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Lewis Furey s’attaque à Brahms

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QuébecSpot Média

Avec son nouvel album « Haunted by Brahms », l’auteur-compositeur-interprète populaire Lewis Furey a voulu s’attaquer à la traduction et l’interprétation de certains lieder (chansons en allemand) de cette figure emblématique de la musique romantique du XIXe siècle. Parmi les quelques 300 lieder composés par Brahms autour de poèmes mis en mots par des auteurs allemands souvent peu connus, Lewis Furey en a sélectionné 17 qu’il a décidé de nous présenter.

Ses premiers titres sont agréables à l’oreille, mais très vite une certaine monotonie s’installe dans les émotions qu’il tente d’incorporer, sa ponctuation et les modulations de sa voix. Cette voix un peu fragile, parfois tremblante, avec un fond nasillard qui ne parvient pas à envelopper les notes de Brahms et à rendre justice à leur fougue, leurs thématiques virevoltants entre amour et mort, mais surtout leur puissance.

Lewis Furey a confié au média d’information LaPresse.ca : « Je trouve que c’est dommage de dire qu’il faut être Dietrich Fischer-Dieskau pour chanter un lied de Brahms. C’est comme dire qu’il faut être un grand professeur de littérature pour lire un roman. Lire un roman, c’est donné à tout le monde. ». Il ne faut effectivement pas être Dietrich Fischer-Dieskau pour s’octroyer le plaisir d’interpréter Brahms, mais cela ne permet pas non plus d’oublier de retranscrire le romantisme, l’agilité et les subtilités de ses compositions, quel qu’interprète que l’on soit. Avec cette interprétation plus populaire des lieder de Brahms, cet artiste accomplit manque pourtant une certaine profondeur que l’on reconnait dans des interprétations effectivement plus classiques. Sans doute que son interprétation tire davantage vers la balade contemporaine que le poème romantique du XIXe. Il dira d’ailleurs lui-même : « Ils avaient déjà été traduits dans le passé, mais je partage l’opinion de plusieurs traducteurs: on traduit pour sa génération. », et, au-delà de sa traduction linguistique c’est également cette philosophie qu’il applique à son interprétation populaire. Ce fut un pari, et malheureusement il ne conduit pas au résultat escompté.

La créativité, l’attention et le respect de ce grand artiste montréalais méritent cependant d’être salués malgré l’adaptation proposée. La passion y est palpable, le piano y est impeccable et la rythmique bien affûtée y offre des reflets jazz. L’idée de rendre accessible des morceaux de Brahms, peut-être moins connus, en les offrant au grand public dans une formulation anglaise moderne est également remarquable, bien que la compréhension orale des textes ne soit pas toujours évidente. On salue donc l’initiative bien que le résultat me paraisse plus mitigé. Finalement, il serait intéressant de voir ce que cet album donne sur une scène live, certaines de ses lacunes pouvant en effet y être comblées!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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