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The Roots sur la route

Par Edmond Toutoungui

Avec l’arrivée du festival Osheaga dans la métropole pour le weekend, toutes les têtes étaient tournées vers les nombreux spectacles qui auraient lieu au Parc Jean-Drapeau. Pourtant, les mythiques Roots étaient de passage en ville, pour faire vibrer avec leur Hip-hop / RnB / Funk endiablé. Je ne les connaissais pas du tout, mais comme j’aime être en bonne compagnie, j’ai décidé de découvrir ces légendes et leur donner la chance de gagner mon amour inconditionnel (ok, c’est un peu fort, mais vous pouvez comprendre à quoi je veux en venir).

Je dois avouer que je ne suis pas le plus grand fan du style ‘urbain,’ mais c’est toujours divertissant s’ouvrir sur de nouveaux bands. Ce qui m’a vraiment décidé, c’est que les Roots sont les défenseurs du hip-hop ‘organique’, alors qu’ils utilisent presque exclusivement de vrais instruments sur scène, plutôt que des beats pré-enregistrés.

Fidèle à mes super habitudes, je ne suis pas arrivé pour le début du spectacle. Cet apéritif mettait en scène un DJ dont je me foutais un peu. Puisque c’est souvent de la musique générique de boîte, je suis arrivé avec une bonne heure de retard! J’ai donc passé les portes pour le début de Down With Webster, la ‘vraie’ première partie du spectacle. Avec leur mélange de Ska / Rap / Rock (et à peu près tous les autres styles de musique imaginables), cette bande d’excentriques au son unique a vite fait de me mettre dans l’atmosphère. Chacun des musiciens avait son propre style : le trompettiste avec un masque de Lucien Bouchard, le joueur de trombone avec un masque sorti de Planet of The Apes, le drummer torse-nu avec un afro énorme (pour un blanc, naturellement, il faut relativiser…), un des chanteurs avec un sac à dos en peluche, un guitariste en Superman, et plusieurs autres débiles tous costumés. Avec une énergie sans bornes, Down With Webster m’ont fait penser à un croisement entre illScarlett et Swollen Members, mais en beaucoup plus excité. Pour les dinosaures comme votre fidèle serviteur, ils ont même ‘samplé’ des riffs et parties de chansons de Rage Against The Machine, James Brown, Pharrell et plusieurs autres.

En fait, j’ai tellement adoré ce groupe que je le qualifierais de découverte de l’automne (en concert bien sûr, j’ai pas encore écouté leur CD). La marche était donc haute pour la suite de la soirée.

Ah oui, j’oubliais! Down With Webster ont été tellement gentils qu’ils ont même rappelé à la foule, avant et après chaque chanson, qu’on était à Montréal, juste pour ceux qui auraient oublié ou qui se seraient perdus en chemin…

C’est un intermède de danseurs Hip-hop qui a suivi, ce qui a vite fait de me rendormir, puisque c’est probablement la chose la plus inutile et abjecte qui existe dans un concert. Voir trois wiggers et deux gonzesses qui se déhanchent sur Technologic de Daft Punk, c’est plus pour YouTube ou MusiquePlus. Moi, ça me laisse froid et énervé, puisque je considère ces ‘danses’ assez minables.

Après cette merde interminable qui n’a heureusement duré que quelques minutes, nous avons dû attendre près d’une heure avant que les maîtres de la soirée ne nous comblent de leur presence. Finalement, vers 23h, ils ont décidé de pointer le bout de leur nez.

La scène était, comme pour la majorité des concerts au Métropolis, assez sommaire, avec le jeu de lumières multi- colore incontournable sur un fond noir.

Les Roots, menés par la présence de ?uestlove et Black Thought, ont démarré rapidement, en mettant vite la foule de leur côté. Le joueur de tuba (AKA Tuba Gooding Jr.) a aussi beaucoup aidé a mettre du piquant dans l’atmosphère, avec ses nombreux solos répartis à travers la soirée. Cependant, je suis forcé d’avouer que, contrairement à la foule, j’ai trouvé la première partie de leur spectacle tellement mauvaise que j’ai presque considéré quitter le concert. Entre le marmonage incompréhensible de Black Thought et tous les instruments employés simultanément, la cacophonie régnait. Heureusement pour moi, compagnie oblige, je suis resté assister à la fi n de leur performance…

C’est donc à partir de la moitié de leur spectacle que les Roots m’ont ramené, avec des longues jamming sessions et improvisations sur leurs succès. C’est en particulier les moments où seuls ?uestlove, le guitariste Captain Kirk Douglas et Tuba Gooding Jr. demeuraient seuls sur scène que j’ai trouvé leur son le plus intéressant et enivrant. Lors du retour des autres artistes, la musique est demeurée tout aussi bonne, de sorte à faire une progression sur mon appréciation des Roots tout au long de la soirée.

À ma sortie, j’ai regretté d’avoir jugé les Roots trop vite, mais je suis quand même resté beaucoup plus impressionné par les torontois de Down With Webster. Mes oreilles ont quant à elles résonné pour la majorité de la journée de samedi, ce qui exprime à quel point le spectacle était assourdissant. Le bon côté d’être sourd pour la journée? J’ai pas eu à écouter le Metallica que mes potes ont blasté sur la route de Toronto!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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