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Don Giovanni : naturalisé canadien

L’opéra montréalais prend de plus en plus de popularité. Ce n’est pas un hasard quand on constate la réussite de classiques du genre par des artistes locaux.

La dernière concoction de l’Opéra de Montréal a été dévoilée vendredi 12 novembre passé, une composition originale du plus grand génie musical de l’humanité, Wolfgang Amadeus Mozart. Donc nul besoin d’explications quant au choix fait. Cependant, une pression sensiblement importante était de la partie. Ce léger fardeau est expliqué en partie par les débuts à l’opéra de Montréal de quelques performeurs. Le chef d’orchestre, Jordan de Souza, et la soprano, Émily Dorn, se dévoilaient au public montréalais, pour une toute première fois. Mais ce qui était surtout agréablement surprenant, c’était la présence canadienne au sein des comédiens-chanteurs. Cent pour cent d’ici!

Mention honorable au metteur en scène, David Lefkovich qui a su habilement rajouter une pointe d’humour a une pièce emprunte de drame et de critique du mode de vie libertin. L’emprise de l’Église catholique de l’époque se sent à travers la moralisation et la condamnation des activités extra-conjugales. En effet, Don Giovanni personnifie un aristocrate riche qui cherche à conquérir le plus de femmes possible en usant de stratagèmes les plus farfelus les uns que les autres. Il force son valet Leporello à participer à ses plans de conquêtes, souvent trop entreprenants et presque toujours dangereux. Heureusement que ses victimes féminines et leurs amants cocus se réserve une vengeance planifiée et faite sur mesure pour le goujat italien. Un autre des points forts notable de cette interprétation serait la puissance émotive amenée par le chœur présent. Mené par le canadien Claude Webster, son mariage avec l’interprétation orchestrale était à tomber!

Sinon, on niveau performance live, les standards de l’opéra sont respectés. L’orchestre a de nouveau satisfait les exigences et a réussi hausser la performance des artistes à la hauteur méritée. Une constatation qui vient mettre un sourire aux lèvres des amateurs locaux du genre; les artistes d’opéra de calibre ne sont pas la propriété exclusive des Européens. Montréal joue maintenant du coude.




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