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Irak : terres assyriennes libres

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Drapeau assyrien © Elda Peters

Après deux ans d’errance, les peuples assyriens, yézidis et kakaïs voient enfin leurs espoirs se concrétiser avec la libération de leurs terres. Mais la plaine de Ninive est encore loin d’être de nouveau habitable.

par Hortense Leclercq-Olhagaray

Qui sont les Assyriens?

La diaspora assyrienne est présente dans plusieurs pays du Proche-Orient dont le chef de file est l’Irak. Elle représente les chrétiens venant de cette partie du monde qui, contrairement à d’autres minorités ethniques comme les Kurdes, n’ont jamais obtenu de territoire autonome. De ce fait, ils ont souvent été la cible de gangs et milices présents dans les grandes villes comme Bagdad, Kirkouk et Mossoul. Ces populations se sont principalement installées dans la plaine de Ninive, appelée aussi plaine de Mossoul, avant d’être contraintes à l’exil par les forces extrémistes de Daesh.

Carte d’Irak © www.algerlablanche.com

Carte d’Irak © www.algerlablanche.com

La plaine de Ninive

Située au Nord-Est de Mossoul dans la province de Ninive, cette plaine est notamment le berceau des Assyriens et des Yézidis (minorité confessionnelle monothéiste d’appartenance kurde). Elle a été le théâtre d’un massacre à l’été 2014. C’est à cette période que le groupuscule Daesh choisit d’investir les lieux en tuant toute population résistante sur son passage. On assiste à la fuite de centaines de milliers d’irakiens vers la Turquie ainsi que le Kurdistan irakien. Ce dernier constituant la seule partie encore protégée d’Irak grâce aux forces armées du PKK (irakien), du PYD (syrien) et l’armée des peshmergas qu’il possède, alors que l’efficacité des troupes irakiennes est quasiment inexistante.

Chronologie d’une libération

Depuis 2015, les armées kurde et irakienne luttent pour libérer les villes de la province de Ninive, et progressent. La reprise a été marquée dès le 13 novembre 2015 avec la reconquête de la ville de Sinjar et s’est enracinée durablement avec la libération de nombreux villages de la région en mai 2016 qui continue encore aujourd’hui avec la libération en octobre de la ville de Bartala. Cependant, la réhabilitation de la région ne fait que commencer! Le premier obstacle : un champ de mines laissé par les djihadistes de Daesh. Il y en a partout et elles ont déjà fait leur quota de victimes. La coalition internationale s’allie aux associations sur place pour lancer un vaste programme de déminage qui inclut la formation de locaux afin d’aider un tant soit peu le démarrage de la reconstruction économique locale. Malgré la libération, la réinstallation s’avère donc encore longue.

Avec le retour de la stabilité se pose également d’autres problèmes d’ordre politique cette fois. Dans ce cadre, un référendum devrait être organisé afin que la population puisse choisir entre un rattachement à la région autonome du Kurdistan irakien, au régime de Bagdad ou à une éventuelle entité sunnite naît de la guerre. Cependant, la chute du régime de Saddam Hussein ayant également entrainé une stagnation du pouvoir politique et une forme de régime floue, beaucoup d’efforts de conciliation et de réformes devront être fournis afin de recréer un système politique viable qui donnera la possibilité à ces populations de décider de leur sort.

Cette grande vague de libération semble finalement soulever d’aussi grands défis que la guerre elle-même, même si bien différents. Sécurité terrestre, politique, économique… de nombreux enjeux séparent encore ces peuples de la reconquête de leurs propres terres et surtout de leurs droits.




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