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En compétition avec Élikos

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Une équipe qui en jette. © Élikos

Le but de cet article : t’encourager à t’impliquer au sein d’une société technique, un de ces regroupements de polytechniciens qui, selon le site Internet de la Polytechnique, exercent leur matière grise afin de « réaliser des projets techniques en vue de participer à des compétitions internationales se déroulant sur terre, sur mer et dans les airs ».

Par Justine Pepin

« Ça ressemble à quoi, la compétition d’une société technique? »

Le moyen entrepris pour atteindre cet objectif : te décrire une expérience de compétition de haute volée en territoire ennemi. Voici donc l’exemple, avec Élikos à l’honneur, qui te donneras un avant-goût des moments inoubliables que tu passeras dans ta nouvelle société technique d’adoption (parce que bien évidemment, après avoir fini de lire cet article, tu vas t’enrôler sur-le-champ dans ta société préférée, n’est-ce pas?).

Logo Société technique Élikos

La rentrée, c’est une occasion en or de se lancer à corps perdu dans une nouvelle activité. À Polytechnique, l’offre est tellement variée qu’on pourrait dire qu’il y en a pour tous les goûts et tous les degrés de motivation. Pourquoi alors choisir plus particulièrement de s’impliquer dans une société technique? Parce qu’on veut approfondir des connaissances, se faire des amis, squatter un local, passer de la théorie à la pratique ou encore participer à de folles compétitions. Tous les polytechniciens intéressés, jeunes ou moins jeunes, névrosés ou timides, gentils et/ou buveurs de bière sont les bienvenus. Maintenant que tu es mis en contexte et que tu te sens interpellé, passons à la partie narration, où tu découvriras comment Élikos, qui fabrique un drone pour participer à une compétition aérienne, s’est débrouillée sur le terrain.

Il est vendredi soir. Nous devons partir pour notre compétition demain matin, assez tôt, mais nous n’avons toujours pas testé notre drone hors simulation. Certaines pièces ont été livrées un peu tard et, il faut se l’avouer, nous sommes un peu dernière minute. Nous testons quelque peu notre drone en vol, et notre protection aussi (à grand renfort de crash tests non prévus). Puisque nous devons empaqueter le contenu de notre local dans le van de location, nous n’avons malheureusement pas le temps de mettre à l’épreuve notre partie logicielle, c’est-à-dire une partie essentielle de notre travail pour notre drone qui devra voler de façon autonome dans quatre jours. Disons que nous aimons vivre dangereusement.

Un drone qui en jette. © Élikos

Un drone qui en jette. © Élikos

Il est samedi matin. Nous sommes coincés à la douane américaine, à quelques mètres à peine de l’Interstate 87. Non, ce n’est pas parce que nous avons un drone, des batteries hautement inflammables ou encore du matériel louche à l’arrière, mais bien parce que notre escouade se compose à environ 14 % de Français. Au moins, cette escale nous donnera l’occasion de converser avec un très aimable douanier américain.

Il est dimanche soir. Après environ 20 h d’autoroutes, quelques arrêts dans des fast-foods, et une nuit passée dans un motel en Virginie, nous arrivons enfin à Atlanta, haut lieu de notre compétition, l’International Aerial Robotics Competition (IARC). Nous n’aurons pas, pour la grande majorité, beaucoup de temps pour visiter Atlanta. Néanmoins, nous ferons le tour de l’immense campus de Georgia Tech, l’université à laquelle se déroule notre épreuve. C’est un bijou (sans doute hors de prix) d’université, distinct du reste de la ville, où les maisons des fraternités poussent comme des champignons et où les chaises des étudiants dans les salles de cours sont bien rembourrées et confortables.

Il est lundi matin (le plus tôt du matin que vous pouvez imaginer) et nous nous barricadons dans notre suite à l’hôtel pour travailler. À partir de cet instant, nous ferons livrer notre ravitaillement à notre porte pour ne plus perdre de temps. L’effort de guerre est de mise!

Il est mardi matin, premier jour officiel de la compétition. Le soleil d’août tape fort à Atlanta, et c’est donc les yeux plissés et cernés que nous nous rendons au symposium. Aujourd’hui, toutes les équipes devront présenter oralement leur solution aux autres équipes ainsi qu’aux juges. Nous avons hâte de rencontrer nos rivaux, qui viennent de partout dans le monde. D’ailleurs, ce soir-là, au 5 à 7 organisé par l’IARC, nous nous lions entre autres d’amitié avec Ascend NTNU, une équipe norvégienne. Nous finissons la soirée à l’hôtel, toujours en train de tenter de boucler notre travail.

Il est mercredi matin et c’est le grand jour. À l’intérieur du gymnase où se déroule notre compétition, nous montons notre kiosque aux couleurs de Polytechnique, du Québec et du Canada. Le plancher de compétition, les obstacles et les cibles, les juges, tout nous semble solennel, et nous sommes à la fois excités et inquiets d’être là. À tour de rôle, les onze équipes présentes ont dix minutes pour faire un essai de vol durant lesquelles le drone doit commencer à effectuer sa mission de façon autonome pour se voir donner dix minutes supplémentaires; tous ont droit à trois essais au total pour marquer des points. Nous sommes gratifiés d’un quatrième essai que les juges nous décernent en raison de la qualité de notre présentation au symposium ainsi que de celle de notre rapport technique, remis plus tôt avant la compétition. Malgré notre système pas encore tout à fait prêt, nous tenterons le tout pour le tout lors de ces quatre essais.

Il est mercredi après-midi. Le concours est terminé, et nous sommes éreintés. Personne, lors de la compétition, n’a réussi à garder son drone en vol autonome suffisamment longtemps pour débuter la mission. Nous sommes en attente des résultats, qui seront révélés le lendemain. Nous invitons donc nos copains norvégiens pour un joyeux pool party dans la piscine de l’hôtel. Quoi de mieux pour se détendre?

Il est jeudi midi. Nous traversons Atlanta en métro pour nous rendre au Georgia Aquarium, l’un des plus gros au monde, afin d’assister au banquet final et à la remise de prix. Roulement de tambour… puis nous apprenons que nous nous sommes classés premier la veille, en plus d’avoir remporté le prix du design le plus innovateur. C’est vrai qu’il a fière allure, notre drone, vous ne trouvez pas?

Il est jeudi soir. Nous nous amusons, en compagnie de quelques équipes issues d’universités américaines, dans une authentique arcade, à jouer au air hockey et au laser tag. Nous repartirons demain pour deux autres jours de voiture, puis une autre année de travail acharné mais ô combien gratifiant. Vivement l’année prochaine!

Pour finir, voici une liste non exhaustive de locaux où tu dois entrer au moins une fois dans ta vie (choisis-en un et reviens-y le plus souvent possible, tu ne le regretteras pas) : B-319, C-572, A-411, A-323, A-497, M-5503, A-493, M-5502, C-309 et A-373.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.