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Notre-Dame de Paris : un défi de taille pour Poly-Théâtre

Le 19 novembre dernier, pas moins de trois journalistes du Polyscope se sont déplacés pour couvrir l’évènement culturel de l’année, la dernière représentation de Notre-Dame de Paris, montée par la troupe de Poly-Théâtre. Mes collègues ayant usé de leurs plus fourbes artifices, c’est à moi que revient la tâche de vous faire le compte-rendu de cette soirée. Que voulez-vous, tout le monde sait que les polyscopiens ne sont que des parasites en quête de billets de presse... Heureusement, votre fidèle serviteur est là pour vous livrer ses impressions, au nom de la rigueur journalistique et de l’amour de la culture!

Avant toute chose, je souhaite glisser un mot sur Poly-Théâtre. À mes yeux, ce comité est l’incarnation parfaite de la richesse de la vie étudiante de Poly. Ils démontrent chaque année avec audace qu’ici, on ne fait pas que du génie. D’ailleurs, de l’audace, s’il en faut déjà une bonne dose pour monter une pièce en quelques mois dans une école d’ingénieurs, il en faut encore plus pour se lancer dans la production d’une comédie musicale! Poly-Théâtre nous présentait donc la session dernière son adaptation de Notre-Dame de Paris, de Luc Plamondon et Richard Cocciante. Un défi de taille considérant que cette production franco-québécoise, inspirée du roman éponyme de Victor Hugo, est bien connue du public.

Voici le synopsis, pour ceux qui ont vécu sous une roche : lorsqu’une bande de gitans débarque sur le parvis de la cathédrale, la jeune Esméralda (Odrey Beauchamp Raby) fait tourner toutes les têtes. La belle se retrouve la cible des attentions de trois admirateurs : Phœbus (Adel Tazeka), le fougueux capitaine de la garde, Frollo (Younes Chaabi) l’austère ecclésiastique et Quasimodo (Sylvain Gagnon), l’infirme sonneur de cloche moqué de tous. Charmée par le beau soldat, la gitane se retrouve, à la suite d’un complot, emprisonnée et menacée de pendaison.

L’œuvre a été resserrée de façon intelligente, certaines chansons ayant été écartées. L’introduction de trois gargouilles rappelant Le Bossu de Notre-Dame, le film d’animation de Disney, était une bonne idée. En effet, en plus d’apporter une touche d’humour, les compères livrent une esquisse de narration qui permet de guider le spectateur. Si je ne me peux m’empêcher de déplorer l’absence de la magnifique Dieu que le monde est injuste, le choix des chansons était lui aussi judicieux, privilégiant les pièces qui font avancer le récit.

Passons maintenant à ce qui fait le cœur d’une comédie musicale, soit les voix. Si j’avais mes appréhensions considérant la nature amateur de la production, j’ai somme toute été agréablement surpris. Les interprètes principales féminines, soit Odrey Beauchamp Raby dans le rôle d’Esméralda et Nadia Boussaid dans celui de Fleur-de-Lys, étaient excellentes. L’interprétation de La Monture était saisissante, n’ayant rien à envier à celle de l’enregistrement original. Notons aussi le travail de Vincent Leduc, l’interprète de Gringoire, qui s’est fort bien débrouillé. Il devait en effet livrer des chansons exigeantes, comme Lune, qui demande un registre de voix étendu.

Cependant, la véritable surprise de la soirée résistant dans la qualité de la chorégraphie. Sous la direction de la professeure de danse Vivi An Lee, la troupe a livré une excellente performance. Les chorégraphies étaient par moment très complexes et les danseurs nombreux, ce qui n’a pas semblé indisposer nos danseurs amateurs. Soulignons la nature audacieuse de certains segments, une autre surprise, comme la danse lascive durant Le Val d’amour ou la chorégraphie virile accompagnant Déchiré (bravo pour vos abdos messieurs).

Poly-Théâtre nous a en somme offert une soirée plus qu’agréable. La quantité de travail investie, que ce soit au niveau des costumes, des chorégraphies, des décors ou du chant crevait les yeux. Un grand bravo donc, de la part de l’équipe du Polyscope, qui attend avec impatience le prochain projet de la troupe.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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