pourtant un spectacle tout en retenu et simplicité.

    Stabat MATER se construit en deux parties. La première, qui donne son nom au spectacle, est une chorégraphie créée par Edward Clug sur la plus célèbre composition, Stabat Mater, de Giovanni Battista Pergolesi (Pergolèse). Cette composition est basée sur un poème médiéval du même nom, qui signifie « la mère se tenait debout », du moine franciscain Jacopone da Todi. Maintes fois mis en musique, il définit au fil du temps un genre en soi, dont la version de Pergolèse reste un des chefs d’œuvre. Incarnation de la souffrance de Marie devant la crucifixion de son fils unique, la version de Pergolèse en ressort douze séquences qui alternent solos et duos vocaux, auxquels les danseurs de la compagnie donnent vie. Femmes en blanc, hommes en noir, on assiste à l’accouchement de Marie, ses souffrances en tant que mère, la crucifixion de son fils et sa mise au tombeau. À travers des chorégraphies de groupe symétriques ou simplement un duo mère/fils, on découvre l’enchevêtrement des sentiments de protection, fierté, souffrance, tristesse, peur d’une mère dont le fils a un destin hors du commun. Les costumes et le décor épuré permettent de mettre en valeur la spiritualité et le recueillement qui se dégagent de l’œuvre. Cette pureté transcende cette première partie, lui conférant un aspect intemporel et une certaine sacralité.

    © Gabriel Talbot/MatTv.ca

    La seconde partie, réalisée par le chorégraphe allemand Uwe Scholz (1958-2004) sur la 7e symphonie de Beethoven nous fait sortir de ce moment de méditation et nous emporte complètement ailleurs. Œuvre légère et rafraichissante, elle aère l’atmosphère par sa beauté éclatante. On découvre le tableau d’un bassin, les danseurs portant tous des maillots de bain. Au rythme de mouvements de ballet d’une technicité et précision époustouflantes, on a l’impression d’assister à une nouvelle forme de natation synchronisée, proposant des parties en groupe ou de simples duos. Les danseurs nagent, flottent et s’envolent sur scène dans des élancées spectaculaires et des sourires dignes des plus grandes prestations olympiques artistiques. On assiste bel et bien à une performance, qui nous donne envie de lever, en tant que jury, notre pancarte avec un grand 10.

    Ces deux œuvres sont de styles totalement différents, mais leur ingéniosité et leur inventivité les marient parfaitement. Cette double programmation est absolument magnifique, et j’encourage tout un chacun à bénéficier, s’il en a la possibilité, de cette merveille.




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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