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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

OSHEAGA

Quel est le but de cette chronique post festival? Un peu de pub d’Osheaga pour pouvoir obtenir des accréditations l’année prochaine, un peu pour vous faire regretter de ne pas y être allés et beaucoup pour tenter de vous faire revivre cette excellente après midi passée en compagnie de Macy Gray, Pas chic chic et autre Pascale Ricard. Mais je ne suis pas un bon critique, je ne suis même pas un critique. Donc je me contenterais de parler des artistes que j’ai le plus appréciés laissant à votre discrétion, la qualification des autres.

Cette après midi débutait sous les meilleures auspices, avec the Brand New Heavies qui renaissait de ces cendres après plus de 10 ans d’absence. Avec des sons mélangeant jazz et funk, la bouillante formation est parvenue à faire bouger une petite foule sous un ciel pourtant peu engageant. La flamboyante N’Dea Davenport entraîna la foule et la formation dans des danses plus frénétiques les unes que les autres. The Heavies ont surtout repris des chansons de leur nouvel album, tels « I don’t know why » ou « Let do it again », mais lorsqu’ils conclurent avec une reprise maison de « Seven Nation Army » des White Stripes, les mains se balancèrent de gauche à droite, les hanches suivirent et la foule reprit en cœur le refrain. Une très belle conclusion pour une très bonne performance.

Puis au tour de la grande et unique Martha Wainwright. Une excellente performeur et musicienne. Au milieu de sa première chanson, elle s’interrompt tout d’un coup : « Shit, I messed with the lyrics ». Peu importe, quelques soient les paroles, je me sentais déjà transporté vers d’autres cieux, la fumée provenant du pot des voisins aidant. D’ailleurs Martha, s’interrompit une 2e fois pour demander à un des spectateurs de lui partager son pot avec elle. Évidemment ce sont des moments cocasses presque anodins comparé à sa performance générale.

Mais ces petits moments, ces interludes entre 2 chants, permettaient à Martha de connecter immédiatement avec la foule présente. Avec une très grande simplicité (what you see is what you get), Martha seule avec sa guitare ont tenu la foule, éblouis que l’on était par l’émotion qu’elle dégageait à travers ses mélodies et ses paroles. Elle termina sur un de ses plus grand succès « Bloody mother fucking asshole » sous les acclamations du public.

L’un des points forts d’Osheaga est qu’il permet de découvrir de nouveaux artistes. Cette année, Peter Von Poehl en fut une, sinon ma meilleure découverte. Tout en ayant un style propre, sa musique m’a fait pensé à un subtil mélange de Coldplay, Placebo et autre Rufus Wainwright. Avec ses mélodies langoureuses, agréables, simples, périodiquement ponctuées de jazz et de blues, Peter Von Poehl détonne positivement des grosses productions pop modernes. Doté d’une grande simplicité et surtout finement monté, les sons de Von Poehl ont rapidement envoûté le public.

D’ailleurs il aurait composé certaines des chansons de son premier album Going to where the tea-trees are dans la simplicité de son appartement de Berlin. Si tel était le cas, sa musique n’en perd vraiment pas en qualité.

Un peu mélancolique après Martha Wainwright, je me prélassais tranquillement sur la colline du Parc Jean Drapeau avec un soleil se couchant sur Montréal en arrière plan. Je comptais méditer un peu, somnoler beaucoup, mais c’était sans compter sur Macy Gray. Avec sa voix inimitable, cette diva me redescendit sur terre en un quart de tour, et en un hutième de tour j’étais sur mes pieds en train de danser avec Macy Gray. Supportée par deux excellentes chanteuses, Macy Gray a revisité son répertoire avec des anciens succès comme « Sweer Baby », « Ghetto Love » mais aussi de plus récents comme « Everybody » ou « What I gotta do ». Elle clotura avec une excellente reprise de la celebrissime « I try » avec en prime un solo improvisé mais excellent d’une des chanteuses de support. Elle dépassa son temps de plus 20 minutes, mais ce n’était ni pour me déplaire, ni pour déplaire aux spectateurs qui applaudirent à tout rompre sa très bonne prestation.

Cela faisait près d’un mois que je harcelais Éric, un de nos responsable culture, pour avoir des accréditations pour Osheaga. C’est ainsi qu’en cette soirée du dimanche je me suis retrouvé au milieu d’une foule de spectateur venu voir M.I.A. Il est important de noter que j’étais un fanatique de M.I.A, écoutant quasi quotidiennement un des titres de son premier album Arullar. Ce fut tout simplement excellent.

Si sur CD, elle est très bonne, sur scène M.I.A est parfaitement dans son élément. Reprenant “Galang », « Bucky Done Gun », ou « Pull up the People » mais aussi des titres de son nouvel album Kala comme « Boyz » ou « Bird Flu”. Parfaitement synchrone avec une musique dont le beat est pourtant assez rapide, abordant des sujets sensibles dans des beats plus qu’entraînant M.I.A reste elle même et répond très largement aux attentes.

Que vaut la parole d’un vendu comme moi ? Pas grand chose mais en regardant tout ce monde danser, bouger, sauter et surtout chanter les refrains de toutes les musiques chantées, il est clair que mon avis était partagé. Plus, après sa prestation, la foule est restée applaudir, acclamer et en réclamer encore. Tellement que l’artiste a dû revenir sur scène pour 3 autres musiques dont « U.R.A.Q.T ». Clairement, la meilleure performance à laquelle j’ai assisté en cette journée.




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