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Portefeuilles pour un monde

En tant que futurs ingénieurs, vous aurez très probablement la chance de mettre de côté de l’argent, par exemple pour embellir votre retraite lointaine. Il est possible d’investir son argent dans des portefeuilles gérés par son institution financière, ce qui est probablement bien puisque nous ne sommes pas tous des gestionnaires financiers chevronnés. Cependant, comme ce n’est pas vous qui choisissez où s’en va votre argent, quelle garantie avez-vous que votre argent ne servira pas à financer un fournisseur d’armement ou bien l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta ?

Heureusement, il y existe un moyen de s’assurer d’un minimum d’éthique dans le placement des fonds d’investissement : l’investissement socialement responsable (ISR). Les fonds issus de ce principe respectent certains critères par rapport à la viabilité de l’environnement, à la responsabilité sociale et à la gouvernance d’entreprise (ESG) dans le choix des sociétés qui bénéficieront de l’investissement. En d’autres mots, ce genre de fonds est à la finance ce que la culture bio est à l’agriculture. Selon le site de la Banque Royale du Canada, les actifs d’ISR totalisaient plus de 503 milliards de dollars au Canada en 2006 et augmentent d’année en année. Certains pays comme l’Australie, le Royaume-Uni, la Belgique, la France, l’Allemagne et l’Italie ont même des lois qui obligent les fournisseurs de produits de placement à expliquer comment ils tiennent compte des critères sociaux, environnementaux et éthiques.

Afin de répondre à ces critères socialement responsables, le processus de placement de ces fonds inclut une évaluation sociale, environnementale et/ou éthique en plus de l’évaluation financière (rendement, risque, etc.). En général, des firmes ou groupes externes au gestionnaire financier évaluent la performance ESG des entreprises et dressent une liste de sociétés admissibles au fonds d’ISR. Ensuite, le gestionnaire choisit celles dans lesquelles il désire investir après une analyse financière.

Malheureusement, il ne semble pas exister de normes internationales qui régissent la méthode de sélection des entreprises dites socialement responsables. De plus, le terme « fond éthique » ou « socialement responsable » n’est pas une appellation contrôlée et donc chaque institution financière définit à sa façon ce genre de placement. Des directives internationales, comme les Principes d’Équateur, commencent cependant à faire leur apparition. Il est possible de trouver sur le site des institutions bancaires une description, quoique superficielle, de leurs critères. Par exemple, Desjardins offre le Fonds Desjardins Environnement ainsi que le Fonds Desjardins Éthique Équilibré canadien. Trois secteurs d’activité en sont automatiquement exclus : les entreprises du tabac, l’armement et le nucléaire.

Évidemment, la question d’un bon investisseur sera : est-ce que ça rapporte ? Le Fonds Desjardins Environnement a rapporté 17,8 % en 2007 et a même reçu un prix pour son rendement sur trois ans (Lipper Award si ça vous dit quelque chonse…). En contrepartie, le Fonds Desjardins Éthique Équilibré canadien a essuyé des pertes de 4,2 %
en 2007, mais a gagné 4,6 % entre 2005 et 2007. Il semble qu’il y ait suffisamment de portefeuilles socialement responsables sur le marché pour trouver quelque chose qui correspond à votre niveau de risque et de rendement.

Bien que ces fonds ne soient pas parfaits, il s’agit selon moi d’une nette amélioration par rapport à l’investissement aveugle et déresponsabilisé. Le fait que des compagnies n’aient pas accès à des fonds d’investissement à cause de leurs mauvaises pratiques sociales ou environnementales les encourage à s’améliorer. Informez-vous sur les possibilités de portefeuilles socialement responsables ainsi que sur leurs processus de placement afin de faire un choix éclairé. La démarche habituelle du consommateur averti finalement!

Mots-clés : polysphère (21)

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