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Poème : Les Rois dansants

Les Rois dansants

Une jeune frivole et légère idée, flottant au firmament
Semble chuchoter à l’oreille du soir, dans le noir se dessinant,
Que les étoiles sont depuis longtemps éteintes et flétries,
Que la vie s’est montrée encline à quitter sans bruit.

Ne reste que l’océan marin sans forme si inquiétant,
Alors que le rideau s’ouvre sur l’infiniment grand,
Parfois, une caresse de soie rose, on voit luire,
Avant qu’elle ne s’efface au moment de lui sourire.

L’univers dormant dans l’instant passé, futur et présent,
S’étirant de plus en plus court et marquant le temps,
Que dans l’absence d’un enfant pour rêver à demain,
Ce qui fut, est et sera, n’est plus qu’un rêve enfin,

Chantant au cor de feu d’un astéroïde fonçant,
Dans la vacuité s’effrite et entonne silencieusement,
Un vacarme déroutant de rage et de haine,
Dont la langue de sang s’en fait la reine.

Quand les histoires sur les choses n’existant guère,
Deviendront aussi inutiles que la guerre,
Et que les choses n’existant pas,
Feront la vérité des savants suivant au pas.

Lorsque papier et crayon n’auront plus goût,
De faire l’amour au son de notre cœur, des remous,
Que notre esprit s’éloigne de la raison,
Et que notre essence se colore comme les saisons.

Une harpe sombrant dans une mélodie mielleuse,
Enveloppant les soucis et les arpents de regrets,
Souhaitant terminer sur une note plus heureuse,
Mais que la corde fendit, que l’Univers s’en repaît.

Vibrante onde palpitant sur le mode millénaire,
Ondoyante vibration des échos de qui se perd,
Les nuages, un message d’amour et de colère,
Répandant au gré du temps les sentiments en terre.

Et que les obsèques de la conscience flotteront là,
En chapelle ardente dans un froid sibérien,
Et grelottant de tous ses membres en proie au désarroi,
L’apôtre d’une soeur, sans la peur du Tout et du Rien.

À mon nom s’enlaçant les adages de la romance,
Et que de nouveau les histoires fabuleuses commencent,
Et la vie reprenant vie dans le berceau du jour,
Veillera à ce que toute bonne chose dure toujours,

Au noir d’un café trop sucré irritant les abat-jours,
De ma sensibilité se démarquent les contours,
Et pourtant je ne crois jamais trouver,
Comment cette histoire a bien pu débuter.

Succincte et fortuite comme le baiser des amants,
Que du doute et de la peur affronte la morosité,
Je dois avoir cueilli un fruit bien nourrissant,
Pour déblatérer ainsi sur les lois du firmament.

– par Vincent Bolduc

Mots-clés : poésie (3)



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