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Dossier : les nouveaux vieux internationaux sont parmi nous!

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    Un choc des cultures palpable

    Dossier spécial : Quatre étudiants français témoignent sur leur arrivée à la Poly.

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    SOMMAIRE DU DOSSIER

    Just’une intro : L’obscure arrivée des êtres transatlantiques

    Introduction par Justin Cano

    Ils sont parmi nous, ils sont là. Ils viennent, errent, triment et se repèrent, certains partent l’hiver d’autres restent tantôt. Mais qui donc sont ces nouveaux, qui battent les pavés des Lassonde, du Bombardier et du Principal, telle une onde grimpant vers les salles? Oui, ces derniers font partie de la vie de la Polytechnique, les lignes qui suivent éclaircissent quelque peu cet abondant flot international.

    Un être transatlantique

    Les élèves étrangers se composent tout d’abord en deux groupes : les étudiants réguliers et les étudiants en échange. Les premiers sont souvent à la maîtrise ou au doctorat et sont souvent connus pour être répétiteurs ou chargés de laboratoires. Souvent on a tendance à les vouvoyer alors qu’ils ne sont pas pantoute plus âgés que vous : parole de Marseillais, je l’ai vécu. La deuxième sorte n’est pas trop différente de la première si ce n’est que les élèves ne seront pas diplômés pas à Poly mais dans leur établissement d’attache. En fait c’est un peu comme faire des crédits CREPUQ à une université distante — disons McGill — mais sauf qu’au lieu d’emprunter les bus de la STM, vous devez emprunter un vol pour P-E Trudeau…

    Les cas pathologiques

    Mais certains s’amusent à faire une combinaison des deux, on parle des doubles-diplômés. En plus d’obtenir un diplôme de maîtrise de la Polytechnique, ils terminent leur maîtrise dans leur établissement d’attache ou leur diplôme d’ingénieur. Les témoignages qui suivent sont tous dans ce cas précis de figure, des étudiants en double diplôme et Français. La question que l’on est en droit de se poser est la suivante : que diable viennent-ils faire ici ?

    Des Français prétentieux se disant gradués du bac à 18 ans!

    Tout d’abord, il faut comprendre la différence des systèmes respectifs. Tout commence à dix-huit ans, alors que les Québécois sont déjà diplômés du secondaire et au CÉGEP depuis près d’un an, les Français sortent de leur lycée avec un bac en poche. Un bac? Oui… enfin un bac français est un diplôme secondaire. Imaginez-vous quand ces derniers parlent à leur famille et disent qu’ils passent leur bac à vingt-quatre ans, souvent on a des beaux quiproquos…

    « No weekend! »

    Après ce dernier, une période de sélection par dossier permet aux jeunes désireux de faire du génie d’incorporer une prépa. La prépa… est un vivier où un final de quatre heures tombe à chaque semaine, deux heures d’oraux, « les colles », viennent également s’ajouter au festin et quelques 40 heures de cours par semaine sont dispensés. Et ce pendant deux (ou trois) ans. La belle vie quoi! Un jour, mon professeur de maths s’amusa à parodier un certain monsieur Barack O. : « Yes you can, but no weekend » ceci résume bien la trame. Après des concours s’étalant sur deux mois et avec 40 heures d’épreuves en moyenne par banque (il existe selon les filières 4 à 5 banques de concours), les jeunes intègrent une école d’ingénieurs. Enfin.

    Pourquoi le « DD » alors ?

    Il faut savoir que pour devenir ingénieur en France, les élèves doivent faire au moins 24 semaines à l’étranger. Le double diplôme (DD) permet non seulement de remplir ce critère (deux ans de présence) mais en plus d’empocher un diplôme supplémentaire pour un an en sus seulement. Car oui, la maîtrise dure deux ans. L’« élève-ingé » quitte la France dans sa deuxième année sur les trois qu’il est supposé faire dans son cursus. C’est un certain gain de temps, ce qui explique le jeune âge de certains étudiants aux études supérieures provenant d’outre-Atlantique.

    Mais assez disserté, place aux témoignages de nouveaux « vieux » (re)découvrant la Belle Province !


    Retour d’expérience : Un Marseillais à Poly

     

    Le journal d’Arnaud Venet

    23 août – Arrivée à Montréal. Je pose les valises et, avant de visiter Montréal, je décide de passer sur le campus de Poly pour avoir une idée de ce qui sera mon école pour les deux prochaines années. J’aperçois d’abord les bâtiments des HEC, d’autres de l’UdeM puis enfin ceux de Poly. Je continue jusqu’au CEPSUM. Je commence à comprendre la différence d’échelle avec les écoles françaises. Déjà, deux arrêts de métro desservent le campus, contre un arrêt de bus à Centrale Marseille.

