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Quand Footloose arrive in town!

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    Les deux personnages principaux de Footloose

    Un journaliste du Scope se rend au tapis rouge au festival Juste pour rire afin d’assister à la comédie musicale grandement attendue, Footloose.

    Les deux personnages principaux de Footloose du festival Juste pour rire 2016-2017  © Page facebook du Théâtre St-Denis

    Le festival Juste Pour Rire pour sa 35e édition nous amène l’adaptation québecoise de Footloose. Mise-en-scène, traduction et adaptation réalisés par Sergio Postigo, présentement commissaire des célébrations du 375e, il a aussi été nominé deux fois aux Olivier pour sa mise en scène de Vu d’même (2010) et Seul comme un grand (2016). Il signe plusieurs autres comédies musicales populaires adaptées au public Québecois.


    On connait tous (supposément) le film très populaire des années 80, Footloose. Dans lequel on suit, ainsi que tout le village de Beaumont, l’histoire amoureuse de deux adolescents charismatiques. Ren McCormack (le plus charismatique des deux) vient tout juste d’arriver en ville avec sa mère. Un peu voyou et surtout, ayant Chicago dans le coeur, il a du mal à s’intégrer dans la communauté de Beaumont qui, par son isolement, est devenu son propre écosystème. Ariel elle, bonne petite fille, a grandi dans une famille trop stricte et face à sa crise d’adolescence, elle cherche par tous les moyens perturber son père, le pasteur du village.

     

    On reconnait tout de suite le scénario d’amour adolescent en campagne, refait, repris et réimaginé ad nauseam. Par contre, Footloose n’a pas été un succès grâce à son histoire révolutionnaire. Dans cette version, seulement par la justesse des détails de la mise en scène, de la culture villageoise et du dialecte des personnages, on se retrouve embarqué dans la pièce sans l’avoir remarqué.Footloose c’est d’abord et avant tout l’histoire d’un village, au beau milieu de nulle part, avec toutes les excentricités qui viennent avec l’isolement. On se retrouve dans le village de Beaumont, en quelque part dans la campagne États-Unienne, avec des personnages très typiques mais familiers et bien construits.

     

    L’adaptation États-Unis/Québec se fait par la traduction d’une part de l’œuvre, principalement les chansons qui servent à faire avancer l’histoire. Ce switch français-anglais est expliqué par le fait que le village de Beaumont est bilingue, comme on en retrouve en excès le long de la frontière Ontarienne-Québécoise. Les personnages parlent donc un franglais ou frenglish qui est peut-être very familiar pour some of us. Ce genre de performance est donc plus naturelle pour beaucoup de québécois dont une certaine partie des acteurs de Footloose.

    Par contre, la superposition de l’accent très québécois ou franco-canadien avec les personnalités particulièrement anglophones de l’histoire m’a donc un peu dérangé tout au long de la pièce, même si elle provient d’une excellente adaptation du film original de Footloose. La description de la situation Footloose est simplement beaucoup trop familière pour se dissocier du clash entre les personnages et leur manière de s’exprimer.

     

    Ce clash Religion/petite vie se fait de manière complètement différente au Québec, c’est-à-dire que culturellement, on donne beaucoup moins d’emphase aux tabous anti-sexe et anti-festivités.

    Je réitère cependant que l’adaptation est excellente, parce qu’outre mon inconfort avec la mentalité américaine superposée à l’accent québecois. Les habitants de tels villages portent souvent l’accent décontracté du sud des états-unis, et l’accent québecois est un excellent équivalent français.

     

    Finalement, le jeu des acteurs est pour la plupart bon, mais on remarque clairement quels acteurs sont d’abord danseurs et lesquels sont d’abord chanteurs. Ça nuit un peu à la qualité autrement excellente du spectacle, surtout si l’on est habitué aux athlètes et artistes doublement accomplis de Broadway. Il ne faut cependant absolument pas douter de l’habileté des chanteurs et des danseurs, qui dans leurs disciplines respectives sont hors pairs. Sinon ce qui était aussi dérangeant c’était l’actrice principale jouant Ariel, qui n’était pas exactement charismatique. Heureusement, elle est toujours entourée d’acteurs de meilleur calibre qu’elle, et sa voix est à un tout autre niveau.

    La mise en scène, quant-à-elle est très ingénieuse, et très bien utilisée en choréographie. Chaque pièce de la scène est serviable et fait savoir instantanément tous les évènements inédits ou raccourcis. Elle est le plus remarquable en début de pièce, parce que l’immersion dans la vie des habitants de Beaumont est tellement vite exécutée qu’on en oublie de s’attarder aux détails.

    Je recommande absolument à tous, amateurs ou non de comédies musicales de voir Footloose. On y rit, il y a une bonne dose de fanservice qui va main-dans-la-main avec le thème de d’acceptation de sexualité et de fun, et en plus, il y a du Bonnie Tyler. Quoi demander de plus?

     

    Footloose jouera encore du 11 au 15 juillet 2017, il est encore temps d’y assister!


    Sur la scène, nos deux personnages principaux sont joués par Philippe Touzel (Ren McCormack) et Éléonore Lagacé (Ariel Moore). Touzel a joué plus récemment dans Grease du festival Juste pour rire 2015-2016 et dans la Mélodie du Bonheur. On a découvert Lagacé dans La cours des grands de Gregory Charles, mais elle a participé à la comédie musicale Grease et a joué dans 30 Vies. Elle est maintenant aux études en chant classique à McGill.

    Philippe et Éléonore dans leurs rôles respectifs © Juste pour rire




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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