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Entrevue stratosphérique

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  • Oronos est une société technique qui impressionne toujours beaucoup les nouveaux (voire aussi les moins nouveaux) de Polytechnique parce que quand même, faire une fusée, ça en jette! Pour vous montrer que ce sont des gens comme vous et moi qui accomplissent à chaque année leur rêve de gamin de faire voler des fusées, et aussi surtout pour vous donner envie d’en faire de même, Le Polyscope est allé à la rencontre de son directeur.

    LE POLYSCOPE: Qui est Christophe Absi?

    Ce jeune homme fringant en est à sa première session en tant que directeur d’Oronos. Avant de devenir l’illustre Premier Homme de cette société technique qui fait la fierté de Polytechnique, il a flâné 2 ans et demi dans le C-572 à s’occuper des communications et de l’aérostructure. Il fréquente bien ses cours de génie mécanique, mais il serait prêt à les sacrifier (à nouveau!) pour sa société technique, elle qui l’a attiré dès sa première session à Polytechnique de par ses projets. En effet, il aime l’espace, le feu, les trucs qui volent et, évidemment, les fusées.

    LE POLYSCOPE: Comment a-t-il fait pour bien s’intégrer dans sa société?

    Il a connu un début doux, mais rapidement il s’est senti interpellé énormément par le projet, ce qu’il l’a poussé à aller en compétition après seulement une session. Sa confidence : c’est ce qui fait que tu te sens à 100% dedans, parce que c’est là que tu peux vivre un vrai trip de gang sur le projet. C’est là que tu te rends compte à quel point tu as envie d’investir dans le projet. Autrement, Oronos est une grosse équipe accueillante, et il y aura toujours l’avantage de te faire des amis plus âgés qui peuvent t’aider dans tes travaux.

    LE POLYSCOPE: Qu’est-ce qu’Oronos?

    Oronos date de 2006. C’est la seule ST supersonique de Polytechnique. Parmi la cinquantaine de membres, on y retrouve des individus de tous âges, des 2e année comme des candidats au doctorat. Les membres aux cycles supérieurs sont là en général pour offrir leurs conseils. Le directeur estime qu’on y retrouve environ 10% de femmes et que les génies les plus représentés sont le mécanique et l’aérospatial. Il y a également quelques membres issus d’informatique et de logiciel, d’électrique, de physique et occasionnellement d’autres programmes. À chaque année, Oronos fabrique deux ou trois fusées qui devront être prêtes pour le lancement.

    LE POLYSCOPE: À quelle compétition participe Oronos?

    La compétition à laquelle elle participe est l’Intercollegiate Rocket Engineering Competition (IREC), qui se déroule une fois par année au mois de juin. Oronos a gagné trois fois la première place, et a aussi établi le record de précision, encore invaincu à ce jour. Des gens de partout dans le monde participent à cet événement qui a accumulé 120 inscriptions de fusées cette année. Les fusées peuvent être inscrites dans l’une des six catégories.

    LE POLYSCOPE: À quoi peut s’attendre un nouveau?

    Ce qui est intéressant avec Oronos c’est qu’on met les nouveaux à l’ouvrage dès leur première semaine dans la ST : on leur fait faire une fusée complète au début de l’automne jusqu’à la mi-octobre. L’an passé, ils étaient une quinzaine à s’y mettre. Ainsi, ils peuvent voir le processus de création d’A à Z et ils peuvent assister à son lancement. En général, les nouveaux qui passent à travers ce premier projet finissent par rester dans l’équipe

    LE POLYSCOPE: Quelles sont les activités qu’Oronos fait pour le recrutement? Est-ce que ça fonctionne bien?

    Chaque année, Oronos profite de tout ce qui est mis à sa disposition : agenda, Polyscope, journée du Pinep, foire des ST, affiches, Facebook, Portes ouvertes, … Les recrues potentielles abondent; une soixantaine de personnes écrivent leur nom sur la liste des intéressés lors de la journée du Pinep, la moitié d’un amphithéâtre est remplie lors de la première rencontre d’informations. Par contre, au final, il n’y aura qu’environ une dizaine de nouveaux membres chaque année qui se seront suffisamment impliqués dans les activités d’Oronos pour en compter.

    LE POLYSCOPE: Quel est le vœux pieux d’Oronos pour le futur des ST?