    25 août – Cette fois-ci, je pars visiter l’école. Arrivé tardivement à Montréal, je n’ai pas fait la visite organisée pour les étrangers, mais je rattrape mon retard grâce à un ancien. J’entre dans les pavillons Lassonde, et la première chose que je vois c’est, … un escalator. Ça paraît idiot, certes, mais en France, les escalators c’est pour les gares, le métro ou les supermarchés, pas pour les écoles. J’ai compris leur utilité en voyant les 7 niveaux du pavillon. Je prends doucement conscience de ce que signifie « campus à l’américaine ».  Et ce n’est que le début, car à Poly, un pavillon de 7 étages peut en cacher d’autres. Après avoir fait le tour de l’école, je dresse le bilan. Trois cafétérias dans l’enceinte même de l’école, un bar, une bibliothèque sur un étage entier, des dizaines d’amphi et salles de cours.

    28/29 août – C’est la rentrée, pas de cours pour moi, mais je me rends à Poly pour faire tout ce qui est paperasse. Au programme : carte étudiante, carte STM et papiers d’immigration pour le registrariat. Programme partagé avec d’autres étudiants apparemment, beaucoup d’autres. On me donne un ticket avec un numéro pour attendre mon tour, comme si j’étais en France à la boucherie. L’attente est longue, mais j’avais tout ce qu’il me fallait le mardi soir. Ce n’est pas rien, à Marseille, j’étais inscrit un mois après la rentrée, et j’ai attendu ma carte étudiante un mois de plus encore. Dernière chose, les casiers. J’ai tourné 15 minutes pour trouver celui qu’on m’a attribué, au 5e étage du pavillon Principal. Pratique en plus, il est à l’extrême opposé de l’entrée des pavillons Lassonde.

    30 août – Mon premier cours en génie informatique. Je découvre vos chaises en amphi, qui bougent selon trois degrés de liberté, contre zéro en France. Je suppose que c’est comme ça qu’on surmonte les trois heures d’amphi consécutives, le double de ce que j’avais à Marseille. Autres anecdotes inhabituelles : un étudiant revient dans l’amphi avec une barquette de frites après la première pause et, en sortant, je croise un homme en plein drift sur une laveuse de sol;  je me demande comment il passe les escalators. Bref, c’est normal à Montréal.

    Je n’ai même pas parlé du CEPSUM, le premier gymnase sur plusieurs étages que je vois. À Marseille, il n’y a rien sur le campus, et tu dois te taper minimum 30 minutes de congestion pour trouver le premier terrain.

    Le choc culturel n’est pas non plus immense, mais quand même. Les promotions sont dix fois plus grandes ici, et j’ai bien l’impression qu’on peut vivre à Poly. L’école ne ferme jamais. Tu peux même retirer de l’argent. Il ne manque plus que des couchettes, et on pourrait inscrire Poly sur Airbnb.


    À la conquête des grands espaces

     

    Un récit émouvant d’un Français par Quentin Lenet

    En France, on dit souvent que « L’Amérique (du Nord), c’est la démesure, les grands espaces ». Dès la sortie de l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau, cette sensation est très présente pour un Français fraîchement arrivé, qui plus est si celui-ci a passé la majorité de sa vie dans des villes de taille moyenne, loin de la métropole parisienne!

    Avançant lentement à bord du fameux bus 747, dans les embouteillages de la fin d’après-midi, je me suis amusé à compter le nombre de voies de circulation… 5 dans chaque sens! Digne du fameux Boulevard périphérique de Paris, interface entre la capitale de 2 millions d’âmes et sa banlieue regroupant 10 millions de Français! Dans le reste de la France, on ne dépasse jamais les 3 voies de circulation. Une fois sorti du bus, je regarde mon plan de la ville pour me situer : je vois 1cm = 2km… Il doit y avoir une erreur… Une rapide vérification sur Wikipédia me confirme bien que Montréal fait plus de 20 kilomètres de long!

    Un choc des cultures palpable

    Après avoir utilisé le métro, j’ai pu apprécier la différence d’agencement urbain entre Montréal et la dernière ville dans laquelle j’avais étudié, Marseille. Finies les ruelles étroites, tortueuses, et plutôt chaotiques de la cité phocéenne, et bonjour aux avenues rectilignes sur des kilomètres, et aux intersections en angle droit. Ayant été habitué au style de conduite peu académique du Marseillais (non représentatif du Français moyen, je vous rassure), il va sans dire que le civisme du conducteur québécois m’a particulièrement bluffé.

