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Au pays des roches et des anguilles

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Ivanka et Chelsea, tout sourire. © Laura Cavanaugh

Ça y est presque. Nous y arrivons enfin. Après deux ans de battage médiatique, de propagande et de stratagèmes politiques, d’embourbements plus originaux les uns que les autres et la dilapidation de centaines de millions de dollars, tous les yeux de la planète sont maintenant rivés sur les États-Unis, comme si le nombrilisme y était encore à promouvoir.

Je ne veux cependant pas rabattre le même discours qu’on tarabuste sans cesse de par les temps qui courent. Cet article n’aborde ni le thème des courriels confidentiels, ni le sujet d’agressions sexuelles et n’évoque pas non plus l’idée farfelue de la construction d’un mur de séparation. Non, je vais plutôt essayer de trouver un angle de vue novateur à ce duopole que représente le sprint final des élections américaines.

Il s’agit donc ici d’investiguer la progéniture républicaine et démocrate. Commençons donc par s’attarder à la princesse Clinton. Chelsea Clinton, fille de Bill et Hillary, fit son entrée dans la Maison-Blanche à 12 ans. S’ensuivit la poursuite d’un cursus scolaire très prestigieux, tout d’abord à l’école privée Sidwell Friends School, une école privée de Washington D.C., puis à l’Université Stanford sur la côte ouest pour ensuite s’engager dans une maîtrise à l’Université d’Oxford au Royaume-Uni.

C’est en novembre 2009 qu’elle se fiance avec Marc Mervinsky. Ce dernier, banquier américain, notamment connu pour la faillite de son fonds d’investissement, est le fils d’Ed et Marjorie Mervinsky. Ses parents sont d’anciens représentants démocrates : son père fut membre du Congrès américain et sa mère a officié comme représentante de Philadelphie à la Chambre des représentants. Suite à un mariage fortement médiatisé et d’un faste royal (le coût du mariage s’éleva à environ 4 millions de dollars selon le New York Times), Marc et Chelsea échangèrent leurs vœux à l’autel. Cependant, il s’avère que le beau-père de l’enfant unique du couple Clinton, Ed, fut condamné en 2001 de 31 chefs d’accusation! En effet, il a été retenu coupable de vols s’élevant à plus de 10 millions de dollars, notamment via des systèmes de Ponzi et à l’aide de courriels frauduleux qui empruntaient une fausse identité nigériane. Il fut emprisonné durant 5 ans dans une prison fédérale, avant d’être libéré sous probation. Le père Mervinsky poussa l’audace jusqu’à demander, avant son procès, au président Clinton, lequel vivait ses derniers moments à la Maison-Blanche, une absolution inconditionnelle. Cette dernière fut refusée par le président sortant, au grand dam de la belle-famille. En date de 2010, il devait encore rembourser 9,4 millions de dollars à ses victimes. Une information dont on ne parla pas souvent durant cette course à la Maison-Blanche, surtout que Mervinsky y était un habitué.

Passons maintenant à l’autre pôle de ces grandes élections. Il se trouve que l’entourage de Donald Trump n’est pas blanc comme neige non plus. The Donald a aussi une fille, Ivanka Trump, née de son premier mariage. Elle aussi vécut dans un monde mirobolant, alliant carrière de mannequinat à une carrière en affaires. Assez logique pour la fille d’un milliardaire et de sa femme trophée. Il s’avère qu’elle aussi maria un riche homme d’affaires, dont la compagnie d’investissement immobilière fait partie des cadors du domaine au pays de la bannière étoilée (il possède une bonne partie de Manhattan pour vous donner une idée). Comble de la coïncidence, il fut révélé que son père, Charles Kushner, a été la cible d’une investigation fédérale. En effet, il fut reconnu coupable de donations illégales à des partis politiques et d’évasion fiscale. Kushner père a été emprisonné pour une période d’un an. Fait cocasse : il engagea une prostituée pour charmer le mari de sa sœur, qui s’occupait de la poursuite fédérale qui était menée contre lui, pour qu’elle le mette dans une situation compromettante et qu’elle filme les ébats. Il fut aussi condamné pour ce délit.

De quoi entacher une belle affiche électorale.

They are the land of the free!

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