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Et si Comiccon rimait avec évasion?

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Un stormtrooper qui se la joue Kurk Angel’s © Montreal Comiccon

Le savez-vous ? Montréal abrite annuellement l’un des plus gros festivals de culture populaire du monde : la Comiccon de Montréal. Fier d’un popularisme grandissant auprès des masses, elle est une véritable bouffée de liberté pour le monde qui, loin des clichés desservis par un mass media ignorant du sujet (cf. l’émission de CW Beauty and the Geek) vivent ici une passion dévorante. Qu’ils soient ingénieurs, artisans, enseignantes, ils ou elles endossent alors, le temps d’une fin de semaine, le rôle de leurs rêves.

Il y a encore quelques années être fan de Star Wars, être joueur de Magic © ou LOL, c’était être geek. Et c’était loin d’être un terme mélioratif. Vous étiez souvent reclus dans un coin de la classe, évité comme un paria et catégorisé comme un(e) adolescent(e) boutonneux(se) à lunettes et à l’appareil dentaire digne d’un lapidé qui n’avait rien à apporter à la société. Désormais, les geeks ont pris le pouvoir et ils ont convertis le monde entier à leur univers : le dernier Star Wars a brisé le record du nombre d’entrées pour un film en une seule fin de semaine, Iron Man et Captain America se font désormais la guerre aux yeux de tous tandis que les séries The FlashGreen ArrowThe 100 et Supergirl établissent des records d’audience à chaque saison sur CW — pour le coup on peut dire qu’ils se sont bien rattrapés. Pour satisfaire les fans, il fallait alors un évènement digne de dévoiler aux yeux de tous et toutes la magie de cet univers : la Comiccon. Cette dernière est une franchise de convention de pop-culture initiée en 1970 à San Diego; la CCSD comme l’appelle les aficionados est même aujourd’hui la plus attendue du monde entier. En 2008, Montréal suit alors le mouvement et instaure la sienne qui verra s’affluer moins de 1 000 personnes. Aujourd’hui, c’est près de 56 000 personnes qui se bousculent, bariolés de toutes les couleurs et de tous les costumes inimaginables, aux portes du centre des congrès durant toute une fin de semaine sans aucune honte, ou plutôt shame comme nous l’a si bien rappelé le cosplay de Septa Unella de cette année.

Néanmoins, l’émancipation d’une telle culture populaire ne va pas sans interrogation. En tout cas, de ma part. Je suis le premier à adorer cette convention et même à devoir me contenir pour ne pas dévaliser l’ensemble des stands toutefois l’ampleur que prend le cosplay dans ces conventions  n’est pas sans m’interpeler. Certes, se déguiser est très marrant — je suis le premier à le faire — mais le détail et l’argent investi dans ces déguisements me fait me demander si la volonté première de ces cosplayeurs, professionnels ou amateurs, n’est pas plutôt d’échapper à une réalité à laquelle ils ne s’identifient plus? Notre société n’est-elle pas en train de traverser une crise identitaire aux yeux de tous et de toutes sans que pied à l’étrier ne soit mis pour la comprendre? Si un aussi grand nombre de personnes cherchent tant à ressembler à leurs héros de comics, n’est-ce pas plutôt parce qu’il n’y a pas de réel héros à idolâtrer? N’est-ce pas parce qu’ils sont lassés de solutions depuis trop longtemps inutiles à des problèmes de société bien réels qu’ils en viennent à préférer croire en la magie et en destinées divines?

Il existe pourtant une multitude de héros, occasionnels ou quotidiens, partout et tout autour de nous, mais ce n’est pas ce qui fait couler l’encre de nos médias ni même la première de couverture d’un(e) quelconque Youtubeur(euse) : Mère Teresa, Mark Bustos et ses coupes de cheveux pour itinérants, Jason Haney et son Find Waldo pour enfants malades ou encore ce conducteur d’un bus chinois qui, à la suite d’un impact avec un débris sur la route reçu en pleine poitrine, a réussi à garder le contrôle de son véhicule et à mettre ses passagers en sécurité avant de décéder de ses blessures le lendemain.

Ainsi, le cosplay n’est qu’une échappatoire à un monde de désillusion et d’impuissance qui donne l’occasion à tous d’extérioriser de manière personnifiée le héros qui sommeille en chacun. Mais attention, n’allez pas croire qu’il suffit d’un costume pour devenir un héros. D’une part parce qu’il faut ce « petit quelque chose » que tout le monde n’a pas et d’autre part, parce que le cosplay vient aussi avec des problèmes : harcèlement moral, impression d’être un objet, …

Mais ce sera le sujet d’un prochain article si celui-ci vous a plu.

En attendant quelques images de la mascarade 2016 pour vous donner des idées

Les personnages d'Alice au pays des merveilles de Tim Burton © Montreal Comiccon

Les personnages d’Alice au pays des merveilles de Tim Burton © Montreal Comiccon

Sonic © Montreal Comiccon

Sonic © Montreal Comiccon

Iron Man Mark 39 © Montreal Comiccon

Iron Man Mark 39 © Montreal Comiccon




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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