    Il est également à noter que la vue d’une autoroute passant au milieu d’une ville est très inhabituelle en France. De manière générale, les autoroutes contournent la ville, ou s’arrêtent un peu avant.

    Premier choc culturel

    Une fois mon horloge biologique retardée de six heures, je suis sorti acheter de quoi manger. Habitué à placer moi-même mes achats dans mon sac, c’est à ma grande stupéfaction qu’une personne est venue ranger mes achats à ma place, me laissant les mains libres pour régler… Voilà qui aurait bien plu à ma mère!

    Mais la différence la plus choquante pour un maudit Français comme moi est l’utilisation systématique du tutoiement entre deux personnes qui ne se connaissent pas. C’est assez déroutant quand on sait qu’en France, la norme est le vouvoiement : seuls les collègues de travail et amis se tutoient. Cela permet de distinguer un Français d’un Québécois dès le premier mot! De même, l’utilisation de « salut » n’est utilisé en France qu’entre amis.

    Le Québec c’est aussi un sanctuaire de la Francophonie, au milieu d’un continent quasi intégralement anglophone. Je ne peux m’empêcher d’illustrer ce propos par les légendaires panneaux « Arrêt », corrigeant l’anglicisme odieux qu’est le mot « Stop » utilisé chez moi. Cette quête de la Francophonie parfaite mène également à la création de mots inconnus en France : « magasiner », « clavarder » (au lieu de « tchater », anglicisme usité en France).

    En résumé, je viens de découvrir un monde nouveau, même sur le plan linguistique, mais ma première expérience tend à montrer que l’adaptation est assez facile, grâce à la gentillesse des personnes que j’ai rencontrées à date.


    La rentrée d’une bientôt-croûte d’école d’ingé

    Un témoignage édifiant par Audrey Muchembled

    Quand on ne sait pas trop quoi faire entre deux cours d’option obligatoires et que tous les sudokus de notre Polyscope sont déjà complétés, il y a de petites questions amusantes à se poser. Qu’étais-je en train de faire le 8 septembre, non de 2017, mais des années 2012, 2008 ou encore 2001? À quoi ressemblait alors le jour de ma rentrée?

    Un général rentrant avec ses premières classes

    Récemment, dans le cadre de la rédaction de ce numéro spécial rentrée et intégrations du Polyscope, je fus amenée à repenser à ce qu’a pu être mon état d’esprit du jour de la rentrée dans les différentes écoles que j’ai fréquentées durant ma courte vie, des années avant d’arriver au pied des pavillons Lassonde.

    Le 8 septembre 2001, j’étais sans doute à l’école primaire. La rentrée était pour moi à cette époque stressante et excitante à la fois : j’étais enfin une « grande » qui entrait à l’école. Mes cahiers immaculés dans mon cartable, j’avais pour mission de réussir mon année seule, sans ma maman à mes côtés toute la journée. Je sentais alors pour la première fois le poids d’une responsabilité sur mes épaules, ainsi que celui d’une crainte un peu plus personnelle : qu’une fille aussi timide que moi ne parvienne pas à se faire des amis. Ma rentrée en 2008 se faisait au collège secondaire. Les deux choses qui me préoccupaient alors le plus étaient certainement la dernière marque de sac à dos à la mode et ma paire de Converse neuve. En effet, à cette époque-là, comme tous les autres étudiants, je m’appliquais tant bien que mal à surtout tout faire comme tout le monde, puisqu’un élève n’appartenant ni au clan des gens populaires ni au stéréotype de l’étudiant moyen passait automatiquement du côté obscur du bahut : celui des « victimes ». Et personne ne veut être une victime, même à 13 ans. En septembre 2012, à 17 ans, je me demandais ce que j’allais bien pouvoir faire de ma vie professionnelle et vers où je devrais orienter mes études en conséquence : plutôt scientifique pour aller là où l’emploi est, ou plutôt littéraire pour assouvir mes désirs artistiques? Je n’avais pas la moindre idée de ce à quoi pouvait bien ressembler le monde universitaire et j’avais l’impression d’avancer les yeux bandés vers le bord d’une terrible falaise…

    Plus tard, mon bac français en poche et désormais à l’école d’ingénieurs, la rentrée était à présent une bonne nouvelle, synonyme de retrouvailles pour ma gang d’amis, avec laquelle j’allais passer encore une année à rire, boire et même parfois étudier. Je savais désormais qu’aucun choix universitaire n’était purement irréversible, et qu’au-delà des sujets étudiés, les employeurs regardaient surtout les projets, les expériences et la motivation des candidats. Ces dernières années, une partie non négligeable de ma joie était aussi due à l’intégration des nouveaux, avec la découverte de nouvelles têtes et la transmission de « l’esprit de l’école d’ingénieurs » à travers les courses de ballon du PINEP et les descentes de pichets de Molson cul-sec.

