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Implication par le biais de ton art

Vouer sa vie à un art ou une direction ne veut pas dire s’y confiner exclusivement. Le succès peut certainement donner le tournis mais heureusement que plusieurs artistes n’y voient pas un frein à leur expression sociale.

Nombre de vos professeurs du cégep vous ont probablement déjà vanté les mérites voire la nécessité de l’implication. La bonification dans ton parcours de grande personne. L’extra chili dans ton burger à 15 dollars. À la manière de ce même professeur de ce cégep qui, bienveillant, essaie de nous pousser vers l’implication, les joe-connaissants de l’internet, armés de leur jugement unidimensionnel et d’une violence verbale n’ayant d’égal que leur couardise, ont trop souvent leur mot à dire sur les célébrités et leur niveau d’implication. Tantôt ces dernières sont rabaissées lorsque leur musique, par exemple, n’est pas assez profonde et recherchée pour la jeunesse d’aujourd’hui, tantôt elles devraient se mêler de leurs affaires et laisser aux personnes « plus qualifiées » le soin de se prononcer sur la question. Après tout, ce genre de question les dépasse!

Les combats difficiles

Il y a deux types d’artistes influents dans nos sociétés : les Justin Bieber et les Kendrick Lamar. Ceux qui ont le premier milliard dans le collimateur quitte à trahir leur art et à plonger dans l’auto-contemplation. Et il y a ceux qui cherchent désespérément à poser leur marque sur leur entourage, à le bouleverser positivement non pas malgré leur art mais bien grâce à lui. Retour un an et demi en arrière : sortie d’un classique du hip-hop américain, To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar. Baignant dans ce qui se fait de mieux dans la culture afro-américaine (soul, funk et jazz) l’album procure aussi énormément de matière à réflexion sur notre environnement nord-américain, la relation malsaine établie avec la célébrité et le martyre noir généralisé aux USA. Tellement touchant que le mouvement Black Lives Matter a adopté Alright comme son cri de ralliement. Ce mouvement a pris beaucoup d’ampleur mais ses détracteurs aussi. Ceux-ci l’accusant de trouble à l’ordre public et de victimisation blanche… Tout est désormais bon pour décentrer le débat et fermer les yeux sur une blessure béante.

Sportif pensif

Dernière victime en liste, le quart-arrière des 49ers, Colin Kaepernick. Ce dernier a décidé, depuis le début de la saison, de s’asseoir (par opposition à droit debout, main sur le cœur) durant la procession de l’hymne national américain comme signe de protestation aux véritables attentats proférés par la justice américaine sur les droits de la communauté américaine des dernières années. Meurtres policiers de jeunes hommes innocents, le drapeau des confédérés (symbole ultime de l’Amérique esclavagiste), toujours reconnu comme une fierté du passé américain, etc. Disons qu’il y a matière à protester. À temps plein. Malgré sa frustration marquée, le jeune athlète reste un Américain sensible et compréhensif; largement critiqué et lourdement insulté, Kaepernick a adapté son geste, passant de s’asseoir à mettre un genou à terre, tout ça par respect aux vétérans américains qui combattent pour ce symbole. Son opposition est toujours là, mais elle est plus nuancée. Saluons au passage Roger Waters, chanteur de Pink Floyd menant son incessant combat contre la politique dictatoriale et colonialiste israélienne. Un combat courageux et loin d’être bouclé. Tout cela porte donc à croire que les célébrités aussi peuvent aussi être en proie à des réflexions socio-politiques pertinentes, apporter leur grain de sel au débat et pas simplement collecter tes likes Instagram. Une tribune peut (doit) devenir un tremplin.

Hollywood

Dernier éclat politique de nos chères célébrités made in USA, une vidéo promotionnelle comique sur l’importance de voter à la mi-novembre. Jouant à la fois sur le tableau des vidéos politiques promotionnelles clichées et sur la fibre de la préservation de leur pays, la vidéo au titre évocateur Save the Day est le dernier effort marqué de Hollywood essayant de briser le momentum Trump. Une campagne anti-Trump qui va même jusqu’à faire des promesses audacieuses. Le développement futur sera décidément intéressant à voir. Pas de spoiler, il faut juger par soi-même.

Chez nous

Plus localement et récemment, l’activiste Gabriel Nadeau-Dubois et le fondateur d’Option nationale, Jean-Martin Aussant démarrent un projet politique de consultation citoyenne. Abordant en dix grands thèmes les piliers de la social-démocratie québécoise, le projet est encore un peu flou. Il est toutefois très ouvert et reste très prometteur dans un Québec actuel où les discussions politiques tournent autour du burkini et de ses déclinaisons.  Au menu : une discussion saine et non restrictive dans laquelle les initiateurs ne cachent pas leur parti pris. De la bonne foi, il en fallait! Dans un climat politique où l’austérité gouvernementale est décriée de tous et où personne ne peut plus supporter les commentaires populistes désespérés de Lisée, il s’agit là d’un véritable vent de fraicheur!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.