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Une image vaut mille mots

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Un père syrien passe son bébé sous les barbelés à la frontière serbo-hongroise. © Warren Richardson

L’exposition du World Press Photo revient pour une onzième année à Montréal. Une occasion pour les fanatiques de reportages photographiques et de journalisme visuel d’empreindre leur esprit d’images marquantes de la dernière année, mais aussi des dernières décennies.

Cette année encore, c’est d’une certaine façon ébranlé que je suis ressorti de l’expo du WPP. Des images qui choquent, des images qu’on aimerait mieux ne pas avoir à voir, et certaines qui reflètent la réalité d’une manière tellement crue qu’on a peine à y croire.

L’enjeu de l’heure

Comme on pouvait s’y attendre, c’est la thématique des immigrants syriens qui sort du lot, vecteur marquant de l’année qui vient de passer. Outre la photo de l’année, celle d’un père traversant son bébé à travers les barbelés à la frontière serbo-hongroise par l’australien Warren Richardson, c’est par dizaines d’images qu’était représenté le drame ayant lieu en Syrie présentement. Question de nous ramener sur Terre pendant quelques instants, on nous présente des clichés absolument prenants, loin de ceux qu’on a l’habitude de voir passer sur les réseaux sociaux ou à la télé. Je vous garantis, la conscience en prend un coup quand tu vois un père flatter les cheveux de son enfant, morte, sur ses genoux, le visage ensanglanté par une attaque d’obus. Des images qui, de par leur caractère graphique, font réfléchir et laissent une trace comme un film dans la tête.

La vie ailleurs

Le WPP, c’est aussi plein de photos de réalités plus candides, bien différentes de la nôtre, qui nous amènent ailleurs. Que ce soit les photos du HC Vetluga, un club de hockey amateur d’un petit village russe, le quotidien des moines bouddhistes du Setchouan ou les images de la fête traditionnelle de Las Mayas à Madrid, l’expo nous fait découvrir d’autres coins de planète aux antipodes de notre cher Montréal. Un voyage mental en terre inconnue qui donne le goût de nous-même aller y faire un tour, voir de nos propres yeux et s’imprégner de la culture des gens qui y vivent.

Du beau, que du beau

Par-dessus tout, il ne faut pas oublier que le WPP rassemble les photos de quelques-uns des meilleurs photographes de reportage de notre ère. Esthétiquement, c’est le summum du journalisme visuel, chaque image raconte une histoire, que ce soit celle des gens qui y figurent ou la patience d’un photographe qui a su attendre le bon moment pour voir apparaître le caméléon le plus rare de la planète. La signature artistique des clichés permet d’automatiquement saisir l’émotion vécue, l’ambiance sur place ou la beauté du moment. Quand on dit qu’une image vaut mille mots, ce n’est pas pour rien; certaines photos parlent d’elles-mêmes.

Bref, le World Press Photo réussit encore cette année à nous émouvoir et à nous surprendre. L’organisation du WPP dit vouloir promouvoir un journalisme visuel de qualité, et c’est exactement à cela qu’on a droit en allant voir l’expo. Vous avez encore jusqu’au 2 octobre pour vous rendre au marché Bonsecours, de 10 h à 22 h du dimanche au mercredi et de 10 h à minuit du jeudi au samedi. En plus, c’est 10 $ pour les étudiants, tu prendras une couple de bières de moins ce soir-là et on en parle plus!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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