    Et quel est alors mon état d’esprit aujourd’hui, le 8 septembre 2017, les intégrations venant juste de se terminer? Il faut d’abord dire qu’elles ne sont pas vraiment pensées pour les cycles supérieurs. Se voir affublé du même t-shirt que son voisin et devoir réaliser ensemble des défis ridicules en chantant des refrains grivois à tue-tête, on a déjà donné (bien que j’avoue tout de même avoir toujours un petit faible pour le dernier point). Comprenez bien, on n’est pas poche, c’est juste qu’on a déjà fait cela tout comme vous durant nos premières années, puis on l’a fait faire aux autres, alors maintenant on n’a pas envie de recommencer en bas de l’échelle, même si on débarque en double diplôme dans une nouvelle école. Nos envies ont évolué et c’est normal. On aimerait que notre vie avance, avoir l’impression d’aller enfin quelque part — ailleurs que sur les canapés de la Maisonnée. Ma vie à moi a avancé, tant et si bien que je me retrouve dans ma dernière année avant ce grand gouffre s’appelant « insertion dans la vie professionnelle ». Lorsque j’ai réalisé qu’il ne me restait que deux sessions à passer avec mon statut d’étudiant, j’ai eu une réaction spontanée : attraper un pot de coloration violette et me teindre les cheveux. En violet. Plutôt prune pour être précis, mais je pense que ce n’est pas très important ici. Pourquoi avoir fait ça ? Parce que j’ai réalisé que c’était le moment de « GO WILD » : dans un an, je ne pourrai sans doute pas me permettre de me présenter à la job avec la même couleur de cheveux que Katy Perry; je serai davantage jugée sur mon apparence au milieu de gens trop sérieux que je ne connais pas encore.

    Ainsi, s’il y a quelque chose qui vous a toujours tenté mais que vous n’avez jamais osé, dites-vous que cette année, c’est le moment de le faire. Et si ça vaut peut-être pour les couleurs de cheveux excentriques, ça vaut surtout pour toutes les autres expériences de nature non capillaire. Vous vous demandez à quoi peut bien ressembler l’improvisation théâtrale? Dans un an, ce ne sera pas aussi facile que de simplement passer la porte d’Allô Poly un jeudi soir et de lancer un « Yo man, j’veux faire de l’impro ». Vous devrez vous débrouiller pour trouver une troupe, payer des cours, et espérer que le tout s’imbrique correctement dans votre emploi du temps. Vous avez envie de raconter votre dernière fin de semaine à Tadoussac ou d’écrire un pamphlet sur les travaux du tunnel de la rampe? Je ne sais pas si Le Devoir acceptera votre papier aussi facilement que Le Polyscope…

    Essayez de voir vos années d’études comme le bac à sable de votre vie. L’occasion de vous essayer à des activités que vous n’avez encore jamais faites, comme vous initier aux responsabilités de votre comité, à l’organisation d’évènements, ou au management d’équipe;  l’occasion de tester un autre mode de vie, comme devenir végé pendant un mois, ou encore de mettre le nez dans divers sujets de cours afin de trouver celui dans lequel vous voudrez exercer votre métier; l’occasion d’expérimenter les cheveux violets… Vous avez le droit de vous tromper, de rater, d’abandonner, ou même de ne pas aimer. Ce sont vos études et votre gang d’amis; pas votre job et les personnes qui paient votre salaire.

    Évidemment, j’espère fortement que le monde du travail n’est pas aussi fermé d’esprit et rigide que je le fais croire ici et je reconnais pleinement tout l’engagement que demande la vie étudiante, qui n’est pas toujours sans conséquences réelles. J’essaye seulement de vous inciter à vous impliquer, dans les comités ou dans votre vie. Vous avez la chance inouïe d’avoir une foultitude de possibilités devant vous — techniques ou artistiques — et un emploi du temps d’étudiant qui vous permet de chercher, de trouver, ou de vous adonner à votre nouvelle passion; en somme toutes les clefs en main pour vous trouver ou juste vous amuser! La seule chose qui vous retient d’essayer, c’est vous. Alors profitez de ces opportunités tant qu’elles s’offrent à vous — si vous en avez envie, évidemment —  avant qu’il ne soit trop tard et que ces années de jeunesse étudiante soient derrière vous. Conseil d’une bientôt-croûte d’école d’ingé. Ah, et si vous croisez une fille avec les cheveux violets dans les couloirs, n’hésitez pas à lui dire bonjour.

    Et vous, que faisiez-vous le 8 septembre d’il y a quelques années?




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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