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Another Brick In The Wall: première mondiale de la version opéra !

Hier, c’était soir de première dans le quartier des spectacles. Pour la première mondiale de l’adaptation à l’opéra de cette pièce déjà déclinée à plusieurs reprises, l’emblématique Roger Waters nous a même honorés de sa présence.

À travers la performance époustouflante du baryton Etienne Dupuis, Pink Floyd a de nouveau eu l’opportunité de faire vibrer les représentants de cette génération de baby-boomers rassemblés à l’occasion de ce show rock’n’roll de plus de deux heures.

Le spectacle s’ouvre sur la scène du crachat de Roger sur un de ses fans lors d’un concert donné par Pink Floyd à Montréal en 1977. De là démarre une introspection du bassiste et voix du groupe mythique, sur les raisons et les évènements de sa vie l’ayant mené à la réalisation de cet acte qu’il regrette. Cette dernière est mise en place par son évanouissement à la suite de cette altercation, on se laisse emporter, aux détours du dédale de ses souvenirs et ressentis, à travers les « briques » ayant constitué son mur. De la mort de son père à la guerre dès son plus jeune âge, à la rupture avec l’amour de sa vie, la mise en scène nous propose une montée visuelle de ce mur qui l’isolera du monde et de son entourage et qui le conduira au bord de la folie. Cette folie est dépeinte d’une manière poignante dans la scène du tribunal présentée à la fin du second acte.

Pari réussi pour le compositeur Julien Bilodeau qui signe ici son premier projet d’opéra. L’idée de cette ambition, représentée par la scène d’ouverture de l’opéra, lui vient de ce fameux concert de 1977, dont il reformulera l’incident, se mettant à la place de Waters : « Now I’m feeling isolated. I feel they don’t understand. Even if there are big numbers in my shows, I feel alone. So he had this idea, next time I’m doing a show, I’m going to build a wall, between them and me. » (« Aujourd’hui je me sens isolé. Je ressens qu’ils ne comprennent pas. Même s’ils viennent en nombre à mes concerts, je me sens seul. Il a donc eu une idée, la prochaine fois que je fais ce concert, je vais construire un mur, entre eux et moi. »)

Qu’on s’entende, cet opéra, de par sa mise en scène moderne n’est pas réservée qu’à la génération de nos parents, bien au contraire ! La jeune génération, s’il on peut encore se considérer comme telle, trouvera son enthousiasme face à des chorégraphies énergiques et innovantes, ainsi que la projection d’hologrammes emportant son public dans un monde obscur tortueux. Une belle occasion pour les étudiants d’investir dans un forfait pour 30ans et moins !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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