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Colloque des campus durables 2009

Durant la fin de semaine dernière se tenait à l’École de technologie supérieure (ÉTS) le Colloque québécois des campus durables. Cette rencontre annuelle est chapeautée par un organisme nommé Coalition Jeunesse Sierra (CJS), la portion jeunesse du Sierra Club Canada, un organisme de défense de l’environnement affilié au Sierra Club des États-Unis, fondé en 1892. Le plus gros projet de la CJS est celui des campus durables. Le colloque avait donc pour but de permettre aux intervenants des différentes universités du Québec d’échanger sur le sujet. Comme par les années passées, PolySphère a cru bon d’envoyer quelques-uns de ses membres sur le terrain.

Il est très instructif d’échanger avec les gens d’autres campus. Par exemple, on s’aperçoit que plusieurs d’entre eux possèdent déjà un coordonnateur et/ou un fonds étudiant en développement durable (DD), choses que Poly ne possède pas. L’impression générale est que Poly est en retard sur plusieurs aspects. Prenons l’exemple de Sherbrooke, un modèle en matière de campus durable. Le VP à la condition étudiante de la Fédération des étudiants de l’Université de Sherbrooke (FEUS) était présent au colloque. La FEUS compte créer très bientôt un poste de VP-DD qui coordonnerait le travail de tous les VP-DD des associations étudiantes chapeautées par la FEUS. C’est un exemple qui pourrait être inspirant pour l’AEP. En effet, la présence d’un VP-DD à l’AEP nous semble très utile, d’abord pour intégrer le DD dans les pratiques de gestion de l’AEP, et ensuite pour pousser les projets de DD dans l’École. Par exemple, en aidant à verdir la cafétéria (dont le contrat est géré par l’AEP), ce que de nombreux intervenants ont tenté par le passé sans succès, car ils se sont frappés à un mur.

On peut argumenter que l’UdeS est beaucoup plus grande que Poly et donc possède plus de moyens. Cependant, on peut observer que l’UQAC (~6500 étudiants) et l’ÉTS (~5000 étudiants) possèdent chacune un coordonnateur et un fond étudiant en DD.

Et à quoi donc servirait un coordonnateur en DD institutionnel? J’ai déjà abordé un peu la question dans ces pages. En gros, il s’agirait de quelqu’un travaillant à temps plein qui appliquerait les principes de gestion environnementale afin d’apporter des changements. Le problème en DD c’est qu’on ne peut pas être vert du jour au lendemain. Il faut d’abord évaluer la situation actuelle, ensuite proposer des changements, agir, puis boucler la boucle en évaluant la nouvelle situation (principes de la norme ISO14000). Cela prend beaucoup de temps, d’où la nécessité d’avoir des ressources humaines à temps plein là-dessus. Ça empêche également, par exemple, que le roulement continuel d’étudiants à des postes importants et leurs opinions plus ou moins favorables au DD causent du surplace en la matière ou fassent même reculer les choses.

Le Colloque des campus durables de cette année nous a appris plusieurs choses. Ce qu’il faut retenir est que chaque institution qui a du succès en DD fait preuve d’unité auprès de ses étudiants, ses employés et son administration. C’est peut-être ce qu’il nous manque à l’École. Le Comité de gestion environnementale de Poly, COGEP, est certainement un pas dans la bonne voie. Je vous rappelle qu’il s’agit d’un comité multipartite dans lequel on retrouve des étudiants, des profs et des membres du personnel, et où l’on discute des choses que l’on peut améliorer dans l’établissement. Mais ça ne doit pas s’arrêter là. Il faut que toute la communauté s’implique dans les projets mis sur pied. Tous doivent mettre la main à la pâte. Il est connu que même si de bonnes mesures environnementales sont mises en place, mais que les intervenants ne sont pas impliqués ni motivés, ça ne change rien. Concrètement, ça pourrait tout simplement être de faire l’effort de ne pas jeter n’importe quoi dans les poubelles de recyclage. Ça pourrait aussi être de ne pas prendre sa voiture pour venir à l’école, les émissions reliées au transport comptant pour la plus grande source de CO2 de l’École avec la chaufferie. Il ne faut donc pas attendre que l’administration fasse quelque chose pour l’environnement pour que les membres de la communauté le fassent. Une partie de la démarche est personnelle.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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