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Petit guide non exhaustif du punk

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Les mâles alpha de The Clash © MTV

Le punk, c’est cool, parce qu’on imagine tout de suite des mecs avec des crêtes vertes qui explosent leur guitare sur le sol. Et c’est vrai que c’est plutôt cool, ça. Mais le punk, c’est aussi un genre musical extrêmement vaste, qui a beaucoup influencé la musique moderne et c’est pourquoi je vous propose ici une petite rétrospective.

Punk classique

Le punk, c’est à la base un mouvement musical apparu dans les années 70, caractérisé par des morceaux rapides, courts, simples, au chant parfois assez approximatif et souvent chargés de divers messages politiques. Lorsque l’on parle des grands classiques du genre, on pense surtout à des albums comme Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols (1977) des Sex Pistols, Ramones (1976) des Ramones et, bien entendu, London Calling (1979) de The Clash.

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Si les albums des Sex Pistols et des Ramones se montrent particulièrement virulents et engagés, c’est bien London Calling qui reste, à mon humble avis en tout cas, la véritable gemme de ces débuts du mouvement punk. Non content d’être l’un des meilleurs albums de punk jamais composé, c’est aussi l’un des meilleurs albums de guitare tout court, flirtant du côté de nombreux autres genres musicaux comme le ska, le funk, le jazz et le reggae. La preuve? Contrairement aux codes initiaux du genre, il se permet de prendre son temps, culminant à 65 minutes. En partant sur ces bonnes bases, on ne pouvait qu’évoluer vers un mouvement violent et agressif, n’est-ce pas?

Post-punk

Le post-punk, probablement le genre le plus important à émerger du mouvement punk, se veut moins agressif, plus introspectif et, surtout, plus expérimental musicalement, tout en gardant le goût pour la simplicité qui avait marqué le punk. L’un des albums les plus emblématiques du post-punk reste Unknown Pleasures de Joy Division (1979), reconnu pour sa pochette mythique ainsi que pour le tragique destin du leader du groupe, Ian Curtis. Ah, et probablement pour sa musique aussi.

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On peut y remarquer la basse très présente et limpide, les sonorités sombres ainsi que le chant grave et obsédant. L’ambiance, qui devrait ici être pesante et sombre au vu des textes et termes abordés, semble pourtant illuminée par le rythme se rapprochant du funk, présageant des genres plus dansants comme la synthpop ou la new wave. On retrouve ainsi certaines de ces caractéristiques sur des albums comme Entertainment! (1979) de Gang of Four, qui conserve lui un message politique particulièrement cynique ou, plus récemment, le plus contemplatif Turn On the Bright Lights (2002) d’Interpol ainsi que Plowing Into the Field of Love des danois d’Iceage, qui était mon album préféré de 2014.

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Pour les plus courageux, Y (1979) de The Pop Group représente quant à lui la facette expérimentale du post-punk, avec ses morceaux souvent froids, parfois dansants et parfois terrifiants. Enfin, autre gemme du genre, Remain in Light des Talking Heads explore là aussi ce que pourrait donner un son plus dansant et plus funky, lorgnant du côté de ce qui donnera la new wave et le dance punk (spoiler alert : ceci est une transition). Le morceau d’intro, Born Under Punches (The Heat Goes On), est aussi probablement l’un des meilleurs morceaux du genre.

Dance-punk

Vous vous êtes déjà demandé à quoi ressemblerait un mélange entre le punk, le disco, le funk et la musique électronique? Non? Eh bien, vous devriez probablement écouter plus de dance-punk. Le genre a connu un revival au début des années 2000, très influencé par le post-punk et la new wave, notamment des albums comme Remain in Light tel que vu précédemment mais aussi le classique Power, Corruptions & Lies (1983) de New Order, groupe constitué d’anciens membres de Joy Division. A la tête du mouvement, LCD Soundsystem dont je ne peux que vous conseiller Sound of Silver (2007), ainsi que le tout aussi réussi Echoes (2003) de The Rapture.

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Du côté un peu plus punk du dance-punk, on a des groupes comme Death from Above 1979, un duo constitué d’un batteur et d’un bassiste, et leur excellent (et abrasif) You’re A Woman, I’m A Machine (2004) ou encore les DJs de Does It Offend You, Yeah? et leur éclectique You Have No Idea What You’re Getting Yourself Into.

Noise rock

Enfin, le genre appelé plus communément noise rock mais aussi parfois noise punk (vous voyez bien qu’il y a un lien) décide plutôt de se concentrer sur l’expérimentation sonore, à grand coup de structures musicales non conventionnelles et de bruit atonal, sans pour autant perdre de sa musicalité (il faudra plutôt se tourner vers la harsh noise, avec par exemple Pulse Demon (1996) de Merzbow, si c’est ce que vous recherchez). Genre lui aussi extrêmement prolifique, on y retrouve à la base des groupes comme Sonic Youth (et leur chef d’œuvre Daydream Nation (1988)) ou Shellac, mené par le très influent Steve Albini, dont je vous conseille vivement le dernier album, Dude Incredible (2014).

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Lightning Bolt est lui aussi très iconique du genre : c’est un duo constitué d’une basse et d’une batterie, connu pour jouer très fort à même le sol, avec le public autour d’eux. Leur dernier album en date, Fantasy Empire (2015) est probablement le meilleur point de départ. On pourra aussi citer II (2015) de Metz et son chant souvent à la limite du cri, particulièrement efficace.
Enfin, il est impossible de parler de noise rock sans parler de la scène japonaise, elle aussi extrêmement prolifique, que ce soit, par exemple, avec le planant et psychédélique Vision Creation Newsun (1999) de Boredoms ou le très fun Fetch (2013) de Melt Banana, et son chant aigu et surexcité.
Mots-clés : Musique (217) punk (1)



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