    Ce serait bien de garder plus de monde. Aussi, comme Oronos est dans le même local qu’Avion cargo, il peut y avoir un partage de connaissances techniques. À un degré plus utopique, cependant, ce serait idéal d’avoir une aile où toutes les ST avec leurs ateliers pourraient échanger des connaissances. En ce moment, l’atelier est très, très loin (proche du pont Victoria), et ça refroidit les ardeurs des nouveaux.

    LE POLYSCOPE: Quel niveau d’implication Oronos exige d’un membre?

    Oronos prend ce que les nouveaux sont prêts à donner. Évidemment, plus une personne s’implique, plus elle aura de plaisir parce que les gros projets longs sont les plus passionnants.

    LE POLYSCOPE: Vivre la compétition avec Oronos, ça ressemble à quoi?

    Toute l’année, l’équipe est en préparation jusqu’au jour avant le départ, où elle finalise ses derniers tests. Parfois, il reste même des tests à faire en compétition. Le départ venu, Oronos prend deux voitures pleines de matériel à ras bord et roule durant 3500 km jusqu’au Nouveau-Mexique. Sur place, pas de repos pour les membres de l’équipe. Le lever est avant l’aurore les jours de lancer parce qu’il faut conduire deux heures de l’hôtel jusqu’au site en plein désert, là où la chaleur sera harassante. La nuit, il faut tester encore et encore pour s’assurer que tout se passera bien durant les lancements. Les autres jours, il peut y avoir des présentations, comme des présentations avec affiches ou des présentations sur podium. Les premières sont obligatoires et les juges leur attribuent des points, tandis que les secondes servent à présenter certaines particularités originales des fusées et sont optionnelles. Pour clore l’événement en beauté, il y a également un banquet final avec toutes les équipes. Durant toute la compétition, les équipes ont la possibilité de rencontrer d’autres nerds qui aiment les fusées de partout dans le monde. Des compagnies en lien avec le domaine comme la NASA et SpaceX viennent elles aussi assister à l’événement pour discuter avec les concurrents.

    LE POLYSCOPE: Qu’est-ce que Christophe Absi préfère d’Oronos? Qu’est-ce qu’on gagne à être dans une société technique en général?

    Christophe Absi, qui s’ennuyait dans ses cours magistraux, n’a trouvé la pratique à Polytechnique qu’en s’impliquant au sein d’Oronos. C’est donc l’opportunité d’apprendre différemment qui a été la plus gratifiante pour lui. Il mentionne également que c’est magique d’avoir une fusée qui survit à son lancement, et qu’il en tire un grand sentiment de fierté. En fait, même si la fusée ne survit pas, on peut toujours tirer des leçons de ses erreurs. Finalement, le sentiment d’accomplissement partagé par toute l’équipe renforce énormément la cohésion au sein du groupe dont les membres se sentent très, très soudés.

    LE POLYSCOPE: Quels sont les projets en vue cette année?

    Le tout nouveau moteur hybride sera le plus gros morceau sur lequel Oronos va travailler cette année. C’est une grosse catégorie de la compétition et très peu d’équipes la réussissent. Cette année, une université a réussi. Il reste à finir le design, faire les systèmes d’avionique et la fusée qui contiendra ce moteur. Aussi, Oronos aimerait faire une nouvelle fusée supersonique. Elle cherche généralement à en faire deux ou trois, mais il y a toujours des délais avec les lieux de test, des délais avec les permissions pour les tests, des limitations avec les nombres de membres dans la ST…

    questions en rafale:

    Où se voit Christophe Absi dans le futur?

    Il aimerait finir son baccalauréat en génie mécanique puis faire une maîtrise en matériaux composites. Ensuite, il verra!

    Dans trente ans, qu’est-ce qui lui restera d’Oronos comme souvenir?

    Il se voit encore sabler le blue tube.

    Autres que les fusées, qu’est-ce que les membres d’Oronos ont en commun?

    Ils aiment le feu. Ils ont beaucoup d’heures passées sur KSP sous la ceinture.

    Autre que les fusées, qu’est-ce que vous aimez envoyer en l’air?

    Le boîtier d’avionique.

    Combien de cafés aujourd’hui?

    Limite quand n tend vers l’infini de n.

    C’est quoi un drink typiquement Oronos?

    Le Car bomb ou la Cuivrée.

    Question mode : les tendances automne hiver cette année?

    Ne pas mourir.

    Merci Christophe!




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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