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ISF au Burkina Faso

Par Victoria Lakiza, Stagiaire ISF Outre-mer

J’ai passé 4 mois au Burkina Faso et dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion de participer à de nombreuses réunions, plus particulièrement des réunions de groupements paysans. Contrairement à ce qu’on pourrait être porté à croire au sujet d’un pays comme le Burkina où près de 50 % de la population est de religion musulmane, la participation des femmes lors de ces réunions, autant physiquement que verbalement, est très encouragée. Autant les formateurs et les animateurs que les leaders des diverses organisations impliquées, tout le monde prend la peine de respecter les quotas du minimum du nombre de femmes qui devraient être présentes à chaque événement et de les encourager à participer durant les différents ateliers et réunions. De la sensibilisation, autant auprès des femmes que des hommes, est faite au sujet de l’importance de la participation féminine et de leurs droits. Et pourtant, on entend très rarement une voix féminine durant ces événements. Pourquoi ? Qu’est-ce qui les empêche de parler, de participer, d’émettre leur opinion pour que les décisions prises tiennent compte de leurs réalités, pour que leurs réalités puissent changer ? Pourtant lorsqu’elles osent parler, on les écoute et on valorise leurs interventions.

Est-ce que toutes ces belles paroles c’est suffisant pour qu’une femme commence à s’exprimer ? Sinon, qu’est-ce que ça prend ? Ce sont des questions que je me pose et que j’ai tenté d’élucider à l’aide de conversations que j’ai eu avec des femmes et des hommes burkinabés. Je n’ai probablement pas la réponse mais j’ai au moins quelques hypothèses intéressantes.

Comme l’a si bien dit une femme leader de l’organisation pour laquelle je travaillais : « Une bonne femme ne va jamais contredire son mari, une fille bien élevée ne va jamais contredire la parole de son père. » Ici, depuis leur plus jeune âge, les filles ont été éduquées à obéir et servir le père et l’homme en général. Ne pas le faire serait d’être mal élevé et est mal vu. Depuis qu’elles sont toutes petites on leur apprend comment être une bonne femme. Et c’est la même chose du côté des hommes : la relation qu’ils voient entre leurs parents est la relation « normale » qu’ils s’attendent à avoir avec leur(s) femme(s). La normalité pour eux c’est que « la femme appartient à son mari ». Ça vous choque ces paroles ? Ce sont les mots exacts qu’une autre femme leader burkinabée m’a dit… et tout ça leur paraît tout à fait naturel.

Bon, tout ça est évidemment une grossière généralisation et les choses sont en train de changer également. On voit de plus en plus de femmes prendre plus de pouvoir et donner leur opinion, et la tendance est plus accrue dans les grandes villes que dans les petites où, d’ailleurs, les réalités sont très différentes.

Comment se passe ce changement ? Comment vivent les femmes burkinabées ? Comment cette culture et le rôle des genres influencent le développement de ce peuple ? Venez en discuter avec nous le 29 janvier !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.