Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Portefeuilles pour un monde

En tant que futurs ingénieurs, vous aurez très probablement la chance de mettre de côté de l’argent, par exemple pour embellir votre retraite lointaine. Il est possible d’investir son argent dans des portefeuilles gérés par son institution financière, ce qui est probablement bien puisque nous ne sommes pas tous des gestionnaires financiers chevronnés. Cependant, comme ce n’est pas vous qui choisissez où s’en va votre argent, quelle garantie avez-vous que votre argent ne servira pas à financer un fournisseur d’armement ou bien l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta ?

Heureusement, il y existe un moyen de s’assurer d’un minimum d’éthique dans le placement des fonds d’investissement : l’investissement socialement responsable (ISR). Les fonds issus de ce principe respectent certains critères par rapport à la viabilité de l’environnement, à la responsabilité sociale et à la gouvernance d’entreprise (ESG) dans le choix des sociétés qui bénéficieront de l’investissement. En d’autres mots, ce genre de fonds est à la finance ce que la culture bio est à l’agriculture. Selon le site de la Banque Royale du Canada, les actifs d’ISR totalisaient plus de 503 milliards de dollars au Canada en 2006 et augmentent d’année en année. Certains pays comme l’Australie, le Royaume-Uni, la Belgique, la France, l’Allemagne et l’Italie ont même des lois qui obligent les fournisseurs de produits de placement à expliquer comment ils tiennent compte des critères sociaux, environnementaux et éthiques.

Afin de répondre à ces critères socialement responsables, le processus de placement de ces fonds inclut une évaluation sociale, environnementale et/ou éthique en plus de l’évaluation financière (rendement, risque, etc.). En général, des firmes ou groupes externes au gestionnaire financier évaluent la performance ESG des entreprises et dressent une liste de sociétés admissibles au fonds d’ISR. Ensuite, le gestionnaire choisit celles dans lesquelles il désire investir après une analyse financière.

Malheureusement, il ne semble pas exister de normes internationales qui régissent la méthode de sélection des entreprises dites socialement responsables. De plus, le terme « fond éthique » ou « socialement responsable » n’est pas une appellation contrôlée et donc chaque institution financière définit à sa façon ce genre de placement. Des directives internationales, comme les Principes d’Équateur, commencent cependant à faire leur apparition. Il est possible de trouver sur le site des institutions bancaires une description, quoique superficielle, de leurs critères. Par exemple, Desjardins offre le Fonds Desjardins Environnement ainsi que le Fonds Desjardins Éthique Équilibré canadien. Trois secteurs d’activité en sont automatiquement exclus : les entreprises du tabac, l’armement et le nucléaire.

Évidemment, la question d’un bon investisseur sera : est-ce que ça rapporte ? Le Fonds Desjardins Environnement a rapporté 17,8 % en 2007 et a même reçu un prix pour son rendement sur trois ans (Lipper Award si ça vous dit quelque chonse…). En contrepartie, le Fonds Desjardins Éthique Équilibré canadien a essuyé des pertes de 4,2 %
en 2007, mais a gagné 4,6 % entre 2005 et 2007. Il semble qu’il y ait suffisamment de portefeuilles socialement responsables sur le marché pour trouver quelque chose qui correspond à votre niveau de risque et de rendement.

Bien que ces fonds ne soient pas parfaits, il s’agit selon moi d’une nette amélioration par rapport à l’investissement aveugle et déresponsabilisé. Le fait que des compagnies n’aient pas accès à des fonds d’investissement à cause de leurs mauvaises pratiques sociales ou environnementales les encourage à s’améliorer. Informez-vous sur les possibilités de portefeuilles socialement responsables ainsi que sur leurs processus de placement afin de faire un choix éclairé. La démarche habituelle du consommateur averti finalement!

Mots-clés : polysphère (21)

Articles similaires

Une solution à la rescousse de la problématique des déchets

11 février 2008

Récemment, on voyait aux nouvelles que le dépotoir de Lachenaie, le plus gros au Québec, qui dessert le tiers de la ville de Montréal, a besoin d’être agrandi à court terme afin de répondre à la demande grandissante d’enfouissement de déchets. On dénote depuis les dernières années que la quantité de déchets a augmenté, entre autres, à cause de la croissance économique et du recyclage insuffisant de la part des consommateurs. Une autre solution...

J’ai mal à ma planète!

31 octobre 2008

Par Hugues Imbeault-Tétreault J’ai le bonheur cette semaine de vous présenter un livre qui me tient à coeur : Mal de Terre d’Hubert Reeves. Astrophysicien reconnu né à Montréal, l’auteur passe une importante partie de son temps à la vulgarisation scientifique et à la défense de l’environnement. Mal de Terre est un des derniers d’une série d’une vingtaine de livres de ce genre. Il dresse un bilan très inquiétant de la situation actuelle de...

Ampoules fluocompactes contre incandescentes

26 septembre 2008

Vous vous êtes sûrement déjà posé la question de si vous aviez vraiment la fibre écolo : les subventions d’Hydro-Québec pour remplacer les ampoules incandescentes par des fluocompactes sont-elles environnementalement justifiées? Les ampoules fluocompactes consomment moins d’énergie et durent plus longtemps que les incandescentes, constituant ainsi une solution intéressante. Cependant, elles contiennent du mercure gazeux et leur production demande beaucoup plus de ressources si on considère tout le cycle de vie de l’ampoule. Dans...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

L’Art de la productivité sans stress

28 septembre 2012

Centralisation de votre emploi du temps, de vos courriels, synchronisation avec smartphone, tout ce dont vous avez toujours rêvé et plus encore !   Pour gérer efficacement ses activités, qu’elles soient d’ordre professionnelles ou privées, la méthode GTD (Get Things Done) a le vent en poupe depuis quelques années. « Pour éviter la procrastination, comment on fait ?! » Première étape, le recensement : noter tout ce qui passe par la tête et qui pourrait requérir notre...

Entrevue avec Jean Pierre Sauriol, Président de DESSAU

23 janvier 2009

Cet été, le Polyscope a rencontré une série d’intervenants de la communauté des ingénieurs afin de tâter le pouls de la profession. Cette semaine, voici Jean Pierre Sauriol, président de la firme DESSAU. Au menu: les ingénieurs dans l’entreprise, la mondialisation et le viaduc de la Concorde. Sa bio Quelle est votre formation? J’ai une formation en génie civil à l’École Polytechnique de Montréal en 1978. Par la suite, j’ai fait des cours en management...

A-t-on un plan pour nos cours?

9 octobre 2015

Après une première chronique intitulée « Après un an à Poly, je ne demande pas la perfection » expliquant la grande permissivité de l’authentification du mot de passe sur l’interface Horde du courriel de Poly, la chronique d’aujourd’hui fait le point sur la présentation du plan de cours à Poly. Les étudiants qui ont eu un parcours académique au cégep constateront qu’à Poly, le plan de cours n’est pas nécessairement rédigé avec une rigueur exemplaire....