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Des nouvelles du Nord : Les Hébrides

Pour changer de la politique municipale abordée dans beaucoup (trop) d’articles de ce numéro, cette semaine dans ma chronique, on prend le ferry. À partir de la côte ouest de l’Écosse, ça ne prend qu’un petit voyage de près de deux heures pour arriver aux Hébrides extérieures (oui, il y a aussi les Hébrides intérieures, mais elles seront l’objet d’un autre article, éventuellement).

Donc, les Hébrides, c’est une série d’îles de toutes les tailles située dans l’océan Atlantique dont les six plus grandes forment une chaîne de plus de 240 km de longueur. Sur ces six îles, les plus intéressantes (à mon humble avis) sont les îles Harris et Lewis . Ce sont donc elles qui retiennent particulièrement mon attention en cette superbe semaine d’intras.

Harris et Lewis

Deux îles, mais qui en fait n’en forment qu’une seule (voir sur la carte ci-dessous). Harris, la plus petite des deux, présente deux types de panoramas : tandis qu’elle enfile les superbes plages tout le long de sa côte ouest, sa partie nord-est est plutôt constituée de montagnes, et (avis aux étudiants en géologie) on peut retrouver certaines des plus vieilles roches de la Terre sur sa côte est (certaines dateraient de près de trois milliards d’années). Elle est connue pour son calme et sa tranquillité, mais aussi pour ses habitants accueillants.

Lewis, quant à elle, est la plus grande de toutes les Hébrides extérieures et elle possède la plus grande population (le tiers de la population totale des îles réside dans sa capitale, Stornoway). Fait inutile (mais que je tiens tout de même à mentionner) : le pourcentage de MacLeod dans leur bottin téléphonique rivaliserait sûrement avec celui des Tremblay au Saguenay.

Mais ce qui est intéressant sur Lewis, ce sont ses contrastes. D’un côté, on retrouve Stornoway, capitale moderne à l’économie variée, et de l’autre, une multitude de sites historiques qui datent de l’époque des Vikings, ou même d’avant. Lewis possède même son propre cercle de pierres levées.

Callanish

« Calanais » en gaélique, Callanish est un cercle de pierre levées qui se trouve sur la côte ouest de Lewis. Vu du ciel, il a la forme d’une croix celtique un peu déformée.

Le début de la construction de ce cercle de pierres levées remonte à l’an -3000. Il aurait été achevé vers -2000. Il comprend un total de 53 pierres, dont 13 forment un cercle autour du monolithe principal qui fait presque 5 mètres de hauteur aujourd’hui (il faut compter l’érosion depuis sa construction).

Comme avec la plupart des autres sites du genre, on rapporte plusieurs légendes à propos de la façon dont les pierres sont arrivées là. Ma préférée raconte qu’un conseil de géants païens se serait fait transformer en pierre par un prêtre chrétien. Plusieurs scientifiques se sont creusés la tête pour tenter de percer tous les secrets de la construction et de l’utilisation de ce cercle, mais ne sont pas arrivés à quoique ce soit de vraiment concluant (ou de vraiment plus intéressant que les légendes de la région).

Pour moi, Callanish c’est tellement mieux que Stonehenge. D’abord, c’est en Écosse (+1 pour Callanish déjà). Ensuite, il y a beaucoup moins de touristes qu’à Stonehenge, ce qui permet de s’imprégner beaucoup plus de l’atmosphère mystique des lieux et des légendes (et, accessoirement, de pouvoir prendre des photos sans que des touristes japonais ne se mettent dans le cadre).

Carloway Broch

Ce qu’on voit de ce bâtiment depuis la route, ce n’est qu’un cercle de pierre, sans toit, de 14 mètres de diamètre et dont la partie la plus élevée atteint presque 7 mètres. À l’origine, les murs devaient s’élever jusqu’à environ 13 mètres, en plus du toit conique. Ce type d’habitation, appelé un broch, servait, pendant l’âge de fer, de résidence multi-générationnelle, avec même de la place pour les bêtes au rez-de-chaussée ; l’équivalent aujourd’hui d’une maison dessinée par un grand architecte avec un garage, un portail en fer forgé et une écurie pour les chevaux. Parce que le broch servait aussi à montrer son statut et son pouvoir.

Les murs de pierre faisaient 3  mètres d’épaisseur et les interstices étaient bouchés avec de la terre ou de la tourbe.




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