Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Les Héros : une occasion manquée

« Les Héros » est une adaptation signée Michel Dumont d’une pièce française intitulée « Le vent des peupliers », de Gérald Sibleyras. Elle est présentée au théâtre Jean-Duceppe, du 14 décembre au 4 février, sous la direction de Monique Duceppe.

En 1959, trois anciens combattants de la Première guerre mondiale habitent un hospice pour vétérans. Seuls habitués de la terrasse arrière de l’établissement, ils s’y retrouvent chaque jour dans une bougonne camaraderie. Henri (Michel Dumont) est un des plus anciens résidents de l’hospice; sociable, il regarde encore la vie avec optimisme mais il a peu de patience pour les excentricités de ses compagnons. Gustave (Guy Mignault) se présente plutôt comme un misanthrope. Sous sa carapace se cache cependant un grand rêveur. Philippe (Marc Legault), un sympathique vieillard à la santé fragile, complète le trio. Ensemble, ils potinent sur la vie à l’hospice et les jeunes filles du voisinage. Il y a peu de place pour la nostalgie dans leurs discussions quotidiennes, les trois hommes planifiant plutôt une évasion vers des destinations exotiques… ou la colline surplombant le village voisin.

Discutons d’abord du texte. Contrairement à ce que laisse penser le synopsis, on a ici affaire à une comédie presque pure jus. Si les thèmes de la vieillesse et de la fin de vie teintent forcément l’atmosphère de la pièce, le ton reste essentiellement léger. Trop léger même, ce qui est, à mon sens, la plus grande faiblesse de l’œuvre. On y esquisse des personnages complexes, au passé trouble, mais ce filon n’est jamais vraiment exploité. Certes, cela a le mérite d’éviter certains lieux communs sur la vieillesse nostalgique et de tromper les attentes du spectateur. Celui-ci restera en contrepartie sur sa faim, attendant une émotion qui ne vient pas. De plus, l’humour est inégal et les blagues ne font jamais tout à fait mouche. Le ton comique semble mal défini, tombant par exemple maladroitement dans le burlesque lors des évanouissements de Philippe. En somme, la pièce manque de substance, évitant les moments émotifs sans parvenir à fournir un humour véritablement efficace.

Heureusement, la distribution d’exception vaut le détour. Les comédiens parviennent à faire oublier certaines faiblesses du texte en rendant irrésistiblement attachants les trois comparses. C’est d’ailleurs toujours un plaisir que de voir Michel Dumont à l’œuvre, tant sa présence sur scène est électrisante.

Les Héros laisse au final un sentiment d’occasion manqué. Le contexte original ainsi que la qualité des comédiens et des décors ne parviennent pas à racheter le manque de profondeur d’une pièce qui ne s’élève pas à son plein potentiel.

Mots-clés : Théâtre (92)

Articles similaires

Les sunshine boys

20 mars 2008

Par Mélissa Feuto Les sunshine boys, un duo légendaire qui a su malgré leurs querelles passées tenir en haleine une salle pleine à craquer !Tout se déroule dans un décor très sombre au théâtre Jean-Duceppe. Dès son entrée en scène, un personnage apparaît endormi chez lui devant son écran de télévision. Les jeux de lumière réalisés captivent l’attention de la foule sur le personnage endormi et le décor de son appartement. Le docteur dans...

Polythéâtre : Le Père Noël est une ordure

20 mars 2008

Polythéâtre et l’École Polytechnique de Montréal présentent : Le Père Noël est une Ordure de Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte et Bruno Moynot. Les 28, 29 Février et 1er Mars à 20h au centre d’essai de l’Université de Montréal Pavillon J.-A.-DeSève 2332 Edouard-Montpetit, 6e étage Résumé : Le réveillon de Noël démarre plutôt tranquillement pour Mortez et Thérèse, bénévoles de l’association « Détresse amitié » chargée de venir en...

Théâtre de l’absurde : Ionesco

26 septembre 2008

Et la cantatrice chauve, comment se coiffe-t-elle ? Devrait-on commencer par l’arithmétique ou bien passer à la philologie ? Dures questions n’est-ce pas ? Absurdes même… Exactement ! Le théâtre Denise Pelletier débute sa rentrée par deux pièces de Ionesco, La Cantatrice chauve et La Leçon. Cette programmation revêt un caractère particulier. C’est une célèbre tradition parisienne qui est perpétrée durant les soirées montréalaises du 18 septembre au 28 octobre. En effet, depuis 1958,...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+