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La PrÉF en bref

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L'intervention de Judith Lussier à la conférence de la PrÉF. © Maxime Callais

Le 1er octobre dernier, l’équipe du Polyscope était à Sherbrooke pour assister à la conférence automnale de la Presse étudiante francophone (PrÉF).

La PrÉF, dont Le Polyscope est fier membre fondateur, est une association fédérant plusieurs journaux étudiants francophones canadiens (québécois pour la plupart). C’est l’occasion pour les équipes de ces journaux de se réunir pour échanger sur des sujets variés et écouter des professionnels du monde du journalisme. Cet automne, c’est le journal Le Collectif, de l’Université de Sherbrooke, qui recevait la conférence de la PrÉF. L’équipe du Polyscope a donc débarqué à la mi-journée en Estrie, et, après un dîner 100 % végé (mois d’octobre oblige), s’est rendue à l’UdeS pour une journée bien remplie.

La première intervention au programme était celle de Judith Lussier, chroniqueuse au journal Métro et membre du duo Les Brutes, qui produit une série de vidéos au ton provocateur sur des sujets de société. Judith Lussier a abordé pendant une heure le thème du traitement dans les médias des personnes trans, et plus généralement de la communauté LGBT, prônant notamment une plus grande représentation de ces personnes en tant que sujets humains et non comme des objets de curiosité.

La PrÉF a ensuite accueilli Sébastien Rodrigue de La Presse pour une conférence-débat portant sur les supports de communication du journalisme. Sébastien Rodrigue a notamment participé au déploiement de La Presse+, l’édition numérique du journal, qui a fait figure d’innovation marquante à son lancement. L’intervenant a fait part de ses doutes sur l’avenir du journalisme sur papier et a invité les journaux étudiants à travailler à leur communication sur tout un éventail de supports, y compris les réseaux sociaux. De leur côté, les participants à la conférence ont défendu leur utilisation du papier dans le cadre d’un journalisme destiné à des étudiants, mettant en avant la facilité de rejoindre les étudiants que procure le papier.

Le dernier intervenant était Jozef Siroka, lui aussi du journal La Presse. Le journaliste, véritable passionné de cinéma, est spécialisé dans les analyses de films, un exercice qu’il distingue de celui de la simple critique car il ne s’agit pas simplement de donner un avis sur l’œuvre mais de la remettre dans un contexte historique, politique, social… Jozef Siroka a particulièrement insisté sur l’idée qu’un film, même s’il est un documentaire ou un biopic, est une pure œuvre de fiction et n’a pas à donner une vision fidèle des faits historiques. Le journaliste a souligné que dans la formule « basé sur des faits réels », le mot « basé » est en réalité l’élément central, plutôt que « fait réel », prenant l’exemple du film The Social Network. Un réalisateur de cinéma ne porte donc pas, selon lui, de responsabilité dans la véracité des faits; dans un film, seule compte l’émotion ressentie par le spectateur. Jozef Siroka a en particulier émis un avis très négatif sur le film Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, très largement récompensé et encensé par la critique. Il reproche à la réalisatrice d’avoir assimilé son œuvre à un travail journalistique et de faire croire au spectateur que la torture a joué un rôle positif dans la traque du terroriste Oussama ben Laden.

La journée s’est conclue par une table ronde arrosée de bière artisanale au Refuge des brasseurs, un bar fondé par des étudiants en génie de l’UdeS. Le débat, animé par Dominic Tardif, journaliste à La Tribune, réunissait journalistes étudiants et professionnels autour des enjeux du journalisme étudiant; une manière détendue et interactive de conclure cette très intéressante journée. La prochaine conférence de la PrÉF, à l’hiver 2017, sera organisée par vos serviteurs du Polyscope, à Polytechnique.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.