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Le pari des carmélites

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    Dialogues des carmélites © Yves Renaud

    Révolution politique, religion et martyre ; Le dialogue des Carmélites est avant tout un opéra d’ambition sociale. Le 28 janvier, il nous lance dans la rétrospection, le débat et la compassion, tout ça porté par le courant de la francophonie. Analyse.

    Dans cette adaptation de l’Opéra de Montréal, l’audacité est mise de l’avant avec une composition entièrement francophone. Le Dialogue des carmélites, développé en trois actes de Francis Poulenc nous fait goûter à un opéra francophone de renom. Une semi-rupture avec la tradition italienne que l’on connaît à cette organisation montréalaise, notamment en comptant les collaborations avec la Compagnie italienne de Montréal. Bien que la culture francophone n’a pas grand-chose à envier à ses compétiteurs, il m’est arrivé de regretter l’italien langoureux par moments. Le français, par comparaison, traîne peut-être un peu de la patte en ce qui a trait à la fluidité. Notamment avec des phrases trop longues, propres à la langue de Molière. L’émotion peut parfois malheureusement en souffrir. Or c’est l’émotion qui doit mener le dialogue ici.

    Le spectateur est lancé brusquement dans une discussion animée au sein du ménage de Blanche, la future recrue du Carmel. Baignant dans la terreur policière de l’ère révolutionnaire française, le débat familial va prendre des proportions dramatiques lorsque la jeune Blanche annonce son départ. Si elle pense acheter le salut avec son sacrifice, la pauvre est loin d’être arrivée à bon port. Effectivement cette société fracturée voit des courants opposés se frapper de plein front, nourrissant le climat d’incertitude de la France. La place de la religion et de ses institutions, la légitimité policière et ses abus, la terreur institutionnalisée ainsi que la boucherie entre révolutionnaires et rebelles. Il est très facile de voir comment ces thèmes sont pertinents à l’actualité et au climat sociopolitique précaire de certaines régions du monde.

    Pour la mise en scène, il faut dire qu’il s’agit là du grand point fort du spectacle. Ici, la pièce s’enlise longtemps dans le larmoiement et l’humilité, propres au caractère austère de l’Église de l’époque. Peu de coup d’éclats malheureusement. Cependant, la finale reste en mémoire tellement elle est dramatique et magnifiquement enchaînée. Celle-ci vient sauver un spectacle qui peut parfois paraître morne, surtout lorsqu’on le compare à ceux de Mozart, remplis de rires et de soubresauts. Il faut saluer le génie salvateur de Denoncourt.

     

    Crédit photo : Yves Renaud




    *Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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