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Abolissons la St-Valentin !

Il y a un an, j’étais un fervent partisan de la fête du 14 février. Vous m’avez certainement vu marcher dans toute l’école afin de livrer des roses. Aujourd’hui, je me révolte et j’aimerais abolir le jour de la Saint-Valentin. Bin oui, comme dit mon regretté ami Christian : « il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis ».
Pourquoi ? La réponse est simple : j’ai tout simplement fait la mauvaise expérience d’une Saint-Valentin ratée. Ce que je n’aime pas avec cette fête c’est que pendant toute l’année vous avez été gentil, attentionné, aimant : la crème du chum ; mais le jour de la Saint-Valentin si vous faites une erreur aussi petite qu’elle soit, vous pouvez perdre tous les miles que vous avez accumulés jusqu’à date. Je me souviens encore très bien de ce qui s’est passé l’année dernière, quelques jours avant la Saint-Valentin. Ma blonde de l’époque me dit un soir qu’elle a fait un rêve magnifique où je lui ferai un dîner aux chandelles, un massage thaïlandais et que nous finirions la soirée devant un film romantique. Et nous dans tout ça ? Oui nous les hommes, si je me souviens bien le 14 février c’est la fête des amoureux, du moins, des gens qui pensent l’être. Pourquoi n’aurait-on pas aussi notre déjeuner servi au lit, notre chemise repassée et de plus pour reprendre la belle idée de notre regretté Philippe : « notre pipe de Saint-Valentin ». Plus sérieusement bien que je n’y pense pas moins, il existe deux extrêmes à ce jour. Tout se passe bien et vous êtes l’homme de sa vie sans aucun doute, ou ça se passe mal et vous ne méritez plus son amour. Malheureusement pour moi, c’est la dernière option que j’ai choisie malgré moi. Pour revenir à cette histoire de cadeaux, je ne me suis pas vraiment posé de questions sur ce que je pourrais lui offrir. Pour trouver son cadeau, j’ai marché même beaucoup marché, j’ai raté des cours, des TD, des labs ce qui je crois même m’a fait couler un cours. Quand finalement je l’ai trouvé, amoureusement emballé et offert, la réaction qu’elle a eu était vraiment inattendue… La sachant coutumière des rêveries amoureuses et oniriques et me souvenant de ses dernières réflexions sur le sujet (voir quelques lignes plus haut) je lui ai offert Le guide sur l’interprétation des rêves de Freud. N’ayant pas idée des efforts que j’ai fait, des sacrifices afin de lui trouver ce livre très intéressant, elle est devenue carrément historique; non je ne me suis pas trompé de mot, je n’ai pas voulu dire hystérique. Historique dans le sens qu’elle s’est souvenue de tout ce que j’ai fait de travers, du jour et de l’heure. De la fois où sur le coup de l’« émotion » je l’ai appelé Cécile au lieu de Céline (c’est quand même proche) ; la fois aussi où j’ai malencontreusement laissé échappé un bruit odorant de sous la douillette. Mais bien qu’impressionné par son étonnante faculté de mémorisation et son ton moralisateur, je ne comprennais toujours pas pourquoi elle m’en voulait autant. Si elle savait tout le mal que je m’étais donné, elle reconsidérerait ce modeste présent. Si en plus du jour de sa fête, de celui de la fête des femmes, de Noël et celui commémoratif de notre rencontre je devais lui offrir des cadeaux dispendieux, aujourd’hui je n’aurais pas eu assez d’argent pour acheter le pack de bières afin de noyer le chagrin causé par notre séparation. Je ne sais toujours pas et probablement ne saurai jamais, pourquoi elle a eu cette réaction aussi disproportionnée.

J’ai un cousin qui avait quand même une théorie sur le bouleversement psychologique que subissent les femmes à l’approche de la Saint-Valentin. Son raisonnement était simple : il existe une hormone
« Saint-Valentin » qui s’active dès la fin du mois de janvier. Pour comprendre le phénomène, il suffisait de boire une dizaine de bières. N’ayant rien à perdre et quand même désireux de savoir quelles motivations l’ont poussé à me jeter un livre à la tête, j’ai décidé de participer à l’expérience. Nous avons commencé à boire ; au bout de la dixième bière, nous parlions beaucoup pour ne rien dire, il nous était impossible de tenir un raisonnement simple et nous refusions obstinément de reconnaitre que nous avions tort, même lorsque cela était évident et, pour finir la vision, que nous avions de la réalité était complètement floue. Il est inutile de pousser les tests plus loin… Cette expérience enrichissante a aussi été très éprouvante, et je ne vous conseille pas de la refaire chez vous. En fait, la Saint-Valentin aurait pu être un jour comme un autre, il a fallu que les femmes en fassent une affaire d’État, une question de vie ou de mort de leur relation de couple. En conclusion, vive le célibat, du moins pendant cette période critique où l’on met notre vie en jeu. N’enviez pas les couples qui s’embrassent à tours de langues, car cela cache peut-être un profond malaise dans la relation. Le 14 février n’est qu’un masque social éphémère qui cache la difficulté grandissante pour un couple d’entretenir une relation saine. Je m’excuse auprès ce ceux et celles qui croient encore à la princesse vierge et au chevalier « bien monté » sur son cheval, mais ce n’est que la triste vérité. Pour vraiment finir, je vous lasse sur une note positive; je crois en l’amour d’ailleurs je suis même amoureux… ironique non ?

Mots-clés : Saint Valentin (15)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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