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L’ONJ sous la baguette de Christine Jensen

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Apparition de l’Orchestre National de Jazz jeudi dernier, pour présenter la nouvelle œuvre de la compositrice Christine Jensen « Under The Influence ». Le concert s’est donné à la Maison de la Culture Ahuntsic-Cartierville à travers le programme du Conseil des arts de Montréal : « CAM en tournée ».

Pour l’ouverture, nous avons eu droit aux compositions de la chanteuse et parolière Sienna Dahlen, dont les trois morceaux se dévoilèrent crescendo, trouvant leur apothéose dans la chanson Venitzia, interprétée par Sienna pour clore le concert. Très jolie découverte que cette voix montant comme une plume dans les aigus et maitrisant impeccablement les modulations. Cependant, replacée dans le contexte d’une atmosphère jazz, on remarque qu’à partir du moment ou Christine Jensen prend la direction des choses, la chanteuse ne trouve plus tout à fait sa place. Timbre de voix et mouvance peu adaptés, les mouvements que la compositrice lui fait entonner n’apporteront pas la touche escomptée. Le décalage vient peut-être du répétiteur qui donne un décalage entre un mouvement de voix lancinant qu’il accentue et une ambiance jazzy d’un autre registre.

En ce qui concerne le plat de résistance, de très beaux solos, mais une harmonie d’ensemble qui laisse à désirer. Christine nous propose dans une première partie dédiée au trompettiste Kenny Wheeler, un solo de trompette exquis, mais entouré par l’enveloppe d’un mélange instrumental légèrement surchargé. Le second mouvement, cette fois dédié au pianiste Jan Jarczyk, nous propose un solo de saxophone soprano remarquablement exécuté. Puis c’est au tour de la batterie de briller un peu, exécutant une transition légèrement timide mais très technique avec le troisième mouvement. C’est cette fois au compositeur John Coltrane que la chef d’orchestre rend hommage, nous proposant un ensemble plus harmonieux, épuré et rythmique qui lance une sorte d’appel à la liberté. On notera d’ailleurs un solo de clarinette basse tout en maitrise et volutes.

La quatrième partie, inspirée du « Out of Nowhere » de Lee Konitz restera gravée dans ma mémoire pour la surprise insolite qu’elle propose : un solo de trombone sur mesure. Cas de figure plus rare, le trombone emporte ce qu’il restait d’hésitation en moi et élève ce quatrième mouvement. Le final commence alors, nettement moins engageant, et je reviens à la réalité. Le solo de contrebasse ne m’enlève pas vraiment. Malgré quelques bons effets de son, l’instrument reste largement sous-exploité et je reste sur ma faim. Heureusement, arrivés à la moitié de la partie, les saxophones reprennent la main pour redonner une cohérence et une énergie dévastatrice comme ils savent en communiquer si facilement. Nous voilà repartis, tout l’orchestre s’y met et ensemble, ils unissent leur sonorité sur un bouquet final assourdissant de réussite!

On regrettera finalement le piano, qui semble absent, la guitare et la contrebasse qui laissent entrevoir un beau potentiel qui ne sera malheureusement jamais engagé complétement, et la qualité du son qui n’était pas vraiment au rendez-vous, la salle et l’acoustique n’étant effectivement pas idéals.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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