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Le mariage de Figaro : sourire jusqu’aux oreilles

Le 26 avril dernier, le Ballet national d’Ukraine s’installait à la salle Wilfried-Pelletier. Cette pièce drôle et absurde traitant des privilèges aristochratiques tels l’adultère, mais aussi d’amour et d’accomplissement personnel. La censure de 1780 est désormais bien lointaine tant cette œuvre a été jouée, modifiée et même adaptée en opéra par Mozart!

Les arts de la scène cherchent à la fois à impressionner et à trouver un équilibre entre le jeu direct (la performance) et l’indirect (la mise en scène). Le premier fait office de caviar visuel alors que le second se joue plus en subtilité, pouvant conforter ou déstabiliser le spectateur. Le ballet permet de profiter de la danse comme support additionnel. Le ballet ukrainien, quant à lui, munis de danseurs puissants et de danseuses hyper délicates, se range bien dans cette catégorie. Cette grande compagnie, menée auparavant par le mythique chorégraphe Viktor Iaramenko – nommé artiste du peuple en Ukraine – a maintenant confié les reines à Aniko Rekhviashvili, récipiendaire de la même distinction et connue pour son énorme succès de 2014, La dame aux camélias. Bien que le tout reste assez fidèle à l’œuvre originale de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, elle y rajoute une pointe d’humour supplémentaire, dans une mise en scène très physique, mouvementée et généreuse en prouesses acrobatiques. En aval : un agréable exercice de machoire, au grand plaisir des témoins.

 

Le beau Figaro et sa fiancée Suzanne, tous deux servants du comte Almaviva, préparent leur mariage. Cette union nécessite cependant la bénédiction du comte, qui est éperdument amoureux de Suzanne. Le jeune Chérubin, encore trop vert, n’a d’yeux que pour la comtesse et la maladroite Marceline crève l’écran! D’autres amours non réciproques et unions déséquilibrées alimentent également cette course aux noces dont les participants ne sont pas nécessairement connus d’avance.

 

Un élément marquant de la pièce fut cet écart absolument original à la mise en scène consistait au rôle de cette excentrique Marceline, jouée par un danseur habile (Vitalii Netrunenko) et dont le camouflage était stratégiquement défaillant. Cependant la défaillance se limitait là tant le jeu était tantôt impeccablement féminin, tantôt ridiculement hilarant. Et que dire des pointés! Même les personnages de Suzanne et de la comtesse jouées par Kateryna Kuhar et Oksana Guliaieva – très réussis aussi – ne faisaient guère mieux!

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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